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Le
propriétaire qui fait visiter les lieux loués à un candidat
locataire sans l'accord du preneur en titre commet une atteinte à sa
vie privée ouvrant droit à réparation.
Les
relations bailleur locataire ne débutent pas toujours sous les
meilleurs auspices. En l'espèce une location avait été conclue pour
quelques semaines seulement. Quatre jours après la signature du
contrat et sans autorisation du preneur, la propriétaire faisait
visiter les locaux encore vides d'occupation à un candidat à la
location. L'affaire ne serait peut-être pas allée plus loin si le
chèque représentant le dépôt de garantie n'avait pas été rejeté pour
défaut de signature conforme au spécimen, après sa remise à
l'encaissement. Le propriétaire qui avait alors saisi les services
police a été assigné par son locataire en paiement de dommages et
intérêts pour saisine hâtive des services de police, remise
prématurée du chèque à l'encaissement et visite des locaux sans son
accord.
La Cour de cassation considère que pénétrer dans les lieux loués
sans l'accord du locataire pour les faire visiter est une atteinte
au respect de sa vie privée ouvrant droit à réparation. L'arrêt de
la cour d'appel qui avait rejeté la demande du locataire est censuré
au visa de l'article 9 du code civil proclamant le droit de chacun
au respect de sa vie privée. Les juges du fond avaient estimé que
l'attitude n'était pas constitutive d'une faute dans la mesure où
aucune intention de nuire n'était démontrée, les lieux étant vides
d'occupation et la visite sans effet particulier.
En revanche, la saisine par le propriétaire des services de police
consécutivement au rejet du chèque n'a pas été considérée comme une
faute. |