DÉGÂT DES EAUX
Prévention, assurance et indemnisation

 

Le dégât des eaux est normalement couvert par toutes les multirisques-habitation.

Vérifiez tout de même que c'est bien le cas avant de souscrire votre contrat, car c'est un sinistre fréquent (de 500 000 à un million de cas chaque année en France). La notion de dégât des eaux n'est pas extensible aux autres liquides.

Le dégât des eaux peut avoir de multiples origines, de la fenêtre laissée ouverte jusqu'à la rupture de canalisation. Il peut toucher les biens mobiliers ou immobiliers, et met souvent en cause deux logements ou plus : une inondation chez l'un se transforme en plafond trempé chez l'autre.

PREVENTION


ASSURANCE

Les exclusions

Tous les dégâts des eaux ne sont pas garantis par les contrats d'assurance. Notamment, le ruissellement à l'intérieur d'un logement d'eaux "venant du sol" n'est généralement pas garanti. La loi oblige néanmoins l'assureur à intervenir dans le cas de ruissellement dû à une catastrophe naturelle (crue...). De même, certains assureurs ne remboursent pas les dégâts dus à un "défaut de réparation" ou "défaut d'entretien caractérisé et connu de l'assuré".
Il vous faut donc impérativement lire ou relire le paragraphe "exclusions de la garantie" du chapitre "dommage aux biens " de votre contrat.

La malfaçon

Un dégât des eaux peut avoir une malfaçon pour origine, ou facteur aggravant. Dans ce cas, le lésé est indemnisé par sa compagnie, qui demandera ensuite à l'entrepreneur de remettre aux normes l'installation défectueuse, au titre de la garantie "recours-protection juridique" (si toutefois elle a été souscrite). En effet, l'assureur ne rembourse jamais la réparation de la cause du sinistre, qui incombe à l'assuré. Mais, dans ce cas de malfaçon, l'assuré n'a pas lui non plus à assumer l'incompétence de l'entrepreneur. Il se retourne donc contre lui, aidé de son assureur. Si l'entrepreneur refuse d'agir, l'assuré devra, avant d'entreprendre lui-même les travaux, faire constater la malfaçon par un expert judiciaire. Dans ce cas, et dans ce cas seulement, le recours contre l'entrepreneur pourra se poursuivre. L'intervention de l'expert judiciaire (à ne pas confondre avec expert d'assurances) peut éventuellement, selon le contrat souscrit, être remboursée à l'assuré.

Qui rembourse ?

Si vous êtes victime d'un dégât des eaux, vous serez indemnisé, quel que soit le responsable, à condition que la cause du sinistre soit garantie par votre contrat. Exemple : certains assureurs ne garantissent pas les dégâts des eaux dus à une fenêtre laissée ouverte.
Nous vous incitons une nouvelle fois à relire le paragraphe "exclusions de garantie" du chapitre "dommage aux biens" de votre contrat.

EN CAS DE SINISTRE

Les premières mesures à prendre

Le constat amiable

Dégâts matériels et immatériels

Un dégât des eaux produit en général des dégâts matériels (au mobilier ou à l'immobilier), et parfois des dégâts immatériels (pertes de revenu, pertes de jouissance). Ces deux types de dégâts sont comptabilisés séparément.
Exemple : si une pièce est rendue inhabitable pendant la durée des travaux réparant le dégât, certains assureurs calculent la valeur locative de la pièce au prorata du loyer total et de la durée d'inoccupation, et indemnisent l'assuré du montant ainsi obtenu.
En plus des dégâts matériels proprement dits, l'assureur rembourse également les frais occasionnés par le dégât, à l'exclusion de la remise en état du matériel ou de l'installation qui a causé le sinistre. Sont notamment pris en charge les frais de recherche des fuites, d'assèchement, de déplacement des meubles, et de nettoyage. Certains contrats remboursent l'excédent de facture d'eau occasionné par la rupture d'une canalisation.

Plus ou moins de 1600 € de dégâts ?

Les sinistres occasionnant moins de 10 000 francs (ou 1 600 € à partir du 17 février 2002) de dégâts matériels (ou moins de 5 000 francs de dégâts immatériels) entrent dans le champ d'une convention passée entre les compagnies d'assurance exerçant en France, dite Cidre, qui raccourcit les délais d'indemnisation.
Pour les sinistres qui n'entrent pas dans ce cadre, le processus de remboursement peut être assez long. En effet, les textes veulent que la réunion contradictoire des experts ait lieu au moins 21 jours après la date de lancement des invitations à cette réunion. Ce délai est destiné à permettre au destinataire de la convocation d'organiser sa participation.

Le rôle de l'expert

L'expertise est systématique en cas de dégât des eaux supérieur à 1600 €. L'expert relate les causes et conséquences du dégât, chiffre le dommage, et propose un montant d'indemnisation. A charge ensuite au gestionnaire de la compagnie d'assurances de déterminer les responsabilités, fixer le montant de l'indemnisation, et régler le sinistre.
L'expert est payé par celui qui le commandite, en général l'assureur du lésé.

Les litiges

Si l'assuré s'estime floué par sa compagnie d'assurances, il peut demander une expertise contradictoire (à ses frais ou non selon le contrat souscrit). En général, cette action est sans effet : les experts ne se contredisent que rarement. Elle peut toutefois aboutir à un compromis acceptable pour les deux parties. Si néanmoins le litige persiste, l'assuré devra engager une action en justice, longue, coûteuse, et sans garantie de résultat.

Les travaux

L'indemnisation d'un dégât des eaux peut se faire en valeur à neuf des biens endommagés, si votre contrat le garantit. Sinon, un coefficient de vétusté est appliqué. La clause "expert de l'assuré" permet à un assuré de se faire assister d'un expert contradictoire lors de l'examen du dégât.
Les travaux sont effectués après accord de l'assureur sur le devis.

La franchise

Le dégât des eaux entrant dans le cadre de la convention Cidre n'entraîne pas de paiement de franchise.

 

Dossier réalisé par la M.A.I.F. 
Assurance de biens et de responsabilité - Assurance de personnes - Assurance vie.

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