«Un immeuble de la Villa des Ternes, à Paris, menacé de démolition»
La Cour de
cassation a cassé mercredi un arrêt de la Cour d'appel de Paris qui avait
refusé d'ordonner la démolition d'un immeuble récemment construit dans la
Villa des Ternes (17ème), une zone protégée constituée de maisons
individuelles, apprend-on vendredi auprès de la Cour.
Le
bâtiment édifié 7 et 9 avenue de Verzy a été construit selon un permis de
construire du 13 novembre 1989 qui a été annulé par le Tribunal administratif
le 21 janvier 1991, jugement définitivement confirmé par le Conseil d'Etat.
La
mairie de Paris, du fait de l'aspect des façades et du volume, qui portait
"atteinte au caractère des lieux avoisinants", a refusé ensuite de régulariser
le permis, suivant l'avis de l'architecte des bâtiments de France.
Un
voisin, Roger Christa, a alors demandé la démolition sous astreinte de 10.000
francs par jour, et la condamnation de ses propriétaires, Mme Colette Rousselot
et la SCI Soverzy, à lui payer 670.800 francs (102.260 EUR) de dommages-intérêts.
La
Cour d'appel de Paris a rejeté cette demande le 27 janvier 1999 en jugeant que
les règles du plan d'occupation des sols, protégeant le caractère de la Villa
des Ternes, étaient insuffisamment précises pour être appliquées et entraîner
la démolition.
La
3ème chambre civile de la Cour de cassation a cassé cet arrêt en considérant
que la Cour d'appel avait mal interprété l'article R.111.21 du code de
l'urbanisme qui prévoit la protection des sites particuliers, et elle a rappelé
que l'annulation d'un permis de construire pour inobservation de ces règles de
protection pouvait justifier la démolition.
Le dossier sera rejugé par la Cour d'appel de Versailles qui, au vu de cet arrêt, pourrait ordonner la démolition.
(Source AFP 30/3/2001)