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Le refus du mandant de
réaliser la vente avec une personne qui lui est présentée par son
mandataire ne peut être assimilé à l'acte écrit contenant l'engagement
des parties.
L'agent immobilier n'a donc pas droit à la commission prévue par le
mandat, mais seulement à des dommages-intérêts s'il prouve une faute de
son mandant qui l'aurait privé de la réalisation de la vente.
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
LA COUR DE CASSATION, PREMIERE CHAMBRE CIVILE, a rendu l'arrêt suivant :
Sur le moyen unique, pris en ses deux branches :
Vu l'article 6, alinéa 3, de la loi n° 70-9 du 2 janvier 1970 ;
Attendu qu'aux termes de ce texte, aucun bien, effet, valeur, somme
d'argent, représentatif de commissions, de frais de recherche, de
démarche, de publicité ou d'entremise quelconque, n'est dû aux personnes
visées à l'article 1er de cette loi, ou ne peut être exigé ou accepté
par elles avant qu'une des opérations visées audit article ait été
effectivement conclue et constatée dans un seul acte écrit contenant
l'engagement des parties ;
Attendu que Mme X..., née Y..., propriétaire d'un fonds de commerce
"bar-tabac", a consenti à la société Valmer un mandat non exclusif de
vente de sa licence IV ; qu'après que l'agent immobilier ait présenté
plusieurs acquéreurs à sa cliente, la commune, exerçant son droit de
préemption, a acheté l'ensemble des biens ;
Attendu que pour condamner Mme X... à payer à l'agent immobilier les
honoraires prévus par le mandat, le jugement attaqué, rendu sur renvoi
après cassation (1re civile, 3 janvier 1996, pourvoi n° D 93-16.521)
retient que celle-ci n'a jamais accepté de se sentir engagée par les
termes du contrat de mandat en sursoyant à la vente à chaque fois que le
cabinet lui présentait un candidat ;
Attendu, cependant, que le refus du mandant de réaliser la vente avec
une personne qui lui est présentée par son mandataire ne peut être
assimilé à l'acte écrit contenant l'engagement des parties ; que l'agent
immobilier n'a donc pas droit à la commission prévue par le mandat, mais
seulement à des dommages-intérêts s'il prouve une faute de son mandant
qui l'aurait privé de la réalisation de la vente ;
D'où il suit qu'en statuant comme il l'a fait, le Tribunal a violé le
texte susvisé ;
PAR CES MOTIFS :
CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, le jugement rendu le 17
septembre 1999, entre les parties, par le tribunal de commerce de
Grenoble ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l'état où
elles se trouvaient avant ledit jugement et, pour être fait droit, les
renvoie devant le tribunal de grande instance de Belley, statuant en
matière commerciale ;
Condamne la société Valmer aux dépens ;
Dit que sur les diligences du procureur général près la Cour de
Cassation, le présent arrêt sera transmis pour être transcrit en marge
ou à la suite du jugement cassé ;
Ainsi fait et jugé par la Cour de Cassation, Première chambre civile, et
prononcé par le président en son audience publique du vingt-huit octobre
deux mille trois.
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Décision attaquée : tribunal de commerce de Grenoble (3e chambre civile)
1999-09-17
Source :
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnDocument?base=CASS&nod=CXCXAX2003X10X01X00008X014 |