La mission a recueilli des informations statistiques provenant de diverses sources qui donnent des chiffres de taux de pannes allant de un à trois. Outre les difficultés pour obtenir ces informations auprès des opérateurs et les différences de méthodologie de comptage, cela prouve l’absolue nécessité d’obtenir des comptages exacts en temps réel et sur des bases fiables. A cet égard les boites noires (télésurveillance), si elles sont généralisées pourront être utiles. La mission n’a pu obtenir aucun chiffre des représentants de syndics ou des ascensoristes concernant le secteur privé. Ce qui signifie que les milliers de petits propriétaires qui payent les contrats et les mises aux normes ont de grandes difficultés à obtenir des informations et sont laissés sans contrôle efficient de l’activité des ascensoristes. La mission souhaite que les services de l’Etat rendent publique une action de contrôle des ascensoristes alors que le marché de la mise aux normes représente 7 milliards d’euros.
L’insuffisance de la maintenance préventive
et corrective serait la véritable
cause des pannes d’ascenseurs.
Les deux principaux syndicats de techniciens
d’ascenseurs, CGT et CFDT, déclarent que les
techniciens ne veulent plus supporter les
conséquences pénales de la politique de
leurs sociétés et dénoncent les pratiques de
leurs employeurs, affirmant que la
maintenance préventive des ascenseurs n’est
pas bien assurée. La responsabilité finale
incombe aux entreprises ascensoristes qui,
en surchargeant les techniciens
d’entretien (parfois plus de 160 appareils à
suivre par technicien), ne leur permet pas
d’effectuer correctement leur travail.
L’entretien ne remplit alors plus son rôle
qui est d’empêcher l’usure prématurée des
appareils. Toutefois la société Koné précise
les chiffres de 73 ascenseurs suivis par
agent en moyenne et 65 dans le parc social.
Les contrats de maintenance ne sont pas assez précis sur les points à vérifier en maintenance. Le prix de certains contrats de maintenance sont descendus à 800 €, un tarif qui ne permet pas d'assurer correctement la maintenance des appareils. La mission constate que les prix varient dans des proportions importantes avec des excès dans les deux sens, surcoûts ou coûts trop faibles.
Les visites de maintenance ne sont pas assez approfondies, du fait de la qualification insuffisante de l’intervenant et du nombre trop important d’ascenseurs à entretenir par technicien (130 contre 60 il y a 20 ans). Le non-respect des clauses du contrat : visites périodiques non réalisées ou mal réalisées pannes répétitives après le passage d’un technicien se multiplient. De nombreux intervenants ont précisé à la mission que les dispositifs de télésurveillance, en particulier dans le domaine social pourrait permettre aux gestionnaires de mieux suivre la réactivité et la qualité des interventions des ascensoristes. L’intervention pour dépannage, quand à elle, se réduit souvent à la seule remise en service sans analyse sérieuse des pannes, ni traitement de son origine (insuffisance de la maintenance corrective). Ainsi, les témoignages laissés par les usagers sur Ascenseurs-paris.fr illustrent-ils cette répétition de pannes, toutes les semaines ou tous les jours voir dans la même journée, parfois quelques heures après le passage du technicien. La mission estime que seul l’entretien régulier et systématique peut apporter une réponse efficace aux défauts de fonctionnement qui perdurent
La mission a relevé un certain nombre d’abus en ce qui concerne les travaux de mise en conformité :
- La pression des ascensoristes qui proposent des solutions techniques coûteuses ou complexes ou non obligatoires alors que des solutions moins coûteuses et suffisantes existent pour satisfaire aux obligations de mise en conformité aux normes légales ;
- beaucoup de travaux proposés ne sont ni obligatoires, ni utiles ;
- les prix des devis sont élevés et ne sont pas détaillés, ce qui empêche les contrôles ;
- les délais de réalisation des travaux sont excessivement longs ;
- les solutions techniques proposées pour les mises en conformité proposées par les ascensoristes sont souvent les plus complexes et les plus coûteuses.
La mission propose des solutions innovantes et volontaristes :
- Il est demandé que soit mandatée une Inspection sur l’état du parc des ascenseurs en France, en IDF et à Paris en particulier;
- la publication d’une liste de recommandations à l’intention des ascensoristes parisiens : détailler les devis poste par poste, distinguer dans les devis les dispositifs obligatoires des mesures optionnelles, proposer une fiche standard de comparaison des devis;
-
publication d’un guide de l’ascenseur
sur ascenseurs-paris.fr informant
les copropriétaires et les locataires; - proposer de meilleurs services rendus aux locataires du parc social et des moyens renforcés au sein des bailleurs sociaux;
- des enjeux pour le parc privé : inciter les syndics à obtenir au moins trois devis lors de la mise en concurrence des entreprises, demander à l’Etat de mettre en place un prêt bonifié à destination des copropriétés pour la mise aux normes des ascenseurs;
- des emplois à pourvoir chez les ascensoristes : Veiller à offrir suffisamment de places dans les filières de formation existantes.

