Dans leur étude intitulée «
Immobilier, construction : à quand
la sortie de crise ? », les
experts économiques et les experts
métiers de l’assureur-crédit Euler
Hermes examinent les perspectives du
secteur au niveau international et
plus particulièrement en France.
L’indicateur Euler Hermes des
risques immobiliers fait ressortir
en 2008 les zones de risque
suivantes : Royaume-Uni, Irlande,
Espagne et Etats-Unis. La
construction en France subit pour sa
part une dégradation de sa
rentabilité ainsi qu’une
augmentation du nombre de ses
défaillances. (Paris, 17/04/2008)
1. L’indicateur Euler Hermes des
risques immobiliers 2008 fait
ressortir les mêmes zones de risques
qu’en 2007 : en tête le Royaume-Uni,
l’Irlande et l’Espagne suivis par
les Etats-Unis
- Le prix moyen unitaire des maisons
est très élevé en Irlande (279 000
euros) et au Royaume-Uni (274 000
euros).
- Hausse des prix : l’Irlande, le
Royaume-Uni et l’Espagne sont en
tête
Dans le cas de l’Irlande, la hausse
des prix a été vertigineuse : + 234
% entre 1996 et 2008. Elle fut
encore très forte au Royaume-Uni
(+148%) et en Espagne (118%). Alors
que les prix avaient progressé de 45
% aux Etats-Unis, ils baissent
depuis fin 2007 et cette baisse
s’est accélérée début 2008. A
l’inverse, on a observé une baisse
des prix de 18 % en Allemagne sur
toute la période.
Par ailleurs, le rapport prix /
produit intérieur brut
(correspondant au pouvoir d’achat
par habitant) met en exergue le cas
espagnol avec un taux
exceptionnellement élevé : 5,2.
Suivent le Royaume-Uni (4,4),
l’Italie (4,4) et l’Allemagne (4,3).
- Un endettement très lourd au
Royaume-Uni, en Irlande, aux
Etats-Unis et en Espagne
Un endettement nettement supérieur à
100 % du revenu disponible brut est
constaté dans les pays suivants : le
Royaume-Uni (167 %), l’Irlande (143
%), les Etats-Unis (140 %) et
l’Espagne (135 %).
- L’indicateur Euler Hermes des
risques immobiliers 2008 fait
ressortir à nouveau les mêmes zones
de risque qu’en 2007
En effet, la situation est toujours
particulièrement préoccupante avec
des indices de risque élevés au
Royaume-Uni (8,9), en Irlande (7,8)
et en Espagne (4,8). Les Etats-Unis
arrivent en 4ème position avec un
indice de risque de 1,4.
2. La construction : un poids
variable dans les économies
nationales
La contribution du secteur de la
construction au PIB tourne en
général autour de 6 % comme en
France (6%), aux Etats-Unis (5%) ou
au Royaume-Uni (7%). En revanche,
elle atteint 13 % en Espagne où 2
697 000 personnes sont employées
dans le secteur. C’est-à-dire un
million de plus qu’en France, alors
même que la population de la
péninsule -avec 45 millions de
personnes- est un tiers moins
nombreuse qu’en France.
« C’est pourquoi le secteur du
BTP en récession en Espagne présente
un facteur de ralentissement de
l’économie nettement plus manifeste
» constate Laurent Bonhoure,
conseiller sectoriel Euler Hermes
SFAC.
- Etats-Unis : après trois ans de
crise, un retour à la croissance est
prévu courant 2009
Euler Hermes SFAC souligne
l’effondrement de la construction
depuis 2006 aux Etats-Unis : entre
2005 et 2007, le nombre de mises en
chantier est passé de 2 068 100 à 1.353
800.
En outre, l’alourdissement du stock
de maisons neuves est conséquent. Le
stock de maisons en mois de vente
est passé en deux ans, de 4 à 10
mois. En conséquence, les prix des
maisons sont en baisse de 7,8 % à
fin février 2008 avec par ailleurs
une confiance des ménages américains
qui se détériore encore.
« Les crises financière,
immobilière et de la construction
neuve ont poussé les Etats-Unis en
récession. Cependant, après trois
années très difficiles, nous
prévoyons un retour à la croissance
courant 2009 avec des taux de
variation dans le secteur de la
construction à nouveau positifs »,
analyse Laurent Bonhoure.
- Espagne : entrée en crise profonde
en 2007, pas de sortie de crise
avant 2010
L’Espagne a connu un véritable boom
de la construction jusqu’à fin 2006
avec 865 561 mises en chantier cette
année là. L’Espagne avait ainsi
multiplié par quatre le nombre de
logements en construction depuis
1992, tirant parti d’un taux
exceptionnel de propriétaires de
plus de 80 %.
Après sept ans de forte hausse des
prix depuis l’an 2000 (+123%), on
assiste désormais à une
stabilisation des prix et à un
renchérissement plus rapide du coût
du crédit (93 % de taux variables).
