Condamnation de la vente de logements à la découpe
Le
phénomène de vente à la découpe se généralise de plus en plus dans les villes à
marché tendu, notamment à Paris, Lyon et Marseille.
Cette pratique consistant à vendre massivement des immeubles d'habitation, lot
par lot, entraîne le départ des locataires qui ne peuvent acquérir leur logement
au prix proposé. Cette situation aujourd'hui importante nuit à la mixité sociale
de nos villes en provoquant le départ des moins aisés et, aujourd'hui, des
classes moyennes. C'est tout l'équilibre sociologique qui est ainsi remis en
cause.
Alors même que les pouvoirs publics désirent rendre opposable le droit au
logement, il paraît indispensable que des mesures soient prises afin d'éviter
que les locataires ne soient les victimes de ce qui s'apparente à une partie de
Monopoly.
La CLCV rappelle que le décret du 22 juillet 1999, qui a étendu l'accord
collectif qu'elle a signé en 1998 avec les représentants des bailleurs, au sein
de la Commission nationale de concertation (CNC) rend obligatoire une
concertation entre bailleur et locataires lorsqu'une vente de plus de 10
logements dans un même immeuble est envisagée. Ce même texte permet d'obtenir
une prorogation du droit d'occupation du logement dans certains cas et impose au
bailleur de faire une proposition de relogement lorsque le locataire dispose de
faibles ressources.
L'ampleur du phénomène est telle que les discussions qui sont en cours devant la
Commission nationale de concertation (CNC) devront déboucher sur un renforcement
de cette réglementation.
La CLCV invite les municipalités concernées, à exercer leur droit de préemption
lors de ce type d'opération et demande aux pouvoirs publics de réagir
promptement en créant un dispositif permettant aux locataires d'acquérir leur
logement (dissociation du foncier lors de l'acquisition par exemple). Elle
propose également qu'un tarif préférentiel soit appliqué aux locataires dans le
cadre de ces ventes ou que le locataire puisse rester en place s'il répond à
certaines conditions, de ressources notamment.
Source :
www.clcv.org
Communiqué du 12 janvier 2005