Le gouvernement a remis aujourd’hui aux commissions des finances de l’Assemblée nationale et du Sénat un rapport évaluant l’utilisation et l’impact économique et social des dispositions permettant à des contribuables de réduire leur impôt sur le revenu sans limitation de montant.

Christine Lagarde, ministre de l’Économie, de l’industrie et de l’emploi et Éric Woerth, ministre du Budget, des comptes publics et de la Fonction publique, rappellent que le gouvernement est déterminé, conformément aux orientations définies par le comité de modernisation des politiques publiques (CMPP) du 12 décembre 2007, à limiter les dépenses fiscales aux dispositions réellement nécessaires et pour lesquelles le recours à un dispositif fiscal, plutôt qu’à une dépense budgétaire, a fait la preuve de sa plus grande efficacité.

Le rapport remis ce jour s’inscrit pleinement dans cette démarche globale de rationalisation des dépenses fiscales. Toutefois, en application de l’article 68 de la loi de finances pour 2008, il porte non pas sur l’ensemble des dépenses fiscales existantes mais, plus spécifiquement, sur la question des « niches » fiscales non plafonnées qui, du fait de cette absence de plafonnement, posent une question d’équité fiscale.

Trois catégories de dispositifs, qui constituent les principaux avantages fiscaux non plafonnés de notre système fiscal, ont été examinées : l’imputation sur le revenu global des déficits fonciers mise en place en faveur de la restauration du patrimoine, les réductions d’impôt sur le revenu accordées en contrepartie d’investissements réalisés outremer et enfin, le régime fiscal du loueur en meublé.

Le rapport rappelle que ces dispositifs ont une réelle efficacité et permettent de financer des politiques publiques dont l’utilité pour la collectivité n’est pas contestable. Tel est le cas, notamment, des régimes d’aide à l’investissement outremer et à la rénovation du patrimoine immobilier.

Il montre également que ces dispositifs, parce qu’ils ne sont pas plafonnés, sont parfois détournés de leur finalité première et utilisés par certains contribuables pour réduire leur impôt sur le revenu dans des proportions très importantes qui apparaissent incompatibles avec les principes d’équité et de progressivité de l’impôt.

Sur la base de ces constats, le rapport formule des propositions pour aménager et plafonner chacune de ces « niches fiscales » tout en préservant leur effet économique. L’objectif de ces propositions est de rendre notre système fiscal plus équitable sans réduire les flux d’investissement orientés vers l’outremer ou vers la rénovation et la sauvegarde du patrimoine historique de notre pays.

Christine Lagarde et Éric Woerth estiment que les instruments fiscaux qui concourent aux politiques publiques doivent conserver toute leur efficacité mais ne doivent plus pouvoir être détournés à des fins d’optimisation fiscale. Sur la base des pistes étudiées dans le rapport, ils feront des propositions d’aménagement et de plafonnement de chacune des niches fiscales concernées, qui seront soumises au Parlement dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances pour 2009.

**********************************************************************

L’article 68 de la loi de finances pour 2008 prévoit que le Gouvernement remet aux commissions des finances des deux assemblées parlementaires un rapport « évaluant l’utilisation et l’impact économique et social des dispositions permettant à des contribuables de réduire leur impôt sur le revenu sans limitation de montant ».
Ce rapport doit notamment fournir des informations utiles à la mission d’information portant sur les « niches fiscales » mise en place par la commission des finances de l’Assemblée nationale. Il s’agit de mieux appréhender le mode opératoire d’instruments fiscaux par lesquels des contribuables réduisent leur impôt sur le revenu pour des montants élevés ou très élevés. Il s’agit aussi d’évaluer l’efficacité des dépenses fiscales correspondantes. Le présent rapport, établi sur la base des travaux de l’Inspection Générale des Finances, répond aux obligations du Gouvernement ainsi définies. Les débats parlementaires et le texte même de l’article 68 précité conduisent à examiner la question des dispositifs non plafonnés permettant de réduire la cotisation d’impôt sur le revenu (IR). Les impôts autres que l’IR ne sont pas concernés, non plus que les dispositifs fiscaux faisant l’objet d’un plafonnement, quel que soit l’effet de ce plafonnement. Les dispositifs non plafonnés sont en effet perçus comme étant ceux qui procurent les avantages fiscaux les plus importants. Ce rapport traite des réductions d’impôt sur le revenu accordées en contrepartie d’investissements réalisés outremer ainsi que des dispositifs d’imputation sur le revenu global des déficits fonciers mis en place en faveur de la restauration du patrimoine. Ce rapport traite enfin du régime fiscal des loueurs en meublé. L’Inspection Générale des Finances a coordonné les travaux préparatoires du présent rapport. Elle a utilisé les informations transmises par différents services de la direction générale des finances publiques et de la direction de la législation fiscale, ainsi que par les principaux ministères intéressés (culture, logement). Elle a rencontré des représentants des parties prenantes, des opérateurs et des entreprises chargés de placer les produits de défiscalisation auprès des contribuables détenteurs de capacité fiscale.

Pour consulter le rapport