Manque de transparence dans les tarifs pratiqués et les prestations proposées : les abus commis par un petit nombre de syndics de copropriété, dénoncés dans une récente enquête journalistique, font beaucoup de tort à l’ensemble de la profession.

Toutefois, cette enquête nous apprend que l’ancienneté moyenne d’un syndic est de 12,8 années dans une copropriété : un chiffre qui vient largement nuancer une insatisfaction trop souvent généralisée et exacerbée.

De même, 104 réclamations enregistrées au 2nd semestre 2007 pour non respect des règles de gestion de la copropriété selon « le baromètre des plaintes DGCCRF » pour 7,5 millions de lots gérés par les syndics : là encore il y a lieu de relativiser le résultat de ces enquêtes qui ne font souvent qu’offrir une large tribune gratuite aux mécontents.

Dans une volonté de réconcilier les syndics avec les copropriétaires, la Fédération Nationale de l’Immobilier (FNAIM) - qui représente 12.500 professionnels dont plus de 6.000 syndics -, s’est fortement impliquée pour que soit adopté en septembre dernier un avis du Conseil National de la Consommation pour améliorer la transparence tarifaire des prestations de syndics.

La FNAIM est même allée plus loin en élaborant avec la CNAB et l’UNIT un modèle de contrat de syndic cadre, reprenant l’intégralité de l’avis émis par le CNC.

Ce contrat propose une présentation claire et détaillée des prestations à effectuer. Cette initiative a d’ailleurs été saluée par bon nombre d’associations de représentants des propriétaires et par les pouvoirs publics. L’objectif est ainsi de permettre aux copropriétaires d’avoir un outil pratique pour faciliter la comparaison, la négociation et la mise en concurrence des professionnels en totale transparence.

Seulement 8 jours après la publication de l’avis du CNC, la FNAIM engageait déjà ses adhérents à se conformer au nouveau contrat type élaboré dans le respect de ce texte. La mise en place nationale d’un tel chantier n’est forcément que progressive et suit le calendrier des assemblées générales des copropriétés. En effet, 80% de ces assemblées annuelles se tiennent sur une période allant de février à juin.

Il est donc indispensable de laisser aux syndics le temps de s’adapter. Le CNC ayant d’ailleurs donné comme date butoir le 31 décembre 2008 pour vérifier l’application de son avis.

Toute enquête réalisée avant cette date butoir est prématurée et ne reflète pas l’évolution profonde et majeure qui anime les cabinets d’administrations de biens aujourd’hui.

La machine vertueuse est en marche, laissons-lui le temps de faire son œuvre.