L’investissement des ménages devrait
nettement diminuer
sur le reste de l’année 2008,
après avoir
stagné au premier trimestre. En
effet, l’ensemble
des indicateurs conjoncturels
est actuellement mal
orienté. Le ralentissement de
la demande de
logements,
amorcé en 2005 selon les promoteurs
immobiliers
(enquête trimestrielle de
conjoncture de
l'Insee), s’est en effet
poursuivi en 2007 et au début
de 2008.
Les
mises en chantier de logement ont
ainsi commencé à baisser à l’été
2007 et la baisse s’est accentuée en
avril 2008. Même si ces données sont
plus fragiles qu’à l’accoutumée, en
raison d’un changement de méthode de
collecte, la tendance à la baisse ne
paraît pas devoir être remise en
cause.
Le durcissement des
conditions de financement de
l’investissement logement est le
principal facteur à l’origine de ce
retournement progressif du marché.
Le taux des crédits à l’habitat
s’est en effet tout d’abord
stabilisé en 2005 et n’a quasiment
pas cessé de monter depuis début
2006. La demande des ménages en a
été freinée, et ce d’autant plus que
le niveau élevé des prix de
l’immobilier nécessite un recours
important au crédit et peut de
surcroît avoir fini par provoquer un
retournement des anticipations.
La crise financière,
en poussant les banques à devenir
plus restrictives dans l’octroi du
crédit peut avoir renforcé ce
mouvement. Le ralentissement du
pouvoir d’achat du revenu cette
année devrait également contribuer à
l’amplifier.
L’investissement en logement des
ménages reculerait
L’investissement des ménages
reculerait dès le deuxième trimestre
après avoir stagné au premier. Les
données concernant les mises en
chantier sont certes fragiles en
raison d’un changement de méthode de
collecte, mais leur recul est si
marqué que sa réalité paraît assurée
; en outre, les stocks de logements
neufs invendus ont dépassé leur pic
de 1992 et le nombre de transactions
s’est franchement affaissé depuis la
fin de 2007 ; enfin, les prix
immobiliers semblent plafonner et
les taux des crédits immobiliers ont
légèrement augmenté depuis l’été
dernier. Le retournement de
l’investissement en logement des
ménages est désormais engagé en
France, même si une incertitude
demeure quant à son ampleur.