COPROPRIÉTÉS EN DIFFICULTÉ
Conseil économique et social
 Frédérique RASTOLL

Le régime juridique des immeubles en copropriété est défini par la loi du 10 juillet 1965. Il induit un mode d’habitat et de gestion dans lequel sont partagées parties privatives et parties communes.

Les difficultés que peuvent éprouver certains propriétaires ou locataires se répercutent sur l’ensemble de la copropriété, mais aussi sur les quartiers. C’est la gravité de certaines situations qui a conduit les pouvoirs publics à agir sur ce parc privé.

Tardive, puisqu’elle n’a débuté que dans les années quatre-vingt-dix, cette intervention qui a porté dans un premier temps sur les copropriétés en difficulté s’est étendue en 2000 aux copropriétés dégradées. Le Conseil économique et social conscient que nombre de copropriétés fragiles risquent, faute d’intervention rapide, de basculer dans les difficultés et la dégradation formule les préconisations suivantes qui privilégient les mesures préventives sur un parc reconnu, élément important de la politique de logement du pays.

Améliorer la connaissance du parc : mieux connaître pour mieux agir en réformant et adaptant l’appareil statistique ;

Mettre au point un système de veille et d’alerte.

Le syndic, le conseil syndical, les copropriétaires doivent pouvoir, à partir de diagnostics de gestion, donner l’alerte en cas de difficulté à un service municipal clairement identifié.

Passer à une gestion responsable et dynamique et pour ce faire :

Conforter les aides aux travaux. Le carnet d’entretien prévu par la loi SRU devrait permettre d’élaborer un programme de travaux pour maintenir en état le patrimoine. Il devrait aussi donner des informations sur la nature et la date des travaux réalisés, sur la durée de vie des équipements ainsi que sur les actions juridiques en cours.

Diffuser les modes d’intervention ayant apporté la preuve de leur efficacité.

Mieux informer les accédants à la propriété et les copropriétaires. La consultation préalable d’une agence départementale pour l’information sur le logement (ADIL) devrait limiter le nombre d’accédants mal informés sur le montant des remboursements, le mode de fonctionnement et le coût des charges de copropriété.

Donner toute son efficacité à la première intervention publique sur une copropriété en difficulté. La situation de difficulté étant reconnue par le juge, celui-ci désigne un administrateur provisoire. L’efficacité de l’intervention sera accrue si :

Engager une réflexion à moyen terme en insérant la question des copropriétés en difficulté dans un ensemble politique plus large : politique du logement, politique sociale, politique d’accueil des étrangers. L’interministéralité du ministère de la ville devrait faciliter cette démarche.

 

FREDERIQUE RASTOLL
depuis 1999, Membre du CES

Présidente du groupe des Français établis hors de France, de l'épargne et du logement,
Membre de la section du cadre de vie,
Membre de la délégation aux droits des femmes et à l'égalité des chances entre hommes et femmes.

de 1989 à 1997
Présidence de la Confédération générale du logement (Association nationale de défense des locataires et des propriétaires occupants).

de 1997 à 1999
Conseillère technique chargée des rapports locatifs et du logement social au cabinet de M. Louis Besson, secrétaire d'État au logement.

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