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Pour la CLCV, le projet de loi portant engagement national pour le logement devant remettre le logement au cœur de l’action publique semble loin de répondre à cette ambition.

 

Le texte apporte quelques motifs de satisfaction :

  • les interruptions de la fourniture d’électricité, de gaz et d’eau entre le 1er novembre et le 15 mars seraient interdites ;

  • la commission de médiation (chargée de recevoir toute réclamation relative à l’absence de réponse à une demande de logement, mais quasi inexistante) verrait sa composition et ses compétences élargies, elle pourrait alors saisir le Préfet qui pourrait mettre en demeure un organisme de loger un demandeur ;

  • les constructions et ventes d’immeubles de logements sociaux, dans le périmètre d’opérations ANRU, bénéficieraient d’une TVA à 5,5% ;

  • les collectivités locales et le Préfet verraient leur capacité d’action renforcée en matière d’urbanisme.

Il suscite de fortes inquiétudes : concernant notamment la mixité sociale, objectif pourtant recherché par tous et qui risque de subir un assaut redoutable…

En effet, le supplément de loyer de solidarité (qui s’ajoute aux loyers des locataires en HLM qui dépassent les plafonds de ressources) serait désormais obligatoirement perçu dès lors que les ressources de ces locataires dépassent d’au moins 20% les plafonds en vigueur. D’autre part, le loyer et son supplément ne seraient plus plafonnés à 25% des ressources du foyer. Il est à craindre que les locataires les moins modestes ne puissent supporter cette charge supplémentaire et quittent leur HLM. Le logement social ne logerait ainsi que les personnes aux revenus les plus faibles.

Et une grosse déception : aucun renforcement des sanctions n’est envisagé en cas de manquement à l’obligation d’avoir 20% de logements sociaux d’ici 2020.

La CLCV demande un renforcement de ce texte et notamment :

  • La mise à plat du financement du logement, avec un rééquilibrage des montants consacrés aux aides à la pierre et à la personne, au profit des premières ;

  • La maîtrise du coût du foncier avec, par exemple, l’instauration d’un dispositif de dissociation du foncier et du bâti ;

  • L’abandon du dispositif « Robien » et la mise en place de contrepartie sociale à tout investissement locatif ;

  • L’indexation automatique des aides à la personne sur l’indice de référence des loyers ;

  • Rendre effectif l’article 55 de la loi SRU (les fameux 20% de logements sociaux) et renforcer les sanctions en cas de non respect ;

  • Des dispositions pour faciliter l’accession à la propriété, notamment sociale, et la mise en place d’un système de sécurisation ;

  • La suppression des entraves à l’accès au logement (liste infinie de documents à fournir…) et la pénalisation des professionnels de l’immobilier aux pratiques abusives ;

  • La suppression des surloyers et l’évolution des plafonds de ressources en fonction de celle des revenus ;

  • La prise en compte des aspects qualitatifs et environnementaux de l’habitat : le développement durable et la démarche de Haute Qualité Environnementale (HQE) doivent s’imposer dans ce secteur fortement émetteur de gaz à effet de serre.

Source : Communiqué du CLCV - Consommation Logement et Cadre de Vie
26 octobre 2005

 
 

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Dernière modification : 14/06/2007
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