Malgré un contexte économique difficile, les banques soutiennent les projets des consommateurs, en proposant notamment des offres de crédit adaptées aux évolutions de la société.
Avec un encours de 501 milliards d’euros à fin mars 2005, le crédit octroyé aux particuliers continue d’augmenter en France à un rythme soutenu : + 10 % en un an.
Un ménage sur deux bénéficie d’un crédit
Fin 2004, plus d’un ménage sur deux (50,2
%) détenaient au moins un crédit, selon l’Observatoire de l’endettement
des ménages ; ils étaient 49,7 %
l’année précédente. Cette tendance à la hausse – notamment pour le
crédit immobilier – devrait se confirmer dans les prochaines années,
puisque 5,5 % de l’ensemble des ménages ont l’intention de contracter un
crédit immobilier dans les 6 mois, soit le taux le plus élevé de ces
dernières années.
Toutes les catégories de la population ont accès au crédit et les jeunes
de moins de 30 ans sont de plus en plus nombreux à y recourir, que ce
soit pour des projets immobiliers ou de consommation. 55,7 % des jeunes
ménages détenaient un crédit fin 2004, contre 51 % en 2003.
Les ménages décident de recourir au crédit sur la base d’une analyse
rationnelle, ils évaluent en effet de façon cohérente leur situation
(notamment en fonction du chômage et des incertitudes) indique le
professeur Michel Mouillart, auteur de l’Observatoire de l’endettement.
C’est pourquoi les ménages recourent fortement aux crédits immobiliers :
les taux attractifs conjugués à l’allongement de la durée des crédits
atténuent les effets des incertitudes liées à la conjoncture. A court
terme en revanche, les ménages ajustent une partie de leurs projets de
consommation : à la fin 2004, 4,6 % des ménages avaient l’intention de
recourir au crédit de trésorerie dans les 6 prochains mois, contre 6,1 %
à la fin de l’année dernière.
Une enquête sur les femmes européennes et le crédit menée par l’IFOP pour la FBF en mars 2005 confirme que 88 % des Françaises sont prêtes à emprunter, mais essentiellement pour l’achat d’un logement, d’une voiture, ou pour financer les études des enfants. Si elles déclarent connaître les risques liés à une utilisation abusive du crédit, cette prise de conscience fonctionne comme une incitation à la vigilance et non comme un frein au recours à l’emprunt.
Une offre adaptée aux évolutions socioéconomiques
Si le crédit continue à augmenter, c’est aussi parce que les banques s’adaptent aux évolutions de la conjoncture et du marché de l’emploi afin de répondre aux attentes des ménages tout en assurant leur sécurité.
Concernant l’immobilier par exemple, outre les taux d’intérêt très bas proposés par les banques, la durée des prêts a été allongée, passant en moyenne de 11,1 ans en 1992 à 15,9 en 2004, ce qui a permis de contrebalancer la hausse des prix des actifs.
Face à l’allongement de la
durée des études, les banques ont également défini des offres adaptées
aux étudiants et proposent des prêts pour faire face aux frais engagés
durant leur cursus (logement, scolarité…) : taux attractifs, possibilité
de ne rembourser l’emprunt qu’à partir d’une date prévisible d’accès à
l’emploi…
De même, en partenariat avec l’Etat dans le cadre de l’opération «
permis à 1 € par jour », des banques vont proposer des prêts permettant
aux jeunes de financer leur permis de conduire.
Octroyer un crédit : une décision qui prend en compte de multiples paramètres
D’une manière générale, l’octroi d’un crédit est fondé sur l’analyse de la solvabilité de l’emprunteur, c'est-à-dire sa capacité à rembourser régulièrement sa dette.
• Celle-ci dépend du rapport entre ses revenus et ses charges (loyers, crédits déjà contractés…). Si le plafond de 33 % est fréquemment avancé, ce rapport est en réalité très variable selon les individus, car il est fonction des situations et des priorités de chacun.
• Elle nécessite également une stabilité suffisante de la situation économique de l’emprunteur, pour un engagement dans la durée.
L’évaluation de la solvabilité repose ainsi sur de nombreux critères : le niveau et la régularité des ressources, l’ancienneté de la relation avec la banque et dans la vie professionnelle, le cas échéant la régularité des remboursements de précédents crédits, la nature des garanties éventuellement proposées, des éléments prospectifs pour les jeunes...
Source : La lettre de la profession bancaire
numéro 501 30 août 2005
www.fbf.fr