Location : Le
défaut d'entretien imputable au bailleur est assimilable à un vice de
construction.
Cass. 3e
civ., 15 juin 2005, N° de pourvoi : 04-12243
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Observations
L'article 1733 du Code civil pose le principe
que le locataire répond de l'incendie des biens immobiliers loués, à moins qu'il
ne prouve que celui-ci s'est produit par cas fortuit, force majeure, ou par vice
de construction.
La Cour de cassation vient de préciser, par une interprétation extensive, ce que
recouvre la notion de "vice de construction".
En l'espèce, une société d'HLM donne en location une maison individuelle, dans
laquelle deux incendies successifs se sont déclarés, endommageant ainsi les
lieux loués ainsi et l’immeuble voisin.
La cour d’appel de Douai a reconnu la locataire responsable du premier incendie.
Les juges, tout en reconnaissant que le court-circuit à l'origine de ce sinistre
ne pouvait qu'être imputable à un défaut d'entretien du bailleur, reprochaient
en effet à la locataire de ne pas avoir informé son propriétaire du fait qu’elle
avait été obligée de remplacer plusieurs fusibles et que, du fait de cette
négligence, le défaut d'entretien du bailleur ne revêtait pas les caractères
imprévisibles et irrésistibles de la cause étrangère édictée par l'article 1733
du Code civil.
La Cour de cassation casse cet arrêt, en considérant qu'un défaut d'entretien
imputable à un bailleur, s'il est à l'origine d'un incendie, est assimilable à
un vice de construction et n'a pas à revêtir les caractères de la force majeure.
On peut retenir qu’en jugeant ainsi, la cour de cassation a assimilé le défaut
d’entretien au vice de construction, et a élargi cette notion.
De plus, il faut comprendre que le défaut d’entretien imputable au bailleur
suffit à exonérer le locataire de toute responsabilité, et cette condition n’est
pas à cumuler avec les critères de la force majeure.