Lors d’un déplacement, le 4 décembre à Douai, le président de la République a détaillé son plan de relance pour l’économie. Le chef de l’Etat a donné la priorité à l’investissement pour "soutenir l’activité d’aujourd’hui et préparer la compétitivité de demain". Montant global du plan : 26 milliards d’euros.
"La crise que nous
traversons n’est pas une
crise passagère. Cette
crise structurelle va
transformer pour
longtemps l’économie, la
société, la politique
(...). Parce que la
crise est forte, la
réponse doit être forte
(...). Notre réponse à
la crise est un effort
d’investissement massif".
Axé sur l’investissement
et les entreprises, ce
plan de relance de
l’économie d’un montant
de 26 milliards vise à
soutenir, sur les deux
ans à venir, l’emploi
dans les secteurs
cruciaux de l’automobile
et du logement.
Accélérer les
investissements publics.
Quelque 10,5 milliards
d’euros
d’investissements
supplémentaires de
l’Etat (4 milliards),
des grandes entreprises
publiques (4 milliards)
et des collectivités
locales (2,5 milliards)
vont être mobilisés pour
accélérer divers
programmes d’équipements
publics. Sont notamment
concernés les
équipements de défense,
l’université et la
recherche, la remise en
état du patrimoine de
l’Etat et les
infrastructures
routières, fluviales et
ferroviaires.
La réalisation du canal
Seine Nord Europe et la
construction de quatre
lignes de TGV sur la
période de 2010-2014
font partie de ces
investissements.
Soutenir le secteur de
l’automobile.
La prime à la casse
fixée à 300 euros pour
les particuliers qui
mettront à la casse un
véhicule de plus de 10
ans pour acheter un
véhicule neuf non
polluant passera à 1 000
euros. Elle sera étendue
aux véhicules
utilitaires légers. Coût
estimé : 200 millions
d’euros. De plus, l’Etat
s’engage à ouvrir aux
organismes de crédit une
ligne de refinancement
d’un montant de un
milliard d’euros pour
accorder des crédits aux
acheteurs.
Les constructeurs
automobiles et les
sous-traitants
bénéficieront d’un fonds
d’investissement doté de
300 millions d’euros
pour les aider à
restructurer la filière.
Renforcer les
entreprises.
L’Etat remboursera début
2009 par anticipation
leurs dettes aux
entreprises à hauteur de
11,5 milliards : le
crédit impôt recherche
normalement remboursable
sur trois ans sera
reversé en une seule
fois début 2009. Il en
sera de même pour les
crédits de TVA.
Mais le président de la
République a précisé qu’"il
n’y aura pas de
sauvetage" d’entreprise
"sans contrepartie",
"pas d’aide sans
engagement à ne pas
délocaliser".
Stimuler l’emploi.
Les entreprises de moins
de 10 salariés
bénéficieront d’une
exonération de
cotisations sociales
jusqu’à 1,6 fois le Smic
pour toute nouvelle
embauche en 2009. Le
coût estimé de cette
mesure est de 700
millions d’euros. Le
chef de l’Etat a rappelé
que l’Etat financera à
hauteur de 500 000
millions d’euros les
mesures en faveur de
l’emploi annoncées le 25
novembre à Valenciennes.
Il s’agit, entre autres,
de l’extension des
contrats de transition
professionnelle de 7 à
25 bassins d’emploi en
difficulté. Pour la
formation
professionnelle, Nicolas
Sarkozy a prévenu que
faute d’accord entre les
partenaires sociaux au
31 décembre, l’Etat
prendra ses
responsabilité et
légiférera dès le début
2009.
Investir pour le
logement.
Le chef de l’Etat a
annoncé la construction
de 70 000 logements
sociaux auxquels
s’ajoute l’achat à un
prix décoté par les
bailleurs sociaux de 30
000 logements dont les
travaux n’ont pas été
lancés faute de
certitude sur les
ventes.
Pour aider les Français
à accéder au logement,
le prêt à taux zéro sera
doublé pour l’achat dans
l’immobilier neuf. Au
total pour la période
2009-2010, 1,8 milliard
d’euros supplémentaires
seront dévolus au
logement.
Autre mesure : les
contraintes liées au
droit de l’urbanisme
seront "temporairement
et considérablement
assouplies" avec une
prorogation d’un an des
permis de construire.
Soutenir les ménages
modestes.
Le Président a annoncé
une aide spécifique pour
les familles les plus
modestes. Dans l’attente
de la mise en œuvre du
revenu de solidarité
active, l’Etat versera à
la fin mars 2009 une
prime de 200 euros à
quelque 3,8 millions de
ménages modestes. Le
coût de la mesure est
estimé à 760 millions
d’euros.
Alléger les procédures
d’appel d’offres. Le
seuil de passation des
marchés publics sera
réhaussé. Le niveau
d’exemption totale de
procédure sera remonté
de 4 000 à 20 000 euros.
Ce plan de relance de
l’économie sera conduit
dans un programme dédié
avec un budget
spécifique, et un
ministre sera chargé
d’en suivre la mise en
œuvre.
