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Décret du 17 mars 1967 modifié par le décret du 27 mai 2004

Décret n°67-223 du 17 mars 1967 pour application de la loi n°65-557

Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis rectifiée par la loi S.R.U. du 13 décembre 2000

Adresses utiles

«Allô Service Public» (39 39) du lundi au vendredi, 8h30 à 18h30 et le samedi de 8h30 à 12h30 (0,12 euros/min). Pour des questions complexes votre appel est transféré aux agents du Centre interministériel de renseignements administratifs (CIRA).

Direction générale de l'urbanisme et de l'environnement
www.urbanisme.equipement
.gouv.fr

tel : 01
40 81 21 22

Service technique du permis de construire et Bureau de l'Information sur la Construction (BIC)
17 boulevard Morland,
75181 Paris Cedex 14
tel : 01 42 76 31 94

Direction du logement et de l'habitat - service technique de l'habitat
17 boulevard Morland,
75004 Paris
tel :
01 42 76 72 03

 

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Les travaux réalisés par un copropriétaire : travaux autorisés ou interdits ? (1ère partie)

 

 

Sommaire

1. Les travaux soumis à autorisation
2. Les travaux ne nécessitant pas d'autorisation

3. Les travaux interdits par le règlement de copropriété

4. Les travaux entraînant une appropriation des parties communes

5. La construction sur parties communes
6. Quelle autorisation pour quels travaux ?
     
 

Chaque copropriétaire est libre d'effectuer divers aménagements à l'intérieur des parties privatives de son lot. Mais dans la majorité des cas, la demande individuelle de travaux émanant du propriétaire d'un lot est soumise à une autorisation de l'assemblée générale dès lors que les travaux affectent les parties communes, l'aspect extérieur de l'immeuble, ne respectent pas le règlement de copropriété et la destination de l'immeuble ou nuisent aux copropriétaires voisins.

 
     
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 Les travaux soumis à autorisation

 
 

L'autorisation de réaliser les travaux d'amélioration doit être donnée par l'assemblée générale des copropriétaires à la majorité absolue de l'article 25. Mais tous les travaux privatifs ne relèvent pas nécessairement de la compétence de l'assemblée. Il faut que les parties communes ou l'aspect extérieur de l'immeuble soient concernés. Certains travaux peuvent aussi être interdits.

  • Les travaux affectant les parties communes
    L'autorisation
    donnée à un copropriétaire de faire des travaux privatifs affectant les parties communes est prévue par l'article 25 b) de la loi du 10 juillet 1965 :
    " Ne sont adoptées qu'à la majorité des voix de tous les copropriétaires les décisions concernant :
    b) L'autorisation donnée à certains copropriétaires d'effectuer à leurs frais des travaux affectant les parties communes ou l'aspect extérieur de l'immeuble, et conformes à la destination de celui-ci".

    Article 25-1
    (Loi n° 2000-1208 du 13 décembre 2000 J.O. Numéro 289 du 14 Décembre 2000, art. 81-5)
    Lorsque l'assemblée générale des copropriétaires n'a pas décidé à la majorité prévue à l'article précédent mais que le projet a recueilli au moins le tiers des voix de tous les copropriétaires composant le syndicat, la même assemblée peut décider à la majorité prévue à l'article 24 en procédant immédiatement à un second vote.
    Lorsque le projet n'a pas recueilli au moins le tiers des voix de tous les copropriétaires, une nouvelle assemblée générale, si elle est convoquée dans le délai maximal de trois mois, peut statuer à la majorité de l'article 24.

    Les parties communes d'une copropriété sont énumérées dans le règlement de copropriété (les murs porteurs, les plafonds, les canalisations sont des parties communes).

    Exemples de travaux :
    - évacuation des eaux usées avec branchement sur les canalisations communes
    (Cass. 3e Civ. 10 mars 1981)
    - passage de conduits ou canalisations sur ou à travers des parties communes
    (Cass. 3e Civ. 27 novembre 1990)
    - percement ou agrandissement de fenêtres ou d'ouvertures dans les murs, peu importe qu'il s'agisse de murs situés à l'intérieur des parties privatives, dès lors qu'ils ont un caractère commun
    (Cass. 3e Civ. 14 décembre 1976)
    - aménagement de combles ou de greniers et affectant la toiture partie commune (TGI Paris 30 novembre 1973), pose d'un vélux dans le toît pour éclairer les combles (CA Paris 23e Ch. B 14 décembre 1990)
    - percement d'un mur commun pour créer pour faire communiquer deux appartements (Cass. 3e Civ. 20 février 1969)
    - ouverture d'une trémie dans le plancher afin de créer un duplex entre deux appartements
    (Cass. 3e Civ. 31 janvier 1996)

    Tous les travaux affectant des parties communes doivent être autorisés même ceux destinés à remettre les lieux dans leur état antérieur.

