Pour encourager les
Français à réaliser des
travaux d’amélioration
globale de la
performance énergétique
de leur habitat, le
gouvernement prévoit de
mettre en place un prêt
à 0 % dès 2009. Pour
Jean Lardin, président
de la CAPEB, ce
dispositif va dans le
bons sens : si les
particuliers hésitent
encore à se lancer dans
des travaux de
rénovation malgré les
retours sur
investissement
importants qu’ils
peuvent en attendre,
c’est en effet souvent
pour des raisons
financières. Une fois ce
frein levé, les
Eco-Artisans® seront là
pour conseiller et
orienter leurs clients
sur l’ensemble des
aspects liés à la
rénovation énergétique
de leur logement.
Interview de Jean Lardin,
président de la
Confédération de
l’Artisanat et des
Petites Entreprises du
Bâtiment (CAPEB) :
Q : En quoi
l’introduction d’un
éco-prêt à taux zéro
est-elle une solution
pertinente pour
accompagner la mise en
place du Grenelle ?
Jean Lardin : « La
CAPEB appelle de ses
vœux ce type de mesures
depuis l’origine, à
travers sa participation
aux groupes de travail
du Grenelle. Le
principal frein à la
rénovation du bâti
était, jusqu’ici,
d’ordre financier :
comment permettre aux
particuliers de prendre
en charge les travaux,
quand leur principale
préoccupation est le
pouvoir d’achat ? Même
s’ils sont de plus en
plus sensibles à la
thématique
environnementale, les
Français ne sont pas
prêts à procéder
spontanément à
l’amélioration de la
qualité énergétique de
leurs logements.
L’éco-prêt à taux zéro
permet de lever cette
barrière. »
Q : Est-ce que son
montant (30 000 €) sera
suffisant pour financer
l’ensemble des travaux ?
Jean Lardin : « Nous
avons estimé le coût de
rénovation à environ 20
000 euros par foyer.
Mais il s’agit d’une
moyenne : l’éco-prêt
devrait ainsi permettre
de traiter l’essentiel
des problèmes de
déperdition d’énergie
rencontrés dans les
logements construits
après 1980, que ce soit
pour en améliorer
l’isolation ou pour
proposer des systèmes de
chauffage basés sur
l’utilisation d’énergies
renouvelables tels que
les chauffe-eau solaires
ou les pompes à chaleur.
En revanche, pour les
bâtiments soumis aux
règlementations
thermiques antérieures,
ce montant sera sans
doute très insuffisant.
»
Q : Quelles
conséquences peut-on
attendre de la mise en
œuvre d’une telle mesure
?
Jean Lardin : « Le
premier avantage est
d’ordre environnemental
: si les 31 millions de
logements que compte
actuellement notre pays
sont rénovés dans les
prochaines années, le
bénéfice
macro-économique est
énorme, tant en termes
d’émissions de CO2 que
de d’économies
d’énergies. Mais ce type
de mesures permet
également de soutenir
l’activité économique et
de créer des emplois. On
le voit avec la TVA à
taux réduit sur les
travaux de rénovation,
qui a permis de générer
2 milliards d’€ de
travaux supplémentaires
par an et de créer près
de 53 000 postes, dont
40 000 dans le bâtiment
».
Q : Les
professionnels du
bâtiment sont-ils prêts
à accompagner cette
révolution ?
Jean Lardin : « Les
artisans sont les
conseillers privilégiés
des particuliers en
matière de rénovation de
leurs logements : nous
assurons 78 % du marché
de la rénovation chaque
année en France. Le
Grenelle ne pourra pas
se faire sans nous :
nous sommes en première
ligne pour mettre en
œuvre les « bouquets de
travaux » visés par
l’éco-prêt à taux zéro,
qu’il s’agisse de
rénover les toitures,
les huisseries,
l’isolation des murs et
des fenêtres, ou encore
d’installer des modes de
chauffage plus
écologiques. Pour
accompagner les
particuliers dans cette
révolution et répondre à
la demande de rénovation
à venir, nous lançons en
janvier 2009 le label
Eco-Artisan®, qui sera
un repère pour ceux qui
désirent bénéficier de
conseils et de
réalisations de qualité
».
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Le
magazine "Les
Echos"
semble confirmer
dans son édition
du 2 septembre
que le projet de
loi de finances
pour 2009
intègrera un
prêt à taux zéro
pour encourager
les Français à
réaliser des
travaux de
performance
énergétique dans
leur logement.
Il serait
baptisé «éco-PTZ»
et ne serait
soumis à aucune
condition de
ressources,
contrairement au
PTZ classique.
Un double
plafond de
30.000 euros en
valeur absolue
et 300 euros par
mètre carré
serait toutefois
introduit.
Comme le précise
le site
www.lesechos.fr
: "Cette
mesure phare ne
sera pas
cumulable avec
le crédit
d'impôt accordé
actuellement par
l'Etat pour
l'achat de
nouveaux
équipements
économes en
énergie. En
revanche, il
sera ouvert aux
détenteurs du
PTZ d'accession
à la propriété".
L'ensemble de ce dispositif fiscal est une des pièces maîtresses du Grenelle de l'environnement, dont la première partie du projet de loi doit être discutée à partir du 7 octobre prochain à l'Assemblée nationale. |
