LE COMPTE DU LOGEMENT EN 1998
Rapport 2000 à la Commission des Comptes du Logement


Ministère de l'Equipement, des Transports et du Logement 

Direction des Affaires Economiques
et Internationales

Service Economique et Statistique
Direction Générale de l'Urbanisme,
de l'Habitat et de la Construction

Réunie le 19 juin, la commission des comptes du logement a approuvé le rapport 2000 sur les comptes du logement, dont les chiffres et les analyses portent sur la période 1984-1998.

Le total des dépenses consacrées au logement s'élève en 1998 à 1 718 milliards de francs et représente près de 20% du produit intérieur brut. Les ménages consacrent 22% de leur revenu disponible brut pour l'usage courant de leur logement et 44% de leur épargne brute en investissement immobilier.

Le regard rétrospectif posé par les comptes du logement sur l'année 1998 confirme un regain général de l'investissement en logement et une augmentation du niveau des loyers supérieure à celle des années précédentes.

Après avoir baissé en 1996 et augmenté légèrement en 1997 (+ 1,8%), l'investissement en logements neufs a connu une accélération forte en 1998. Il atteint 240 milliards de francs, en hausse de + 5,3%. Cette dynamique a été entièrement portée par les ménages, en particulier ceux qui ont acquis leur résidence principale à crédit (135 milliards de francs, soit + 5%) et ceux qui ont acheté des logements pour les mettre en location (43 milliards, en augmentation de 23%). En revanche, l'investissement en logements neufs des personnes morales, et en particulier des organismes HLM, a baissé pour la quatrième année consécutive. Comme en 1996 et 1997, les achats de logements d'occasion ont nettement progressé en 1998 (414 milliards de francs, soit + 9%) et les gros travaux d'entretien et d'amélioration (184 milliards de francs) ont augmenté de 3% par rapport à 1997.

L'ensemble des loyers réellement versés par les locataires (274 milliards), de ceux imputés aux propriétaires et aux ménages logés gratuitement pour refléter l'économie qu'ils réalisent s'élèvent à 856 milliards de francs en 1998, en hausse de 3,8%. Cette évolution résulte pour moitié de l'augmentation du nombre des logements et de leur qualité (taille, confort). L'autre moitié de la hausse provient de la reprise de la progression des loyers : l'augmentation annuelle du prix des loyers, qui avait diminué régulièrement depuis 1993, repart à la hausse en 1998 (+ 1,9%). Les dépenses d'énergie des résidences principales (227 milliards de francs) augmentent modérément en 1998 (+ 1,6%), la hausse en volume de la consommation due à un hiver rigoureux (+ 3,6%) étant partiellement compensée par la baisse des prix (- 1,9%).

Les pouvoirs publics ont dépensé 109 milliards de francs en 1998 pour aider le secteur du logement. Ces dépenses sont inférieures de 1,7 % à ce qu'elles étaient en 1997, mais très largement supérieures à celles des années 1994 à 1996.

En 1998, 6,3 millions de ménages perçoivent une aide personnelle au logement contre 6,1 millions en 1996 et 4,5 millions en 1990. Le montant total de ces aides (79 milliards de francs) a augmenté de 3% entre 1997 et 1998, essentiellement sous l'effet de la hausse du nombre de bénéficiaires locataires.

Après avoir augmenté de 9,6% en 1996 puis de 23,3% en 1997, les dépenses des pouvoirs publics pour financer les aides à l'investissement en logement sont de nouveau en baisse (28 milliards de francs, soit - 14%). Cette diminution s'explique essentiellement par le repli de l'investissement en logements sociaux et le moindre coût du prêt à 0%.

Compte tenu des avantages que représentent les taux d'intérêt des prêts aidés ou réglementés (12 milliards de francs) et les aides fiscales (27 milliards de francs), les diverses formes d'aides publiques au logement ont conféré à leurs bénéficiaires un avantage équivalent à la somme de 131 milliards de francs, en très légère baisse (- 0,7%) par rapport à l'année 1997.