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DEBAT
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ABOLITION DE
LA LOI DE 1948
SUR LE LOGEMENT
M. le président. La
parole est à M.Bruno Gilles, pour le groupe UMP.
M. Bruno Gilles. Monsieur le ministre de l'équipement, des
transports, du logement, du tourisme et de la mer, vous avez annoncé
vendredi dernier à Nantes, la suppression de la loi de 1948 sur les
loyers. Vous avez décidé le retour au droit commun pour les logements
concernés par cette loi. Bien que les locataires tirent un bénéfice
financier de la loi, il n'en reste pas moins que, le plus souvent, ils
vivent dans des appartements vétustes, voire insalubres, sans entretien de
la part des propriétaires. Cependant, comme il s'agit principalement de
personnes âgées ou de personnes aux revenus très modestes,...
Mme Odile Saugues. C'est vrai !
M. Bruno Gilles. ... les locataires s'inquiètent légitimement de
voir leur loyer s'aligner sur les prix du marché qui sont pour l'instant
deux à cinq fois supérieurs. Afin de les rassurer, pouvez-vous me
préciser, monsieur le ministre, à quel rythme aura lieu la disparition de
la loi de 1948 ? Quelles garanties seront prises pour répondre à la juste
inquiétude de ces locataires ?
M. le président. La parole est au ministre de l'équipement, des
transports, du logement, du tourisme et de la mer.
M. Gilles deRobien, ministre de l'équipement, des transports, du
logement, du tourisme et de la mer. Monsieur le député, la loi du
1erseptembre1948 a eu certainement des effets tout à fait positifs au
début pour les locataires et les propriétaires mais, au fil du temps, elle
a produit des effets pervers tant pour les propriétaires qui avaient
investi quelques économies -et qui aujourd'hui ne trouvent pas les moyens
suffisants pour entretenir leur logement- que pour les locataires qui
vivent souvent dans des conditions déplorables faute d'entretien desdits
logements.
M. Yves Nicolin. Très juste !
M. le ministre de l'équipement, des transports, du logement, du
tourisme et de la mer. C'est pourquoi nous avons proposé aux
locataires et aux propriétaires concernés, après cinquante-quatre ans, de
revenir dans le droit commun. Pierre Méhaignerie, alors ministre du
logement, avait déjà assoupli le dispositif. Nous devons aller plus loin
et nous allons organiser une table ronde avec les propriétaires et les
locataires pour voir en combien de temps on peut sortir du dispositif. Les
propriétaires nous proposent six à huit ans. Quoi qu'il en soit, le
Gouvernement sera attentif à ce que les personnes âgées ou les personnes à
revenu modeste ne subissent pas d'augmentations excessives de loyer...
M. François Brottes. Paroles !
M. le ministre de l'équipement, des transports, du logement, du
tourisme et de la mer. ... mais puissent au contraire bénéficier
d'améliorations de leur logement. J'aurai des discussions avec l'Agence
nationale d'amélioration de l'habitat pour que ses crédits soient
davantage orientés dans cette direction. Ainsi, le Gouvernement, je
l'espère, donnera satisfaction aussi bien aux locataires qu'aux
propriétaires. (Applaudissements sur les bancs du groupe de l'Union pour
la majorité présidentielle et du groupe Union pour la démocratie
française.)
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