Observatoire de la qualité de l'air intérieur
premier rapport (22 mars 2002)

Mieux connaître la pollution, ses dangers et rechercher des solutions adaptées

Le temps que nous passons, les uns, les autres à l'intérieur des bâtiments, et les risques liés au confinement de certains locaux et à nos modes de vie nécessitent de compléter les dispositifs de surveillance mis en place jusqu'ici sur la qualité de l'air extérieur, par un observatoire dédié à la surveillance de l'air intérieur des locaux.

L'observatoire de la qualité de l'air intérieur a été lancé le 10 juillet 2001 par Marie-Noêlle Lienemann. Andrée Buchmann et Bernard Festy ont été nommés respectivement présidente du conseil de surveillance, organe exécutif de l'Observatoire, et président du conseil scientifique. Cet observatoire est chargé de mettre en oeuvre à l'échelle nationale un dispositif permanent de collecte de données sur les polluants de l'air dan les différents lieux de vie (logements, bureaux, écoles, transports...) et les caractéristiques de l'exposition de la population. Il organise des campagnes nationales de mesures et de collecte d'informations à raison de 800 lieux de vie par an.

La première campagne d'enquête a été réalisée dans des logements et des écoles, afin de recueillir des données sur les polluants chimiques, physiques et microbiologiques ainsi que sur les niveaux de température et d'humidité ambiants. Une enquête pilote a été réalisée en 2001, sur 90 logements et 9 écoles dans une partie de la région Nord Pas de Calais, de la Communauté Urbaine de Strasbourg et de la région d'Aix-Marseille. Pour 2002, l'Observatoire de la Qualité de l'Air Intérieur dispose d'un budget de 23 millions de Francs.

Les premières conclusions :

Pour les 90 logements étudiés (272 personnes)

- Les logements enquêtés étaient tous des résidences principales (avec 69 % d’immeubles collectifs) dans lesquelles les travaux de rénovation étaient plutôt fréquents (60% des logements). Des disparités importantes apparaissent sur les renouvellements d’air calculés dans les chambres, ¾ d’entre elles étant décrites comme faisant l’objet d’une aération journalière (1h par jour). La présence d’humidité sous forme d’infiltration d’eau, de dégât des eaux ou de traces d’humidité a été observée dans plusieurs logements (17, 8 et 30 des logements respectivement) avec 57% des traces d’humidité observées dans les chambres.

- Les ménages étudiés comportaient au total 272 personnes de 0 à 85 ans (dont 40% de fumeurs) avec 88 % d’actifs, 12% de chômeurs et 28% de propriétaires. 55% des ménages étaient en possession d’animaux domestiques. Un ménage sur deux se plaignait de nuisances sonores et 47% de gênes occasionnées par les odeurs extérieures. Le temps de présence moyen passé à l’intérieur du logement était de 14h (de 11h à 15h selon la région).

- Les pollutions sont majoritairement endogènes notamment en ce qui concerne les substances chimiques volatiles dans les logements.

- Trois substances chimiques cancérogènes avérés (benzène) ou probables (trichloroéthylène et tétrachloroéthylène) sont mesurées avec des ratios moyens de concentration entre l’intérieur et l’extérieur (Cint/Cext) de l’ordre de 1.5. Par ailleurs toutes les concentrations les plus élevées sont mesurées à l’intérieur.

- Les paramètres microbiologiques (allergènes d’animaux et d’acariens, moisissures) montrent des niveaux variables avec des écarts entre les sites.

Pour les 9 écoles étudiées

- Le formaldéhyde est présent dans toutes les classes des écoles.

- Sauf exception les substances chimiques volatiles sont peu présentes avec des concentrations cependant plus élevées à l’intérieur qu’à l’extérieur.

- Il n’y a pas de différence marquée entre l’extérieur et l’intérieur pour les concentrations en fibres minérales artificielles.

Pour l’ensemble

- Il existe une spécificité de la pollution intérieure par rapport à l’extérieur qui s’exprime en particulier par la présence de substances spécifiques et par des concentrations plus importantes à l’intérieur.

- Ces données sont globalement cohérentes avec les données de la littérature scientifique.

- La puissance statistique est insuffisante pour mettre en relation les paramètres avec les déterminants (ce qui était prévu, l’étude pleine échelle sera plus productive sur ce point).

- Les données non encore traitées, notamment celles mesurées en continu (CO, CO2, T, H) constituent un gisement majeur d’information encore à peine exploité.

Pour en savoir plus :