"Antennes relais - la polémique"
Vendredi 5 juillet 2002, l'Association
PRIARTéM a remis au Premier Ministre, Monsieur Jean-Paul Raffarin, un recours
gracieux contre un décret n° 2002-775 du 3 mai 2002, relatif aux valeurs limites
d'exposition du public aux champs électromagnétiques émis par les équipements
utilisés dans les réseaux de télécommunications ou par les installations
radio-électriques.
Le décret attaqué a été signé dans l'urgence, le 3 mai 2002, soit à deux jours
du second tour des élections présidentielles, par un
gouvernement sur le départ. Il vise à permettre aux opérateurs de choisir les
lieux d'implantation de leurs installations en fonction de leurs seules
préoccupations économiques et financières au mépris des conditions de vie et de
santé des riverains.
L'association PRIARTéM demande au Premier Ministre de retirer ce décret
pour les motifs suivants :
un
détournement de procédure : ce décret se situe dans la logique d'une
ordonnance du 26 juillet 2001, prise en application d'une loi d'habilitation
du 3 janvier 2001 qui autorisait le gouvernement à transcrire une série de
directives européennes dans le droit français. Or le décret transcrit, de
fait, une recommandation européenne, du 12 juillet 1999 relative à la
limitation de l'exposition du public aux champs électromagnétiques qui fixe
des valeurs limites d'exposition extrêmement élevées – 41 V/m et 58 V/m - non
susceptibles d'assurer la protection des riverains. Le décret donne donc ainsi
valeur réglementaire à ce qui n'avait, en droit européen, que la seule valeur
de recommandation, laquelle recommandation se trouvait en concurrence avec un
rapport parlementaire qui lui prônait des valeurs-limites d'exposition
nettement plus basses, 1 V/m. Par le biais de cette procédure réglementaire,
le gouvernement s'est octroyé le pouvoir de légiférer dans un domaine qui
touche à la santé publique sous couvert de transcription d'une directive qui
touche exclusivement à des domaines techniques et commerciaux.
La violation
de la directive européenne 89/336/CEE qui réglemente le champ de la
compatibilité électromagnétique, transcrite dans le droit français par un
décret n°92-587. Cette législation vise à faire en sorte que les appareils
électriques et électroniques puissent fonctionner correctement sans provoquer
de perturbations sur le fonctionnement des appareils avoisinants. Ainsi, par
exemple, le fonctionnement d'un stimulateur cardiaque soumis à un champ
électromagnétique supérieur à 3 V/m pourrait se trouver profondément perturbé,
mettant en danger la vie de son porteur.
La méconnaissance du principe de précaution : reprenant les valeurs limites fixées par la recommandation européenne en fonction des seuls effets thermiques, le décret néglige complètement les effets athermiques de ces rayonnements. Or, il existe un consensus scientifique sur l'existence des effets athermiques ou spécifiques. Là où il y a débat, au sein de la communauté scientifique, c'est sur le lien entre effets biologiques et effets pathologiques. Les arguments avancés dans ce débat nécessitent l'application du principe de précaution ce que nie totalement ce décret.
L'association PRIARTéM attend du 1er Ministre qu'il retire purement et simplement ce décret. Ce dossier est suffisamment important pour nécessiter un réel débat parlementaire.
Décret n° 2002-775 du 3 mai 2002 pris en application du 12o de l'article L. 32 du code des postes et télécommunications et relatif aux valeurs limites d'exposition du public aux champs électromagnétiques émis par les équipements utilisés dans les réseaux de télécommunication ou par les installations radioélectriques
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Source : PRIARTEM
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