« L’économie espagnole marque le
pas, les dépôts de bilan progressent
très vite début 2008 et le secteur
de la construction a représenté 18,8
% des défaillances en 2007. Par
ailleurs, notre filiale espagnole
Euler Hermes Credito observe une
hausse de 140 % des défaillances
dans le secteur du BTP au cours du
1er trimestre 2008. Après être
entrée dans une crise profonde en
2007, on s’attend à une baisse des
prix en 2008 et à une sortie de
crise en Espagne mais pas avant 2010
» indique Laurent Bonhoure.
- Royaume-Uni : un marché tendu par
un ralentissement de la construction
mais pas de crise
Outre Manche, l’assureur-crédit
observe un ralentissement du nombre
de logements en construction et note
que le marché anglais est plus un
marché de rénovation que de
construction. Jusqu’en 2007, le
marché est donc resté tendu mais
avec un ralentissement de la hausse
des prix. Depuis un certain nombre
d’années, la construction avait peu
progressé au Royaume-Uni, les prix
s’assagissent maintenant. Le secteur
de la construction concourra donc
peu à la décroissance de l’économie.
3. France : dégradation de la
rentabilité et augmentation des
défaillances dans la construction en
2007, sortie de crise envisagée
début 2010
- La baisse des permis annonce celle
des mises en chantier
Les raisons de fonds de cette baisse
sont connues : désindustrialisation
dans certaines zones, manque de
disponibilité de foncier abordable,
hausse des prix, hausse des taux.
Concernant les mises en chantier,
les experts d’Euler Hermes SFAC
soulignent des écarts qui vont de
-25 % à + 11% selon les
départements. L’augmentation des
mises en chantier est supérieure à
3.1% dans 25 départements. En
revanche, le pourcentage de baisse
des mises en chantier est supérieur
à 16.3 % dans 24 départements.
- Les stocks de logements ont plus
que doublé
Le chiffre des logements neufs
disponibles dépasse les 100 000 en
2007. Le nombre de logements à
vendre était très faible en 2003 et
2004 et il est vivement remonté
depuis.
« Les unités sont trop nombreuses là
où des programmes Robien ou Borloo
ont été construits sans retenue »
commente Nicolas de Buttet, arbitre
et responsable de branche
d’arbitrage Euler Hermes SFAC.
- Des taux d’intérêt plus élevés et
des crédits à l’habitat qui
décélèrent en France
L’environnement financier est
nettement moins favorable : le taux
de refus de prêt est passé de 3 à 8%
en six mois. Par ailleurs, les taux
d’intérêt moyen dépassent les 4.5 %
en ce début d’année alors qu’ils
oscillaient entre 3.4 % et 4 %
depuis fin 2003. En outre, après
avoir atteint jusqu’à 155 milliards
d’euros en 2007, les nouveaux
crédits à l’habitat connaissent une
baisse significative.
- Construction : la croissance des
coûts plus rapide que celle de
l’activité impacte la rentabilité du
secteur «
Compte tenu des tensions qui ont
perduré en 2007 sur le coût de la
main d’œuvre et dans une moindre
mesure sur le prix des matériaux,
nous prévoyons une croissance des
coûts plus élevée que celle de
l’activité. L’augmentation des coûts
de main d’œuvre en France est liée à
la pénurie de celle-ci notamment
celle de la main d’œuvre qualifiée»
constate Nicolas de Buttet.
- Croissance de 12% des défaillances
en 2007
La croissance de 22 % des impayés
dans la construction en France sur
la période avril 2007-avril 2008
permet à Euler Hermes SFAC
d’anticiper environ 13000
défaillances en 2008 dans ce
secteur. La hausse des défaillances
est également la conséquence de la
dégradation des volumes attendue à
compter du 2ème semestre 2008.
« Petite taille et jeunesse sont
les principaux facteurs de fragilité
des entreprises du bâtiment : 50 %
d’entre elles disparaissent dans les
cinq ans qui suivent leur création »,
conclut Nicolas de Buttet.
Groupe Euler Hermes
Présent dans plus de 50 pays à
travers le monde, Euler Hermes est
le numéro un mondial de
l'assurance-crédit avec une part de
marché de 36%. Sa mission est
d'aider le développement commercial
des entreprises en les assurant
contre le risque d'insolvabilité de
leurs clients, quels que soient leur
taille, leur secteur d'activité ou
leur pays d'origine. A partir de son
métier principal, l'assurance
crédit, Euler Hermes a développé une
offre complète de services pour la
gestion du poste clients des
entreprises. Sa connaissance unique
des risques, acquise grâce au suivi
de 40 millions d'entreprises à
travers le monde, permet au groupe
d'accompagner le développement
commercial de ses clients sur leur
marché domestique comme à l'export.
Membre du groupe Allianz, filiale
d'AGF, Euler Hermes affiche une
excellente solidité financière qui
lui permet d'accompagner durablement
ses clients.
Euler Hermes emploie plus de 6 000
collaborateurs à travers le monde.