  • Les travaux affectant l'aspect extérieur de l'immeuble
    La cour de cassation a précisé la nature de ces travaux : "on ne peut dire que des travaux affectent l'aspect extérieur de l'immeuble s'ils ne sont visibles d'aucun endroit"
    (Cour de cassation, 3e Civ. du 11/05/1999).

    Exemples de travaux :
    - pose d'enseigne commerciale ou de panneaux publicitaires
    (Cass. 3e Civ. 24 octobre 1990)
    - pose de climatiseurs en façade
    (CA Paris 23e Ch. B 7 juin 2001)
    - pose de plaques professionnelles
    (TGI Paris 2 mai 1968)
    - pose de grilles de ventilation
    (CA Paris  23e Ch. 24 octobre 2002)

  • Les travaux affectant la destination de l'immeuble
    La destination de l'immeuble regroupe toutes les caractéristiques de cet immeuble : l'implantation, l'aspect extérieur et intérieur, le standing, les services collectifs, les éléments d'équipement, l'usage des locaux ...ces travaux doivent être votés à l'unanimité.

    Exemple de travaux :
    - refus de l'installation d'un ascenseur dans un immeuble de standing
    (CA Paris, 19e Ch. 25 avril 1997)

 
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 Les travaux ne nécessitant pas d'autorisation

 
 

C'est le cas pour des travaux qui n'entraînent qu'une emprise minime, sans dommage réel pour les parties communes et pour l'immeuble non plus et qui ne présentent pas d'atteinte aux droits des autres copropriétaires.

Exemples :
- l'installation par un copropriétaire dans le sol d'un emplacement de parking dont il avait la jouissance exclusive, d'un dispositif destiné à en interdire l'accès n'affecte pas les parties communes "dès lors que ce dispositif a un aspect discret par ses formes et dimensions et qu'il est fixé dans le sol par un ancrage léger et superficiel"
(Cass. 3e Civ. du 19 novembre 1997).
- En ce qui concerne les travaux affectant l'aspect extérieur de l'immeuble, il a été jugé que "les travaux de parachèvement de locaux commerciaux livrés "bruts" concernant la devanture ne demandent pas d'autorisations particulières".
(Cass. 3e Civ. du 26 avril 1979).

 
Aller vers le haut de la page  Les travaux interdits par le règlement de copropriété  
 

Il est conseillé au copropriétaire avant d'entreprendre des travaux importants, de vérifier les clauses du règlement de copropriété. Le règlement peut en effet interdire ou réglementer certains travaux. Ces interdictions sont licites à condition qu'elles soient justifiées par la destination de l'immeuble. Certaines clauses pourront s'assurer que les travaux ne mettront pas en péril la solidité de l'immeuble et seront effectuées dans les règles de l'art. Le règlement peut aussi règlementer les travaux dans le but de préserver l'aspect extérieur et l'harmonie de l'immeuble.

En cas d'interdiction dans le règlement, le copropriétaire peut en demander l'autorisation à l'assemblée des copropriétaires puis, le cas échéant, au tribunal de grande instance.

Exemples :
- le règlement de copropriété peut interdire l'installation de fenêtres qui ne seraient pas identiques aux autres
(CA Aix 21 mai 1986).
- dans un immeuble de prestige, le règlement peut interdire la division d'un lot.
- le règlement peut interdire la fermeture d'un balcon ou d'une loggia en raison d'une clause d'harmonie générale de l'immeuble,
clause interdisant d'édifier sur les terrasses ou loggias des superstructures, même en matériaux légers (Cass. 3e Civ. 7 octobre 1992).

 
Aller vers le haut de la page  Les travaux entraînant une appropriation des parties communes  
 

Ces travaux doivent être autorisés à la double majorité c'est-à-dire à la majorité de tous les membres du syndicat représentant au moins les 2/3 des voix (article 26 de la loi du 10 juillet 1965). De tels travaux ne peuvent avoir lieu que si la copropriété consent à céder une partie commune de l'immeuble ou son usage à condition que l'opération projetée ne porte pas atteinte à la destination de l'immeuble ni aux droits des copropriétaires.

Exemples :
- annexion de couloirs communs
(Cass. 3e Civ., 19 décembre 1978)
- annexion du sol d'une cour commune
(Cass. 3e Civ. 7 décembre 1982)
- transformation  de grenier en appartement nécessitant des travaux assimilés à une surélévation
(Cass. 3e Civ. 16 novembre 1982)
- travaux sur une terrasse partie commune attribuée en jouissance exclusive
(Cass. 3e Civ. 18 mai 1982)

La question est de savoir s'il y a ou non appropriation ?

