La conjoncture immobilière à Paris et
petite couronne
Résultats du 2ème trimestre et tendances au 3ème trimestre 2002
Au 2ème trimestre
de l'année 2002, le volume global des transactions, tous biens immobiliers
confondus neufs et anciens (appartements, maisons, immeubles, parkings,
terrains...) est resté stable (+0,2%), à Paris et en Petite Couronne, par
rapport au 2ème trimestre de 2001.
Cette stabilité masque cependant des disparités entre les départements et selon
les types de produits.
Ainsi, Paris, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne marquent le pas, avec des
baisses de l'ordre de 2% du nombre des transactions, alors que le département
des Hauts-de-Seine se distingue par une forte progression du volume des ventes
(+8%).
De même, le marché des appartements anciens (-0,4%) et neufs (-1%) est étale sur
l'ensemble des départements, tandis que le marché des maisons neuves s'inscrit
en baisse (-9,5%), et celui des maisons anciennes progresse (+5,2%).
Au total, seul le département des Hauts-de-Seine affiche des progressions dans
tous les compartiments du logement (+6,8% pour les appartements anciens, +24,5%
pour les appartements neufs et +5,1% pour les maisons anciennes), à l'exception
toutefois de celui des maisons neuves (-11,2%).
De telles disparités ne peuvent que traduire une baisse de l’offre de produits,
comme en témoigne, par ailleurs, la reprise de la hausse des prix constatée sur
l'ensemble des départements, que ceux-ci aient enregistré une baisse ou une
progression du nombre des transactions.
Après avoir connu une décélération au 1er trimestre, les prix sont, en effet,
repartis à la hausse au 2ème trimestre 2002, même si on reste en deçà des
rythmes antérieurs. Et la hausse est d'autant plus forte que le niveau
d'activité est élevé. Ainsi, les Hauts-de-Seine, département le plus dynamique,
a enregistré une augmentation des prix de 2,9% au 2ème trimestre, contre 0,1% au
trimestre précédent. Bien que plus modérée, cette hausse n'épargne aucun
département, puisque les prix augmentent de 1,9% à Paris, contre 0,5%
précédemment, de 2,4% en Seine-Saint-Denis, contre 1,4%, et de 2,3%, dans le
Val-de-Marne, contre 1,4%.
Autre fait marquant, l’évolution des prix des logements anciens qui, en
variation annuelle, est pour la première fois supérieure dans les départements
de la petite couronne à celle de Paris : +8,7% en Seine-Saint-Denis, +8,6% dans
le Val-de-Marne, +7,9% dans les Hauts-de-Seine, contre +7,2% dans la capitale.
Cela confirme les phénomènes de déplacement de la demande, constatés au
trimestre précédent. Sous l'effet du renchérissement des prix des logements, la
demande continue, en effet, à se déporter du centre de Paris vers les
arrondissements périphériques, de la périphérie de la capitale vers les
départements de la première couronne et, de proche en proche, des communes de
ces derniers vers les départements de la grande couronne, comme l'indique
d'ailleurs la forte augmentation de leur activité immobilière (+5,5%).
La vitalité du marché constatée au cours du premier semestre (+1% tous biens
immobiliers confondus) n’a pas fléchi durant les mois de juillet et août, comme
le démontrent les résultats de l'enquête permanente effectuée auprès des études
notariales. Le nombre de transactions a, en effet, augmenté à Paris et en petite
couronne de 10,1% en juillet et de 3,6% en août. Il est cependant trop tôt pour
en tirer des conclusions concernant l’activité pour les mois qui viennent.
Cette situation serait satisfaisante, si elle ne cachait pas une grave pénurie
de logements locatifs dans le secteur privé. La vente massive des patrimoines
locatifs des investisseurs institutionnels, l'acquisition d'immeubles entiers
par les organismes opérant pour le compte du logement social et la disparition
des investisseurs personnes physiques participent, en effet, à l'assèchement du
secteur locatif privé à Paris et en première couronne, conduisant un nombre
croissant de ménages à acheter leur logement pour l'habiter.
Aussi est-il urgent de stopper l'érosion du parc locatif existant en
encourageant les propriétaires-bailleurs à le rester, et d'accroître ce parc en
incitant de nouveaux investisseurs privés à se diriger vers la pierre, par la
mise en œuvre de mesures juridiques et fiscales appropriées, comme en a
manifesté récemment l’intention le Ministre du Logement.
Pour en savoir plus :
Les prix des appartements anciens à Paris et en petite couronne
Carte des prix au m² et des évolutions annuelles à Paris et en petite couronne
Source :
Chambre des notaires de Paris
Conférence de presse du 10 octobre 2002 par Béatrice Créneau-Jabaud
http://www.paris.notaires.fr/