Un an
après la mise en œuvre de la convention pour s 'Assurer
et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé (Aeras),
les résultats enregistrés montrent que les demandes
d'assurance ont pu être satisfaites dans une majorité de
cas et que les professionnels ont tenu leurs
engagements.
Consciente
de l’enjeu que représente l’accès au crédit dans notre
société, la FFSA* s’est engagée
dès 1991 à trouver des solutions pour améliorer les
conditions d’assurabilité des personnes séropositives.
En 2001, elle a participé activement aux travaux qui ont
abouti à une convention élargie aux personnes présentant
un risque aggravé de santé : la convention Belorgey.
Avec la convention Aeras, entrée en vigueur le 6 janvier
2007, les assureurs de la FFSA*
ont réaffirmé leur volonté d’éviter tout processus
d’exclusion de la vie sociale et économique des
personnes, du fait de leur maladie ou de leur handicap.
Les améliorations apportées par la convention
La convention Aeras met en place un dispositif
d’ensemble tendant à élargir l’accès à l’emprunt et à
l’assurance des personnes présentant un risque aggravé
de santé. Elle concerne les prêts professionnels, les
prêts immobiliers et les crédits à la consommation.
Ses principales avancées par rapport à la précédente
convention datant de 2001 sont : davantage de
transparence, la prise en compte de la couverture du
risque invalidité, une réduction des délais de
traitement des dossiers, une réaffirmation des règles de
confidentialité et un assouplissement des seuils d’âge,
de montant et de durée. De plus, un mécanisme de
mutualisation des risques géré par les assureurs et les
banquiers a été mis en place pour les prêts
professionnels et les prêts immobiliers relatifs à
l’acquisition de la résidence principale : les
cotisations d’assurance des personnes dont les revenus
ne dépassent pas des seuils prévus par la convention ne
pourront représenter plus de 1,5 point dans le taux
effectif global de l’emprunt.
Des instances de suivi opérationnelles
Trois instances de suivi ont été mises en place par la
convention. La commission de suivi et de propositions a
pour rôle de veiller à la bonne application de la
convention et au respect des engagements et de
rassembler les données statistiques transmises par les
professionnels, assureurs et banquiers, sur la mise en
œuvre de la convention. Elle peut diligenter les
enquêtes qu’elle jugerait nécessaires pour le suivi de
l’exécution de la convention. La commission des études
et de recherches, animée par le ministère de la Santé,
suit les progrès de la science et de la médecine dans le
domaine des principales pathologies entraînant un risque
aggravé de santé.
Elle est composée de représentants de l’Institut
national de la santé et de la recherche médicale
(Inserm), de l’Institut de veille sanitaire (Invs),
ainsi que d’autres organismes de recherche. Enfin, la
commission de médiation est chargée d’examiner les
réclamations individuelles et de favoriser un règlement
amiable des litiges. Ces trois commissions sont
actuellement opérationnelles.
Des résultats remarquables
En 2007, les sociétés d’assurances ont reçu près de 4,3
millions de demandes d’assurance de prêts au titre des
crédits immobiliers et professionnels. Dans environ 90 %
des cas, une proposition d’assurance a pu être faite aux
conditions standard du contrat, proposition qui a
elle-même été acceptée dans 99 % des cas par le
demandeur.
400 000 demandes, soit 9,3 % des dossiers, présentaient
un risque aggravé de santé et portaient sur les
garanties en cas de décès et de perte totale et
irréversible d’autonomie, ainsi que sur la garantie
invalidité pour 68 % d’entre elles. À ce niveau, les
assureurs ont proposé une couverture, au moins pour le
risque décès, dans 92 %des demandes présentant un risque
aggravé de santé.
Dans 1,8 % des cas, les assureurs ont transmis la
demande au pool des risques très aggravés instauré par
la convention, ce qui représente 7 279 dossiers envoyés
entre le 1er janvier 2007 et le 4 janvier 2008, soit
autant que durant toute la précédente convention de 2001
à 2006. Plus de 20 % de ces dossiers présentant les
risques les plus lourds ont fait l’objet d’une
proposition d’assurance.
Ainsi, 99,7 % des demandes d’assurance ont été
satisfaites et près de 93% de celles présentant un
risque aggravé de santé ont fait l’objet d’une
proposition d’assurance couvrant au moins le risque de
décès.
* Fédération française des
sociétés d'assurances (FFSA)