Protection et mise en valeur du Patrimoine de la Capitale

Le 31 janvier, le Conseil de Paris votera le projet de Plan local d'urbanisme (PLU), qui définira pour 15 à 20 ans le visage de la capitale.

A cette occasion, Sandrine Mazetier, adjointe au patrimoine du maire de Paris, a fait part jeudi 20 janvier devant la presse, de la volonté de la municipalité parisienne d'élargir les protections patrimoniales, toutes époques confondues à l'architecture industrielle, faubourienne et contemporaine, aux ateliers d'artistes, ainsi qu'aux lieux de loisirs comme cinémas ou théâtres…

Ce point presse a vocation d’expliquer l’esprit de la démarche de préservation et de valorisation des patrimoines parisiens et de clarifier le contenu de ces mesures nouvelles.

Le constat : un patrimoine parisien peu et mal protégé

Sur les 75 000 parcelles de Paris, on ne compte actuellement que 1912 protections au titre des monuments historiques (classement et inscriptions à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques gérées par l’État) et 1000, environ, au titre des 7 POS (Plan d’Occupation des Sols) de quartiers (créés par la Ville à la suite de la loi paysage du janvier 1993).
Les protections monuments historiques, quantitativement peu nombreuses sont en outre essentiellement concentrées dans les arrondissements centraux, et ne couvrent que certaines époques 17e et 18e siècle.
Ainsi les tissus faubouriens mais aussi l’île Saint Louis, le nord du 6ème arrondissement ou encore les édifices fragilisés par leur état ou leur faible densité, notamment ceux construits avant le milieu du 19e siècle ne font aujourd’hui l’objet d’aucune mesure pouvant leur permettre d’échapper à la destruction.
La sensibilité patrimoniale a par ailleurs évolué plus vite que les outils de protection et l’on veut aujourd’hui préserver des patrimoines qu’on ne considérait pas comme tels il y a encore 15 ans (goût pour le patrimoine industriel, les réalisations du 20e siècle).
Enfin les protections MH (monuments historiques) et POS de quartier ne permettaient nullement de lutter contre des phénomènes très destructeurs du patrimoine et du paysage urbain: façadisme, dénaturation par surélévation des bâtiments…

Pourtant plébiscité par les Parisiens

La démarche de concertation engagée depuis 2002 a montré, à travers les milliers de demandes de protections formulées par les conseils de quartier et les associations et par les réponses au questionnaire adressé aux 800 000 foyers parisiens, un attachement accru des Parisiens à la préservation du patrimoine et une volonté de participer à la définition et à la protection de leur cadre de vie.
Le patrimoine n’est plus un concept figé renvoyant à des périodes plus ou moins lointaines. Il est le témoin dynamique de l’histoire de la construction de Paris, témoin du Paris historique mais aussi témoin du Paris industriel et ouvrier, du Paris faubourien, populaire et de la création contemporaine de qualité.

Répondre à cette attente nécessitait une palette de mesures nouvelles, adaptées à l’ensemble des arrondissements parisiens et la diversité des patrimoines à prendre en compte  :

Les Protections Ville de Paris (PVP) permettront de protéger, grâce à l’interdiction de démolir, des immeubles, des équipements, des maisons, villas, . . .
Les Eléments Particuliers Protégés (EPP) préserveront des devantures, des porches, des escaliers, des halls d’entrée, des éléments de décors (vitrail, céramique, bas reliefs).
Le signalement de quelque 4300 bâtiments incitera à prendre en compte l’attachement que leur portent les habitants du quartier.
Les Traitements Morphologiques Paysagers (TMP) sauvegarderont paysages et atmosphères via des mesures de protections volumétrique, des filets de hauteurs…..
Enfin, encadrement voire suppression du «COS de fait » sur certaines parcelles complètent ces mesures.

Le volet patrimonial du futur PLU rétablira ainsi une triple justice :

Géographique, car les protections concerneront désormais tous les arrondissements avec un puissant rééquilibrage vers les arrondissements dits « périphériques « , qui ne comptent que quelques protections,
Sociologique car tous les Parisiens, qu’ils habitent le coeur historique de la capitale ou ses quartiers les plus populaires se voient ainsi reconnaître un « droit « au paysage et à la beauté »,
Historique et stylistique, enfin par la prise en compte de patrimoines peu protégés par l’État :
ouvriers, industriels ou trop récents (contemporain) ou qui n’ont pas vocation à l’être mais qui méritent pour autant d’être préservés (lieux de mémoire).

Le futur PLU, dans son volet patrimonial et paysager, pose ainsi des actes pour l’avenir de Paris et de ceux qui y habitent. Il porte une vision de la ville, faite de diversité, d’influences croisées, de différences de proportions, d’échelles et de style. Il dit quelque chose de la mémoire et de l’identité de Paris, de sa pulsation, de son héritage et de celui que nous voulons transmettre, de sa volonté d’incarner demain encore à la fois le particulier et l’universel.

Consulter le dossier : http://www.paris.fr/fr/urbanisme/Actualites/DPPatrimoinePLU.pdf

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Source : www.paris.fr
Mairie de Paris
Communiqué de presse - 21 janvier 2005