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Les techniciens chargés du repérage amiante doivent s'enquérir par
eux-mêmes des caractéristiques complètes de l'immeuble qu'ils
inspectent. À défaut, ils engagent leur responsabilité pour
manquement à leur devoir de conseil, sans pouvoir se décharger sous
prétexte d'un manque d'information de la part du propriétaire.
Les
contrôleurs techniques et techniciens de la construction sont les
seuls habilités à effectuer les repérages amiante, à la condition
qu'ils justifient de leur compétence et d'une assurance
professionnelle pour ce type de mission. Ils sont, depuis septembre
2001, impliqués immédiatement dans la procédure de recherche (C.
santé publ., art. R. 1334-15), sans que le propriétaire ait à
consulter préalablement les documents relatifs à la construction ou
à des travaux de rénovation de l'immeuble, ce qu'exigeait la
réglementation antérieure (article 2 du décret n° 96-97 du 7 février
1996 avant sa codification, dans sa version antérieure à la réforme
de 2001).
Cette compétence acquise par des formations spécialisées et
officiellement reconnue, a pour contrepartie une responsabilité
sévèrement encadrée par la Cour de cassation, comme l'illustre la
présente affaire.
En l'espèce, une SCI condamnée à indemniser son locataire pour les
travaux de désamiantage réalisés à ses frais, s'était retournée
contre le contrôleur technique qui, dans son rapport annexé au bail,
avait certifié l'absence d'amiante dans l'immeuble. Sa demande
n'avait pas été accueillie par la cour d'appel qui avait estimé
qu'aucune faute ne pouvait être retenue à l'encontre du contrôleur
technique dont le rapport précisait clairement que les constatations
avaient été effectuées à partir de ce que la SCI avait offert à sa
vue. À cette occasion, interprétant l'ancienne réglementation
applicable en l'espèce, les juges avaient précisé qu'il appartenait
au propriétaire de pallier son manque d'information sur les
documents relatifs à la construction ou aux travaux de rénovation de
l'immeuble par une recherche confiée à un architecte ou à un cabinet
spécialisé.
Une telle conception qui fait dépendre l'étendue des constatations
du technicien des seules informations fournies par le propriétaire
des locaux est fermement condamnée par la Cour de cassation. Aucun
texte, en effet, même sous l'empire du droit antérieur à la réforme
de 2001, n'impose au propriétaire, avant de faire appel à un
contrôleur technique, de rechercher toutes les informations qui
pourront lui être utiles en s'adressant, au besoin, à un autre
professionnel de la construction. La seule recommandation en la
matière, résulte de la norme NF X 46-020 fixant la méthodologie des
diagnostics « amiante » qui se contente de préconiser au
propriétaire de « fournir » au contrôleur technique tous les
documents relatifs à la construction et aux travaux de rénovation en
vue de permettre l'identification des produits ou matériaux utilisés
(§ 3.2.1).
Très logiquement, la Cour de cassation fait peser la
responsabilité de la recherche amiante sur les professionnels
habilités à cette fin et assurés pour cette mission. Dans ce
domaine, elle précise qu'ils ont, vis-à-vis du propriétaire, un
véritable devoir de conseil qui leur impose de s'enquérir, par
eux-mêmes, des caractéristiques complètes de l'immeuble concernant
la présence éventuelle d'amiante. Ils ne peuvent donc se contenter
d'examiner les seuls endroits que leur indique le propriétaire. À ce
sujet, la norme NF X 46-020 insiste sur le fait que la visite de
tous les locaux et installations est obligatoire et que, le cas
échéant, l'opérateur doit signaler par écrit au propriétaire les
locaux et parties d'installations inaccessibles (§ 3.3). |