Projet de loi pour la sécurité intérieure
Des sanctions pénales pour les attroupements hostiles dans les halls d'immeubles
adopté par le sénat en date du 28/1/2003
Seront punies de 2 mois
d'emprisonnement et de 3 750 euros d'amende les personnes qui, regroupées de
façon intempestive dans les espaces communs des copropriétés et des HLM,
menaceront la tranquillité ou la sécurité des occupants.
Dans le cadre du projet de loi pour la sécurité intérieure adopté le 28 janvier
dernier par l'Assemblée nationale, les députés ont confirmé l'incrimination des
attroupements intempestifs dans les parties communes des copropriétés et des
HLM. Le projet de loi prévoit d'insérer au code de la construction et de
l'habitation un article L. 126-3 qui sanctionnera de 2 mois d'emprisonnement et
de 3 750 euros d'amende toutes les personnes qui, regroupées dans les espaces
communs des immeubles collectifs d'habitation, commettront des voies de fait,
menaceront de violence d'autres personnes ou entraveront délibérément l'accès et
la libre circulation des occupants ou le bon fonctionnement des dispositifs de
sécurité et de sûreté.
Ce texte complète le dispositif de
sécurité des halls d'immeubles institué par la loi nº 2001-1062 du 15 novembre
2001 en comblant une lacune que présentait cette première mesure. L'article L.
126-2 du code de la construction et de l'habitation issu de la loi de 2001 qui
permettait l'intervention des forces de l'ordre en cas d'occupation intempestive
des parties communes n'était assorti d'aucune sanction pénale à l'encontre des
personnes refusant d'obtempérer aux injonctions de la police, ce qui privait la
mesure de toute efficacité. La répression sera désormais possible grâce à
l'article L. 126-3 qui précise, par ailleurs, que le dispositif pénal
s'appliquera aussi aux infractions commises sur les toits des bâtiments.
Pour renforcer la sécurité des copropriétés et des HLM, le législateur
prévoit de modifier l'article L. 126-2 afin d'autoriser les bailleurs à faire
appel à la police municipale, au même titre que la police et la gendarmerie
nationales, pour disperser de tels rassemblements.
Les sanctions pénales seront aggravées pour les personnes perpétrant des crimes
et violences graves contre les gardiens de ces immeubles et leurs familles.
Après l'article L. 126-2 du code
de la construction et de l'habitation, il est inséré un article L. 126-3 ainsi
rédigé :
« Art. L. 126-3. - Les voies de fait ou la menace de commettre des violences
contre une personne, ou l'entrave apportée, de manière délibérée, à l'accès et à
la libre circulation des personnes ou au bon fonctionnement des dispositifs de
sécurité et de sûreté, lorsqu'elles sont commises en réunion de plusieurs
auteurs ou complices, dans les entrées, cages d'escaliers ou autres parties
communes d'immeubles collectifs d'habitation, sont punies de deux mois
d'emprisonnement et de 3 750 € d'amende. »
Source :
Projet de loi pour la sécurité intérieure (28 janvier 2003)
-
(art. 20 bis, 20 ter et 21)