Les aides des collectivités
locales en faveur du logement des particuliers
Anil, Habitat Actualité, mai 2003
(Avec le concours de l'Observatoire des Pratiques du Conseil National de
l'Habitat)
Bien que le
logement reste de la compétence de l'Etat, la plupart des départements,
quatre-vingt-treize pour être précis, accordent des aides aux particuliers pour
leur logement. S'y ajoutent les aides des autres collectivités territoriales,
les régions d'une part, les communes et les établissements publics de
coopération intercommunale (EPCI) d'autre part.
Une intervention tournée vers des publics spécifiques et vers les zones
rurales
Pour l'essentiel, ces aides sont destinées à des publics ciblés et fragiles,
personnes âgées, démunis -titulaires ou non du RMI-, handicapés, ou à des
catégories de la population éprouvant des difficultés particulières à se loger
comme les jeunes agriculteurs.
Les opérations concernées sont majoritairement situées en zone rurale.
Il s'agit le plus souvent d'aides à l'amélioration, à l'accessibilité, aux
économies d'énergie, au maintien à domicile ou à la décohabitation. Très
souvent, ces aides sont attribuées en complément des subventions de l'Agence
Nationale pour l'Amélioration de l'Habitat (ANAH) dans le cadre des diverses
Opérations Publiques d'Amélioration de l'Habitat (OPAH). Or, les subventions de
l'ANAH connaissent une extension de leur champ d'action, ce qui implique la même
extension pour les aides des collectivités qui leur sont adossées.
Certains dispositifs sont tournés vers les propriétaires-bailleurs qui logent
des ménages démunis ou réhabilitent des logements vacants pour le faire.
Une assez grande inertie
L'introduction du prêt à 0 % avait encouragé un recentrage des aides, en
réduisant le nombre d'interventions tournées vers l'accession à la propriété :
tendait alors à prévaloir une logique de l'offre. Il y a quatre ans, nous
constations cependant une diversification, avec des aides apportées aux
accédants de la part des départements. Par l'extension de notre champ d'étude
aux autres collectivités locales, nous constatons désormais que ces dernières
pratiquent également l'aide aux accédants. Les aides prennent principalement la
forme de prime ou de prêt à taux préférentiel, plus rarement de bonification ou
de garantie. Elles s'inscrivent dans une logique de la demande, avec un
caractère social (plafond de revenus, prise en compte du bâti existant, etc…).
Or, force est de constater cette année que le nombre de ces aides demeure malgré
tout assez peu élevé.
Les évolutions du marché du logement et de son environnement sont assez
lentement prises en compte ; un bon exemple est offert par la baisse des taux :
quelques collectivités territoriales continuent d'afficher parmi leurs
interventions des prêts, de très petits montants, à des taux égaux ou proches de
ceux du marché. L'avantage relatif pour le particulier est extrêmement modique
et, en tout état de cause, sans relation avec le coût global, frais de gestion
compris, des systèmes mis en place ; il est probable que ce type d'aide est
rarement sollicité. Les primes et les prêts sont le plus souvent distribués par
le canal d'organismes ad-hoc ; lorsque les départements sont en cause, ils
passent par le truchement d'établissements de crédit particuliers.
Une base juridique incertaine
La question de la légalité de certaines de ces interventions se pose et la
jurisprudence, dans ce domaine, n'est pas encore parfaitement stabilisée. Le
droit pour une collectivité d'accorder, à un particulier, une aide, non
explicitement prévue par la loi est contesté. Le fait de recourir à un organisme
ad-hoc ne constitue en rien une réponse satisfaisante, surtout si les règles
d'intervention de cette association sont fixées par l'assemblée délibérante. En
tout état de cause, une association de 1901 ne peut avoir pour objet de
distribuer des subventions.
La situation est plus claire en ce qui concerne les interventions sous forme de
prêts, sauf s'ils sont à 0 % : seuls les organismes mentionnés dans la Loi
Bancaire peuvent accorder des prêts. C'est sans doute la raison pour laquelle on
s'aperçoit que les départements opèrent relativement peu de prêts, malgré leur
effort d'apporter des solutions à des difficultés qui appellent des solutions
fines, proches du terrain.
La mise en
place de la décentralisation sera l'occasion de clarifier les choses.
Ceci n'exclut pas pour autant les échanges d'expériences et c'est l'un des
objectifs de ce recensement de leur fournir une base.
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936 Ko)
Source :
www.anil.org