La jurisprudence  abandonne le critère "quantitatif" qui s'attache au caractère plus ou moins important de l'emprise sur les parties communes. Il parait préférable de considérer plutôt  le but poursuivi ou le résultat obtenu par les travaux.
Pour des travaux affectant les parties communes et permettant d'améliorer les conditions de jouissance des parties privatives, on retiendra la majorité de l'article 25 b) dès lors que par leur importance, les travaux n'impliquent pas une aliénation des parties communes.
Le simple surplomb des parties communes ne peut à priori être considéré comme entraînant aliénation
(Cass. 3e Civ. 3 juillet 1979).
En revanche, les travaux sur parties communes dont l'objet ou la conséquence est d'entraîner ou de permettre un agrandissement des parties privatives ou la création de nouvelles parties privatives relèveraient de la majorité de l'article 26.

 
Aller vers le haut de la page  La construction sur parties communes  
 

Dans certains cas on peut hésiter sur le point de savoir si l'autorisation relève de l'article 25 b) (travaux affectant l'aspect extérieur de l'immeuble) ou de l'article 26 (travaux nécessitant la cession du droit de construire appartenant au syndicat des copropriétaires).

Exemples :
- un copropriétaire souhaite édifier sur une partie privative ou sur une partie commune grevée d'un droit de jouissance privative une construction légère. La jurisprudence a estimé que l'autorisation relevait de l'article 25 b) dès lors que la construction n'était pas "en dur" mais "constituée de matériaux légers et aisément démontables"
(Cass. 3e Civ. 19 novembre 1997). Mais un arrêt plus récent est revenu sur cette jurisprudence en décidant que la ratification par l'assemblée de la construction irrégulière d'une véranda sur une terrasse en jouissance privative exige la majorité de l'article 26 (Cass. 3e Civ. 20 mars 2002).

La jurisprudence semble donc évoluer en ne s'attachant plus sur le caractère léger ou non de la construction, mais en considérant qu'en construisant pour son compte, le copropriétaire utilise en fait les droits de construire qui sont l'accessoire du terrain d'assiette de la copropriété partie commune. En conséquence pour que l'opération soit acceptable sur un plan juridique, il est impératif que le syndicat cède ledit droit à la majorité de l'article 26 de la loi.

 
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 Quelle autorisation pour quels travaux ?

 
   

Autorisation de l'A.G. à la majorité des 2/3 des voix
(art.26 de la loi de 1965)

Type de travaux

 description

appentis

construction prenant appui sur la façade de l'immeuble

couloir

annexion

constructions en dur

sur une terrasse ou un jardin

palier

annexion pour réunir des chambres de service avec les WC communs

piscine

implantation dans une partie commune

terrasse

annexion par le moyen d'une véranda couverte communiquant avec l'appartement

 

Autorisation de l'A.G. à la majorité des voix des copropriétaires
(art.25 b de la loi de 1965)

Type de travaux

 description

antenne

individuelle

balcon

fermeture

branchements

sur des canalisations communes

conduit de cheminée

ou conduit de ventilation

enseigne

ou plaque professionnelle

escalier

intérieur

fenêtre

ouvertures ou pose de velux

gaine

gaine rendant nécessaire le percement d'une cloison et d'une dalle ou gaine d'évacuation d'air usé. Modification de l'implantation des gaines de gaz et d'électricité

grenier

aménagement ou isolation par l'installation de panneaux extérieurs

loggia

fermeture

porte

ouverture pour une réunion de lots

systèmes de blocage

installés sur des emplacements privatifs de stationnement

 

Autorisation de l'A.G. à l'unanimité des copropriétaires

Type de travaux

 description

travaux portant atteinte à la destination de l'immeuble

installation d'un ascenseur dans un monument historique, percement d'un mur pour réunir deux immeubles voisins

travaux portant atteinte à l'harmonie de l'immeuble

fenêtres, rebouchage des ouvertures

travaux portant atteinte aux droits des autres copropriétaires

annexion d'une partie privative, suppression de l'accès à une cour commune

 

Travaux sans autorisation de l'A.G.

Type de travaux

 description

aménagements intérieurs

sans atteinte aux parties communes, sans modification de l'aspect extérieur de l'immeuble dans le respect du règlement de copropriété

Les travaux réalisés par un copropriétaire : comment demander l'autorisation ? (2ème partie)

Les travaux réalisés par un copropriétaire : autorisation de travaux par le tribunal (3ème partie)

 
 

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Dernière modification : 25/11/2007
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