C’est ce que confirme un sondage FNAIM-IFOP,
la majorité des Français envisage une
stabilité des prix au cours des prochains
mois (56%), certains n’excluant pas de
nouvelles hausses (28%). Cette tendance est
confirmée par les professionnels eux-mêmes :
interrogés en agence, 62% d’entre eux
anticipent une stabilité des prix au cours
des six prochains mois et 11% de nouvelles
hausses.
Grâce aux acquis de baisses enregistrés
depuis 2008 (les prix des appartements et
des maisons ont retrouvé leurs niveaux
observés fin 2005) et aux conditions de
crédit extrêmement favorables (les taux ont
à nouveau atteint leur plancher historique),
la bonne tenue de la solvabilité des ménages
constitue sans aucun doute le principal
facteur de résistance à la baisse des prix.
Par ailleurs, les « pluri-accédants » tirent
désormais profit des hausses de prix
acquises. Étant capables de mobiliser un
apport personnel élevé, ils peuvent faire
face aux niveaux actuels des prix. Ainsi,
par exemple, le produit de la revente d’un
logement acquis en 2000 leur permet,
aujourd’hui, de constituer un apport
personnel de l’ordre 75% dans le cadre du
financement d’une opération similaire.
Une reprise de l’activité qui peine à se
confirmer
Pour autant, les facteurs de blocage du
marché sont encore nombreux. Après deux
années de repli et en dépit d’un léger
sursaut observé depuis fin 2009, le
volume d’activité s’établit toujours à un
niveau inférieur de -25% par rapport aux
années 2001-2007.
Le rebond du marché a du mal à se confirmer
: 48% des professionnels sondés sur la
perception de l’activité se déclarent non
satisfaits (et respectivement 45% et 7%
assez ou très satisfaits). La clientèle
n’est toujours pas plus au rendez-vous : les
deux tiers des professionnels déclarent que
le nombre de visites en agence ou de
contacts Internet a diminué (un tiers) ou
est resté stable (un tiers). Au total, un
professionnel sur deux est pessimiste quant
à la bonne tenue du marché et seulement 28%
anticipent une activité plus dynamique d’ici
la fin 2010-début 2011, c’est notamment le
cas sur le marché francilien.
En Île-de-France, et plus
particulièrement à Paris, les évolutions
sont singulières. La pression de la demande,
supérieure à l’offre, ravive les tensions
sur les prix : +3.5% sur un an en
Île-de-France et +4.5% en moyenne annuelle à
Paris (et même +6.8% entre le 1er
semestre 2010 et le 1er semestre 2009). Les
intentions d’achat liées à la baisse des
prix se sont multipliées, c’est vrai, mais
les propriétaires restent réticents à vendre
leur bien dans le contexte actuel, par
craintes liées aux prêts relais ou de peur
de ne pas vendre ou pas au meilleur prix. Et
cela, même si la plupart des transactions se
réalisent en majorité (70%) dans un délai
inférieur à six mois…
En province, à l’inverse, l’offre est
excédentaire. Selon les professionnels,
la demande est pénalisée par des niveaux de
prix jugés trop élevés (dans 76% des cas) et
les revenus des acheteurs potentiels ne leur
permettent pas d’accéder à la propriété
(dans 59% des cas). Ce constat est à
relativiser compte tenu des capacités
d’emprunt élevées appréciées au niveau
macro-économique (+40% à mensualité
constante entre 2000 et 2010). Mais il
illustre tout de même les difficultés
rencontrées par la clientèle, et notamment
par les primo-accédants. Ces derniers
constituent en effet seulement un tiers de
la clientèle des professionnels.
Quelles perspectives pour
les prochains mois ?
A la mi-année 2010, le redémarrage attendu
de l’activité semble céder la place au
renforcement de déséquilibres structurels :
la primo-accession recule et de nouvelles
hausses des prix apparaissent sur les zones
tendues, entretenues par une demande
excédentaire (et non par des comportements
spéculatifs).
Il est certain que le marché de l’ancien
ne retrouvera pas plus de fluidité avant
plusieurs mois. Au préalable, les
ménages devront retrouver confiance dans la
pierre et prendre conscience qu’il leur est
possible de réaliser un projet immobilier, à
l’image des 150 000 accédants qui ont
bénéficié d’un prêt à taux zéro dans
l’ancien l’an passé !
Dans un contexte économique toujours dégradé
(taux de croissance faible, pression du
chômage, gonflement du poids des déficits
publics, faible progression anticipée du
pouvoir d’achat, nouvelle rechute des
marchés boursiers), l’immobilier, valeur
refuge, peut retrouver ses lettres de
noblesse. Et cela, grâce à un nouveau coup
de pouce des pouvoirs publics, comme ce fut
le cas en 1998 avec la baisse des droits de
mutation qui a accompagné le redémarrage de
l’activité, ou encore en 2007, avec la
déduction des intérêts d’emprunts qui a
redonné confiance au marché, alors que
beaucoup s’accordaient à dire qu’il était à
l’aube d’un retournement brutal.

