Selon le BIPE, la croissance du patrimoine des
ménages
pourrait se réduire de moitié en 2005
Les prévisions du BIPE présentées le 2 décembre dernier lors du troisième
séminaire annuel de l’Observatoire permanent des marchés de l’épargne et du
crédit Consacré aux comportements financiers des particuliers. montrent que le
taux d’épargne des ménages devrait poursuivre son léger tassement l’année
prochaine. 2005 sera toutefois une année assez différente de 2004, au moins dans
trois domaines importants : le logement, l’assurance vie et l’épargne liquide.
Une pause dans les opérations des particuliers en matière de logement
Après plusieurs années très actives (en particulier en 2004), 2005 marquera un
point d’inflexion sur les marchés du logement. La cause principale ne sera pas
une violente remontée des taux d’intérêt, mais plutôt le niveau atteint par les
prix des logements.
Les achats de logements neufs ne connaîtront, quant à eux, qu’une décélération
de leur croissance ; il en sera de même des travaux d’entretien réalisés par les
particuliers.
Mais les transactions sur les logements anciens feront apparaître un net
tassement en 2005 en raison du niveau atteint par les prix.
Au total, 2005 sera marquée par une stabilisation des dépenses globales et un
reflux sensible de la « production » de crédits nouveaux, reflux résultant d’un
double réflexe de prudence :
du côté des particuliers, le désir de remonter leur taux d’autofinancement ;
du côté des établissements de crédit, la volonté de retrouver des marges d’intermédiation un peu plus confortables.
Un ralentissement de la croissance du chiffre d’affaires de l’assurance vie
L’année 2004 a été particulièrement bonne pour l’assurance vie puisque le
chiffre d’affaires a crû de plus de 12%. Ces bons résultats ne sont pas dus au
lancement du PERP, qui, même s’il a été beaucoup vendu, l’a été pour de très
petits montants. Ce sont plutôt le rebond des versements sur les supports en
unités compte et la très bonne tenue du chiffre d’affaires sur les supports en
Euros qui expliquent cette santé exceptionnelle de l’assurance vie en 2004.
2005 devrait être une année assez différente : le rebond des versements sur les
supports en unités de compte se poursuivra, mais à un rythme sensiblement
inférieur à celui de 2004. Quant au chiffre d’affaires sur les supports en
Euros, il devrait, lui aussi, faire apparaître une certaine décélération.
Mais tout cela est relatif et doit se juger par rapport au très haut niveau
atteint en 2004 : le chiffre d’affaires global de l’assurance vie dépassera tout
de même 110 milliards d’euros en 2005, après 103 milliards en 2004.
Une épargne un peu moins liquide et une certaine reprise des souscriptions
d’actions
Le BIPE ne prévoit pas de modification de la rémunération de l’épargne
réglementée en 2005. De façon générale, les versements sur les produits
d’épargne liquide se modéreront en raison d’un certain retour à la confiance qui
sera évidemment conforté si le taux de chômage recule conformément aux
prévisions officielles.
Cette tendance se vérifiera particulièrement pour les encours sur les livrets
soumis à l’impôt dont le dynamisme a encore été très fort en 2004. La
stabilisation de ces encours en 2005 signifiera la sortie d’un « attentisme »
qui a pesé fortement au cours des dernières années, non pas sur les marchés du
logement, mais sur ceux des souscriptions de titres et, plus particulièrement,
sur les achats d’actions cotées, spécialement modestes en 2004.
En 2005, en raison de la pause du logement et d’une évolution moins chaotique du
marché boursier, les achats d’actions cotées auront tendance à reprendre,
notamment à l’occasion des opérations d’ouverture du capital d’entreprises
publiques dont le calendrier a commencé à être dessiné.
Cette dernière évolution est naturellement conditionnée par une évolution
raisonnable du marché des changes : si le dollar devait décrocher violemment et
dépasser la zone des 1,40 dollars pour un euro, le choc qui en résulterait pour
les marchés boursiers européens serait de nature à remettre en cause le scénario
décrit ci-dessus.
Au total, selon les estimations du BIPE, le patrimoine des ménages a encore
crû à très vive allure en 2004 (près de 10%), pour beaucoup en raison de la
hausse soutenue du prix des logements.
En 2005, cette croissance sera réduite de moitié : l’évolution du marché
boursier sera certes un peu plus favorable qu’en 2004, mais la décélération de
la hausse des prix de l’immobilier sera très prononcée. Même ramenée au
voisinage de 5%, la croissance nominale du patrimoine des ménages restera
supérieure à celle de leur revenu (3,6%).
L’Observatoire des Marchés de l’Épargne et du Crédit du BIPE offre aux
professionnels de la finance, de la banque et de l’assurance un outil efficace
et exclusif de surveillance et d’anticipation des flux et des comportements
d’épargne et de crédit. Il réunit trois fois par an les principaux acteurs de la
place de Paris autour des experts du BIPE qui leur proposent un suivi
conjoncturel et des projections à moyen terme des flux et encours d’épargne,
déclinés par type de produit.
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Source : www.bipe.fr
Observatoire permanent des
marchés de l'épargne et du crédit
Communiqué de presse - Mardi 6 décembre 2004