Le Plan climat de la ville de Paris prévoit d’agir à la fois sur l’habitat et les équipements publics. Avec les transports, les bâtiments constituent en effet un des principaux émetteurs de gaz à effet de serre. Atteindre les objectifs du Plan Climat parisien suppose une profonde mutation dans tous les domaines de la politique municipale, des transports à l’urbanisme, de l’innovation au logement. Mais l’enjeu est aussi de trouver l’équilibre entre l’incitation et la contrainte.

Fin 2009, les bailleurs sociaux auront réalisé un diagnostic énergétique de leur patrimoine et engagé une programmation de travaux à réaliser afin d’atteindre l’objectif de 55.000 logements réhabilités d’ici 2020. Cela permettra d’améliorer les performances énergétiques des immeubles mais aussi de réduire les charges locatives. 4.400 logements sont concernés en 2009 et 4.500 le seront chaque année pour atteindre les objectifs du Plan climat, avec un cofinancement de la Ville d’environ 40 %.

En outre, près de 4.000 logements sociaux financés en 2009, et relevant de constructions neuves ou d’acquisitions/réhabilitations lourdes, respectent les objectifs du Plan climat, soit 60 % du total, en attendant une généralisation des normes Plan climat à l’ensemble du parc neuf en 2011.

Par ailleurs, l’habitat parisien est composé pour l’essentiel d’immeubles collectifs privés, en copropriété. Pour la rénovation thermique de ces 100 000 immeubles privés, la Ville exerce un important rôle d’incitation, d’accompagnement et de partenariat avec les organisations de syndics et de copropriétaires pour l’engagement de travaux d’économies d’énergie. Ainsi, dans le cadre du dispositif  "Copropriétés Objectif Climat", les copropriétés qui s’adressent aux Espaces Info Energie peuvent voir le diagnostic énergétique de l'immeuble subventionné à 70 % par la Ville, la Région et l’ADEME.

De plus, un nouveau dispositif d’Opérations Programmées d’Amélioration Thermique des Bâtiments est actuellement testé à grande échelle dans le 13ème arrondissement, où la Ville prend intégralement en charge le coût des diagnostics énergétiques de 280 immeubles. L’étude sur la mise en place d’un dispositif d’Opération Programmée d’Amélioration « Développement Durable » intégrant un volet thermique, sera lancée dans les prochains mois sur le quartier République à l’interface des 3ème, 10ème et 11ème arrondissements.

Au-delà de l’accompagnement sur les diagnostics, il est important de développer des dispositifs d’aide au financement des travaux, dont le coût peut constituer dans certains cas un obstacle aux décisions des assemblées générales de copropriétaires. La Ville s’est d’ores et déjà engagée à bonifier les aides de l’ANAH pour les propriétaires modestes s’engageant dans des travaux d’économie d’énergie. Par ailleurs, en fonction des dispositions concrètes qui seront finalement votées par le Parlement dans le cadre des Lois Grenelle II un décalage certain pouvant apparaître entre les effets d’annonce du Gouvernement et la réalité des faits, la Municipalité étudiera un dispositif financier complémentaire pour aider les copropriétés à réaliser des travaux d’économie d’énergie.

Enfin, pour aider à identifier les sources de gaspillage, la Ville a engagé avec l’APUR, une thermographie aérienne de Paris. Chacun pourra ainsi visualiser les fuites thermiques de son immeuble et avoir une idée des travaux qui pourraient être les plus efficaces. Les premiers résultats ont été présentés aux Journées parisiennes de l’énergie et du climat. L’étude complète sera achevée en 2010 et consultable sur le site paris.fr.