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Responsabilité du locataire en cas d'incendie criminel

 

Le locataire, présumé responsable en cas d'incendie, ne peut s'exonérer en invoquant l'incendie criminel provoqué par des tiers en son absence que si cet évènement constitue un cas de force majeure imprévisible et irrésistible. Cet arrêt rappelle que la présomption d’innocence n’existe pas pour le locataire, vis-à-vis de son bailleur, en cas d’incendie. La Haute Juridiction rappelle qu’il appartient au locataire d’apporter la preuve que le sinistre résulte d’un cas de force majeure ou d’un vice de construction ou encore que le feu a été communiqué par une maison voisine, ces causes étant limitatives. Les conséquences pécuniaires de cette interprétation sont lourdes pour le locataire qui n’arriverait pas à s’exonérer de sa responsabilité ; non seulement, il sera redevable des coûts des travaux de réparation ou de reconstruction, mais aussi d’une indemnité pour composer la perte de loyer du bailleur.


AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
LA COUR DE CASSATION, TROISIEME CHAMBRE CIVILE, a rendu l'arrêt suivant :

Sur le moyen unique, ci-après annexé :

Attendu qu'ayant, par motifs propres et adoptés, constaté que l'incendie était parti de l'appartement loué à M. X..., absent au moment des faits, qu'il était d'origine volontaire, que la porte vitrée donnant accès au logement présentait un bris de verre, que l'une des deux serrures avait disparu, que l'ensemble de l'immeuble était vétuste, mal sécurisé et fréquenté par des squatters, souverainement retenu que le locataire savait qu'il était le seul occupant de l'immeuble, que face au manque de protection de l'immeuble et plus particulièrement de son appartement il aurait pu prendre des dispositions pour prévenir une violation de son domicile, sachant qu'il devait s'absenter pour plusieurs jours, telles que fermer les volets, barricader la porte du logement et prévenir le propriétaire de l'inefficacité de la serrure de l'immeuble et de la porte de son appartement, et en a déduit qu'il possédait ainsi des moyens pour se prémunir contre un événement hautement prévisible, la cour d'appel, qui a retenu, répondant aux conclusions, que le désintérêt des dirigeants d'une société civile immobilière n'était ni imprévisible ni irrésistible, a pu en déduire que l'intrusion de malfaiteurs ayant incendié les lieux ne constituait pas, pour le preneur, un cas assimilable à la force majeure ;

D'où il suit que le moyen n'est pas fondé ;

PAR CES MOTIFS :

REJETTE le pourvoi ;

Condamne la société Aviva assurances aux dépens ;

Vu l'article 700 du nouveau code de procédure civile, rejette la demande de la société Aviva assurances ;

Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, troisième chambre civile, et prononcé par le président en son audience publique du trois avril deux mille sept.


Source : http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnDocument?base=INCA&nod=IXCXCX2007X04X03X00126X081

Cour de Cassation - Chambre civile 3
Audience publique du 3 avril 2007
N° de pourvoi : 06-12681


 

 
   

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Dernière modification : 28/11/2008
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