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L’amélioration thermique des logements : de quoi faire peur aux propriétaires

 

Au moment où la pression monte avec des prix des énergies en hausse, une information répétée sur les risques que les gaz à effet de serre font courir à la planète, que se passe-t-il pour les propriétaires qui décident d’entreprendre des travaux afin de moins consommer d’énergie dans leur logement, de moins émettre de CO2 et de moins dépenser ? C’est ce que le Club de l’Amélioration de l’Habitat a voulu savoir en se rapprochant de 20 ménages qui viennent de se lancer dans ce type de chantier, ainsi que des entreprises du bâtiment ou artisans qu’ils ont choisi de faire travailler.

Les chantiers ne sont pas encore terminés, mais déjà plusieurs observations méritent d’être relevées. Les contacts ont été pris avec les propriétaires au démarrage de leur projet. Puis des entretiens ont été menés avec les entreprises sélectionnées. Les 20 ménages habitent pour un tiers d’entre eux en région parisienne, pour un second tiers, en région Rhône-Alpes et le dernier tiers, en région nord.

Au stade de la finalisation du projet, juste après la signature des devis, que peut-on constater ?

Premièrement, on peut vérifier que les motivations des propriétaires tournent bien autour de la crainte d’avoir des difficultés pour se chauffer dans un proche avenir et des risques liés au changement climatique.

Ensuite, on note un intérêt très vif pour les énergies renouvelables, vite altéré par un contexte politique et administratif assez flou (soutien politique jugé insuffisant sur les énergies renouvelables, rencontres d’obstacles administratifs pour la pose de panneaux solaires), une abondance d’informations notamment sur Internet contrecarrée par une offre en équipements plutôt pauvre (grands industriels français peu présents sur le marché) et des coûts d’investissement élevés.

De surcroît, les professionnels du bâtiment, d’habitude si rassurants par leur maîtrise technique avouent là la jeunesse de leur savoir-faire, tandis que les spécialistes en ENR font, eux, parfois appel à des méthodes commerciales vigoureuses.

Néanmoins, le coût des travaux n’arrête pas les propriétaires qui veulent profiter des subventions ou des crédits d’impôts, même s’ils pensaient ceux-ci plus importants ou s’ils soupçonnent que le crédit d’impôt n’entraîne une hausse des prix qui leur sont proposés.

La difficulté rencontrée dans le choix technique ne porte pas que sur les équipements en énergie renouvelable, mais aussi sur les autres équipements, ainsi que sur les isolants. Ā ce stade, les labels comme le label Promotelec sont d’un certain secours, les négociants aussi, qui montrent, expliquent et comparent les produits. Mais ce sont les soutiens techniques apportés par les Espaces Infos Energie de l’ADEME et les agences locales de l’énergie qui sont les plus appréciés : évaluation thermique, conseils sur les solutions, liste de professionnels du chauffage solaire. Seul problème : un trop petit nombre des ménages interrogés les a contactés, les autres ignorant jusqu’à leur existence.

Si il est reconnu que les projets de travaux sont toujours délicats à monter pour des particuliers, il faut reconnaître que les chantiers d’amélioration thermique progressent encore d’un cran dans la difficulté. Leurs motivations, qu’elles relèvent de l’autonomie énergétique ou de la crainte du changement climatique, sont empreintes de gravité. Le contexte politique et administratif qui entoure les énergies renouvelables apparaît flou. Les professionnels eux-mêmes sont déconcertants en la matière : attitude de blocage, de découverte ou de « vente à l’arraché ». Il faut profiter des opportunités de financement des travaux thermiques, qui peuvent ne pas durer. Enfin, il reste au final des incertitudes sur le choix technique fait.

D’ailleurs ont-ils fait le bon choix ?

Observés minitieusement par des thermiciens, les projets de nos ménages, si ils marquent tous une nette amélioration des consommations d’énergie et des émanations de gaz à effet de serre, ne font pas le plein des économies potentielles. Ils pêchent trop souvent par une insuffisance d’isolation et une absence de ventilation. Ils privilégient des changements d’énergies pour des énergies moins chères au détriment d’investissements permettant de baisser leur consommation.

Cette erreur de jugement s’explique en partie par l’absence de conseil en amont prenant en compte la situation du logement et l’ordre de priorité des travaux.

Au final, 19 logements ont fait l’objet d’une évaluation thermique avant et après travaux d’après les projets signés. L’échantillon de logements apparaît assez représentatif du parc ancien, avec cependant une majorité de maisons individuelles. Si les résultats obtenus après travaux en termes d’étiquette énergie semblent décevants, les résultats en rejets de gaz à effet de serre sont beaucoup plus satisfaisants grâce aux recours aux énergies renouvelables.

Le Club de l’Amélioration de l’Habitat va continuer à suivre nos vingt ménages pendant leurs travaux.

Cette observation se fait dans le cadre du programme de recherche gouvernemental PREBAT. Elle est en partie financée par l’ADEME. Elle a pour objectif de mieux comprendre le parcours des ménages désirant améliorer les performances énergétiques de leur logement, de relever les facteurs qui facilitent ou qui bloquent les projets et de pointer les mesures à prendre pour les rendre les plus efficaces possible.

A ce stade de l’observation, il ressort que des efforts doivent être faits pour rassurer à tout prix les ménages désireux d’entreprendre ce type de travaux, pour les guider vers la bonne solution et pour aider les professionnels à progresser sur les nouvelles technologies, mais aussi sur la maîtrise globale de l’efficacité énergétique.

Ces vingt chantiers sont observés et analysés pour le compte du Club de l’Amélioration de l’Habitat par : Bérénice Le Fur (Suivi des propriétaires), Habitat & Développement de l’Aisne (Suivi des entreprises du bâtiment et évaluations thermiques), QSProd (Films des entretiens), SV Conseil (Analyse et communication des résultats).

 

Source : www.cah.asso.fr
Le Club de l'Amélioration de l'Habitat

 

 
 

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Dernière modification : 04/01/2008
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