Les locataires : les grands oubliés des annonces ministérielles

Le Congrès HLM de Nantes s'est terminé traditionnellement par un train de mesures annoncé par le Ministre en charge du logement . Ces dernières certes positives, ne répondent pas à la demande générale formulée lors du congrès d’une remise à plat du financement du logement et oublient une fois encore, les locataires.

L’Etat, rappelons le, est garant du droit au logement de nos compatriotes sans lequel les droits à la santé, à la sécurité, au travail eux aussi normalement garantis n’ont plus de sens. C’est la raison pour laquelle nous avons appelé le gouvernement à ré-organiser l’actuel financement du logement (notamment à revoir l’ensemble des aides fiscales octroyées aux particuliers et l’obligation des 20% de logements sociaux dans les communes découlant de la loi SRU etc). Plus qu’un train de mesures, aussi intéressantes soient-elles c’est d’une politique nationale ambitieuse et cohérente pour répondre aux inquiétudes d’une grande partie de nos compatriotes dont le logement a besoin.

Les mesures annoncées oublient encore une fois les locataires, aucune mesure de revalorisation réelle des aides au logement n’est annoncée. Leur montant n’a pas varié depuis deux ans après des revalorisations insuffisantes en 2002 et 2003. Alors que le pouvoir d'achat des ménages stagne, voire baisse, les charges financières liées au logement ne cessent quant à elles d'augmenter pour atteindre des niveaux insupportables pour de nombreux ménages. Les 1,8% de revalorisation prévue cette année sont loin de compenser la perte de pouvoir d’achat supportée par les ménages, que nous estimons à au moins 6% depuis 3 ans.

D'autre part, la suppression de la règle du non paiement de toute aide inférieure à 24 € ( soit 288 € par an pour 200 000 ménages) n’a toujours pas fait l’objet d’une décision définitive par le Ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie. Or, cette décision demandée depuis son origine par la CLCV, relayée par le Médiateur de la République, avait été reprise par M Philippe Daubresse alors Ministre du logement.

Aujourd’hui, la CLCV a remis un fac-similé de chèque de 78 Millions d’Euros à M Borloo représentant le manque à gagner par les locataires qui n’ont pas reçu l’aide à laquelle ils avaient droit. La CLCV en demande le remboursement pour les locataires et accédants concernés.

Enfin, les annonces portent uniquement sur la quantité de logements à bâtir, rien n’est dit sur leur qualité (convivialité, nature du bâti etc). Or, lorsque l’on sait que le logement génère 25% des émissions de gaz à effet de serre, qu’il est un facteur essentiel de lien social etc… On ne peut se pas se permettre de rebâtir à l’identique.

Pour les locataires nous demandons :

-une réévaluation des barèmes APL et AL pour qu’un rattrapage d’au moins 6% soit opéré pour compenser la faiblesse des revalorisations des années précédentes et la suppression de la règle de non versement de toute aide inférieure à 24€

- que le nouvel indice devant remplacer l’ICC soit « capé » par l’augmentation des prix à la consommation

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Source :  CLCV - Consommation Logement et Cadre de Vie
17 rue Monsieur, 75007 Paris
COMMUNIQUÉ DE PRESSE du 22/09/2005