Lancement du programme "maisons relais"

François Fillon, ministre des Affaires sociales, du Travail et de la Solidarité, Dominique Versini, secrétaire d'Etat à la lutte contre la Précarité et l'Exclusion et Gilles de Robien, ministre en charge du Logement, ont signé, le 10 décembre, une circulaire sur la création des maisons relais à paraître au B.O. Destinées à l'accueil des personnes à faible niveau de ressource, en situation d'isolement ou d'exclusion lourde sans relever d'un hébergement en CHRS, ces structures s'inscrivent dans une logique d'habitat durable, dans un cadre semi-collectif "valorisant la convivialité et l'intégration dans l'environnement social". Elles constituent une modalité particulière de résidence sociale et ouvrent droit au bénéfice de l'allocation personnalisée au logement (APL).
La circulaire précise que les maisons relais sont de petites unités, animées par un hôte ou un couple d'hôte ayant la qualification de conseiller(ère) en économie sociale et familiale (CESF), d'assistant de service social ou d'AMP (Aide médico-psychologique). Leur mission : définir conjointement avec les résidents les modalités de la vie collective, animer les espaces et les temps communs aux pensionnaires, faciliter les relations entre les résidents, être à l'écoute pour faire face aux difficultés d'ordre individuel ou collectif, maintenir le contact avec les services qui ont orienté le pensionnaire, organiser les liens avec l'environnement local de la structure et dans certains cas la gestion de tâches locatives.

Une "réponse partielle"

Le projet social de la maison relais, défini en amont de sa création, doit faciliter "l'intégration de la structure dans l'environnement social", l'articulation avec les acteurs locaux et définir les publics à accueillir ainsi que leurs besoins. Le financement de l'investissement engagé repose sur les Prêts locatifs aidés insertion (PLAI), la participation des employeurs à l'effort de construction (PEEC), des fonds provenant des collectivités locales, des caisses d'allocations familiales ou des caisses de mutualité sociale agricole. Le fonctionnement de la maison relais sera quant à lui financé par l'Etat, avec des co-financeurs.
Rappelons que Dominique Versini avait annoncé en conseil des ministres du 27 novembre la création de 5 000 places en maisons relais, dont 1 000 financées pour 2003. La Fnars a réagi positivement à la mesure, soulignant que cette "initiative répond au soucis de la Fnars que soit développé un habitat adapté - dans une volonté d'insertion - pour des personnes fragiles ayant besoin d'un soutien". La fédération regrette néanmoins "le recul sur les aides au retour à l'emploi" dans le budget 2003, ainsi que "les baisses de financements pour les 35 000 places de CHRS (centres d'hébergement et de réinsertion sociale), "l'insuffisance chronique d'offre de logements sociaux" et estime qu'"un vrai plan global de lutte contre les exclusions, doté de budgets suffisants, reste à construire pour appliquer la loi de 1998 et sortir de la misère nos concitoyens les plus défavorisés." Dominique Versini devrait présenter officiellement son programme de renforcement de la lutte contre la précarité et l'exclusion au mois de janvier.

Source : Actualités Sociales Hebdomadaires
(17 décembre 2002)