Selon les prévisions du BIPE, 2005 et 2006 marqueront la sortie de l’attentisme financier
mais aussi une inflexion sur l’immobilier

Les prévisions 2005-2006 du BIPE concernant les comportements financiers des particuliers (présentées lors du premier séminaire annuel de l’Observatoire Permanent des Marchés de l’Épargne et du Crédit) montrent que les deux années à venir devraient voir la sortie de l’attentisme financier. En outre, l’immobilier devrait marquer le pas en fin de période.

2004 : malgré l’excellente tenue des investissements en logement et des crédits nouveaux à l’habitat mais aussi de l’assurance-vie, l’attentisme reste prédominant.
En 2004, les ressources des ménages ont été marquées par une poursuite de la baisse de leur taux d’épargne entamée en 2003 (15,4% contre 15,8%) et par un fort recours au crédit, en particulier au crédit à l’habitat.

Du côté des emplois, les investissements dans le logement ont évidemment été importants mais il en a été de même des placements financiers qui ont atteint le niveau élevé de 112 milliards d’euros. Au sein de ces placements financiers, l’assurance-vie a réalisé une excellente année et a représenté plus des deux cinquièmes de ces placements. Les placements sur livrets en ont formé près du quart avec une collecte encore abondante sur les livrets soumis à l’impôt, ce qui traduit bien un certain attentisme. La faiblesse des achats d’actions et de parts d’OPCVM témoigne dans le même sens, face à un marché boursier dont les évolutions étaient difficilement prévisibles.

2005 : bonne tenue de l’immobilier et du crédit habitat, reprise des titres mais un net ralentissement de l’assurance-vie

En 2005, la rémunération des produits réglementés ne connaîtra pas de changement par rapport à l’année précédente. Certains éléments de similitude avec 2004 apparaîtront : le taux d’épargne des ménages devrait ainsi passer au-dessous de 15% et le recours au crédit continuera de se situer à un niveau élevé. De même, l’investissement logement progressera encore et les placements financiers seront du même ordre de grandeur que l’année précédente.

Les placements financiers seront cependant marqués par des modifications significatives. L’assurance-vie connaîtra un net ralentissement mais s’élèvera encore à plus des trois cinquièmes du total ; la part de la collecte sur livrets sera en très forte régression ; enfin, on notera une reprise des souscriptions d’actions, pour une bonne part due au succès d’opérations de privatisation - elles-même favorisées par une tenue assez avantageuse du marché boursier : le BIPE prévoit en effet une augmentation du CAC 40 de quelque 10% sur douze mois.

2006 : un tassement de l’immobilier mais une reprise confirmée des titres marquant le retour à la confiance

En 2006, la rémunération des produits réglementés pourrait être relevée de 25 points de base en raison de l’augmentation du taux d’intérêt directeur de la Banque Centrale Européenne à laquelle le BIPE s’attend. Le taux d’épargne des ménages pourrait continuer de refluer d’environ un demi-point et le recours au crédit habitat devrait connaître, lui aussi, un certain tassement.

En ce qui concerne les emplois, les investissements des ménages dans le logement ne progresseront que faiblement, mais les placements financiers resteront à un niveau élevé, plutôt supérieur à celui de 2005. L’assurance-vie continuera de représenter plus de 60% de ces placements avec une progression des supports en unités de compte un peu plus rapide que celle des supports en euros. Le retour à une certaine forme de confiance devrait contribuer à faire reculer la part des placements sur livrets, malgré l’augmentation de la rémunération des livrets défiscalisés. Symétriquement, la part des souscriptions d’actions et d’OPCVM actions devrait porter les achats de titres à un niveau supérieur à celui de 2005. Pour autant, aucune bulle boursière ne devrait apparaître, le BIPE prévoyant en effet une croissance raisonnable de l’indice CAC sur l’année (environ 8 %).

Tableau 1 : Ratios significatifs (en %)




Tableau 2 : Évolution de la composition du patrimoine total des ménages (S14)


 

 

Source : www.bipe.fr