|
Le congé portant sur un
appartement déterminé qui n’a pas encore été individualisé sous forme de
lot de copropriété n’est pas nul.
Plus clairement qu’elle ne l’avait fait dans un précédant arrêt (Cass.
3e civ., 21 juin 2000, nº 98-14.043, Sté Allianz Vie c/ Chrapowicka :
Bull. civ. III, nº 121), la troisième chambre civile de la Cour de
cassation affirme que si le congé pour vendre doit indiquer le prix et
les conditions de la vente projetée, il n’est pas nécessaire que le
bailleur fasse porter son congé sur un lot alors que l’appartement dont
il s’agit est situé dans un immeuble qui n’est pas encore soumis au
statut de la copropriété.
Le locataire qui souhaitait l’annulation du congé et la reconduction de
son bail considérait que l’offre de vente était privée d’objet faute de
porter sur un lot de copropriété. La troisième chambre repousse cette
argumentation au double visa des articles 15, II de la loi du 6 juillet
1989 et 1129 du code civil, c’est-à-dire tant au regard de la régularité
du congé qu’à celui du droit commun de la vente.
La solution serait-elle différente si l’appartement avait déjà été
constitué en lot de copropriété ? Probablement pas puisque dans cette
hypothèse le locataire est encore mieux informé puisqu’il a, au minimum,
connaissance d’extraits du règlement de copropriété précisant notamment
la quote-part afférente au lot loué dans chacune des catégories de
charges (L. nº 89-462, 6 juill. 1989, art. 3). |