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DÉBAT : |
RÉGLEMENTATION DES VENTES À
LA DÉCOUPE
M. le président. La parole est à M. Patrick Bloche, pour le groupe
socialiste.M.
Patrick Bloche. Monsieur le ministre délégué au logement et à la
ville, l'Assemblée nationale a adopté à l'unanimité, le 19 novembre
dernier, lors de la discussion budgétaire, un amendement du groupe
socialiste visant à encadrer l'activité des marchands de biens qui
vendent à la découpe. Ce terme quelque peu barbare désigne une technique
de spéculation immobilière qui consiste à acheter un immeuble pour le
revendre appartement par appartement avec une forte plus-value.
Malheureusement, l'occasion a été manquée, lors de l'examen du projet de
loi de programmation de cohésion sociale, de donner d'ores et déjà force
de loi aux dispositions contraignantes supplémentaires que les députés
socialistes avaient proposées.
Les conséquences de la vente à la découpe sont brutales et désastreuses
pour les locataires, qui sont le plus souvent placés dans
l'impossibilité de conserver leur logement. Sont ainsi évincés des
locataires pour la plupart issus, j'insiste sur ce point, des classes
moyennes ou de condition modeste, qui ne peuvent racheter leur logement
ou faire face à l'augmentation inévitable du loyer qui suit la vente.
Ce phénomène spéculatif frappe désormais partout et a pris une telle
ampleur, en si peu de temps, que la mixité sociale est aujourd'hui
menacée dans de nombreuses villes. La vente à la découpe accélère et
amplifie bien évidemment la flambée des loyers.
On nous dit que les plus hautes autorités de l'État s'intéressent enfin
à ce problème. Vous-même, monsieur le ministre, seriez sur le point de
prendre des initiatives. Mais il y a urgence, urgence sociale : c'est
dès maintenant qu'il faut encadrer les ventes à la découpe et protéger
les locataires menacés car c'est en ce moment que nos quartiers sont
touchés !
Relayant les préoccupations de nombreux élus locaux, le maire de Paris,
Bertrand Delanoë (" Ah ! " sur les bancs du groupe de l'Union pour un
mouvement populaire), a proposé un moratoire de six mois sur les ventes
à la découpe.
Ma question est simple, monsieur le ministre : allez-vous instaurer un
tel moratoire ?
M. le président. La
parole est à M. le ministre délégué au logement et à la ville.
M. Marc-Philippe Daubresse, ministre délégué au logement et à la
ville. Monsieur le député, je vous remercie de votre question car vous
faites partie de ces parlementaires qui ont essayé de traiter le
problème de manière objective, en essayant de trouver des solutions
efficaces, au même titre que Mme de Panafieu, Mme Aurillac, M.
Jean-Jacques Descamps, M. Carrez et bien d'autres parlementaires.
M. Maxime Gremetz. Vous oubliez Mme Billard !
M. le ministre délégué au logement et à la ville. C'est donc, mesdames,
messieurs les députés, une grande cause qui nous rassemble. La preuve en
est que le Gouvernement a donné un avis favorable pour que l'amendement
du groupe socialiste soit adopté.
Monsieur Bloche, lorsque je vous ai rencontré au début de l'année, je
vous ai annoncé ce que j'allais faire et le calendrier que j'allais
suivre : je fais ce que j'ai dit.
Le 17 janvier, la commission nationale de concertation s'est réunie. Une
deuxième et dernière rencontre se tiendra le 31 janvier pour voir si
nous pouvons traiter le problème par voie conventionnelle car c'est la
solution la plus rapide : il suffit d'un simple décret. Si les
propositions avancées ne sont pas suffisantes, je vous indique
d'ores et déjà que le Gouvernement a élaboré un dispositif et qu'il
prévoit d'aller plus loin, par voie réglementaire et législative, pour
protéger les locataires, en particulier les plus âgés et ceux dont les
ressources sont inférieures à un certain plafond, leur éviter tout
risque d'être obligés d'acquérir leur logement à un prix spéculatif et
leur garantir un délai convenable.
Sachez que je vous associerai, ainsi que les autres parlementaires
parisiens, à la mise en place de ce dispositif, qui sera annoncé dans la
première semaine de février. (Applaudissements sur les bancs du
groupe de l'Union pour un mouvement populaire.)
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