L'étude du BIPE
Les migrations résidentielles en France à l'horizon
2010 permet de mieux comprendre les
phénomènes migratoires qui transformeront le paysage français dans les dix ans à
venir. Ces phénomènes migratoires, particulièrement complexes et susceptibles de
changements rapides, sont désormais le facteur explicatif majeur des variations
démographiques en France.
L'étude du BIPE offre une mine d'informations pour aider les décideurs publics
et privés à guider leur action. Ainsi, l'estimation de la demande potentielle de
logements par département au cours de la période 1999-2010 est fondamentale pour
les promoteurs, mais aussi les organismes de logements sociaux et l'ensemble des
collectivités territoriales. Ces projections démographiques détaillées par âge
constituent le préalable essentiel à toute réflexion sur les besoins régionaux
en matière d'éducation, de santé ou d'équipements de toute nature (sport,
culture).
De même, l'étude offre une réflexion particulièrement riche sur les mouvements
migratoires qui contraindront les entreprises à réorganiser les réseaux
commerciaux dans les 10 ans à venir pour satisfaire les nouvelles demandes.
L'étude propose notamment des pistes dans les secteurs de la banque et de la
distribution en mettant en évidence les déséquilibres régionaux potentiels en
termes d'agences ou de points de vente.
Les projections démographiques traditionnelles se contentent de reconduire les comportements migratoires passés. Or, l'analyse faite par le BIPE du dernier recensement a mis en lumière plusieurs phénomènes importants : la confirmation des déplacements vers le sud, mais aussi un nouveau courant de migration vers la façade atlantique, le regain d'attractivité de certaines zones rurales, la désaffection croissante de l'Ile-de-France.
Par ailleurs, on aurait tort de croire que ces évolutions s'expliquent uniquement par la recherche de calme et de soleil d'une population croissante de personnes âgées et retraitées. On observe de plus en plus de jeunes ménages quittant l'Ile-de-France pour la province : le refus du stress de la capitale, la conviction qu'il n'est plus nécessaire de rester à Paris pour assurer sa carrière, le moindre attachement des jeunes à l'entreprise, la primauté de la vie personnelle, le désir de maison individuelle, les efforts des grandes métropoles régionales en matière d'éducation, de culture, de cadre de vie, sont autant de facteurs qui incitent un nombre grandissant de jeunes à quitter la région parisienne pour s'installer en province dès que la naissance d'enfants renforce leurs exigences en termes d'habitat et de qualité de vie.
Partant de ce constat, le BIPE a élaboré un scénario démographique qui permet de mieux comprendre les phénomènes migratoires et remet en cause les schémas de pensée traditionnels dans ce domaine. Entre 1950 et 1980, les migrations (donc le logement) ont suivi l'emploi. Il est probable que nous entamons maintenant une autre phase de développement : l'emploi commence à suivre le logement.
Un « choc démographique » de grande ampleur d'ici à 2010 : l'explosion de la population des seniors et le déclin rapide du nombre d'actifs.
Entre 1999 et 2010, la population française augmentera de près de trois millions de personnes. Cette progression globale masque de profondes disparités selon les tranches d'âge, comme l'illustre le graphique ci-dessous : une quasi-stagnation des 15-24 ans, une très forte baisse des « jeunes actifs » de 25 à 39 ans et une explosion de la population des « seniors » de 55 à 64 ans. Le vieillissement inéluctable de la population aura des conséquences très importantes dans tous les domaines de la vie économique (niveau de la population active, équilibre du régime des retraites, besoins d'équipement, éducation, santé, logement …).
Ce n'est pas sur ce phénomène déjà amplement commenté que se situe l'apport original de l'étude du BIPE, mais plutôt sur les conséquences des mutations démographiques sur les stratégies migratoires des ménages.

Une accélération des déplacements inter-régionaux : en 2010, la France coupée en trois.
Au cours de la période 1999-2010, les flux migratoires inter-régionaux vont générer près de sept millions de déplacements de personnes. La moitié de ces déplacements sera le fait de personnes appartenant à des familles avec enfants.
L'écart se creusera davantage encore entre la France du Sud et de l'Ouest d'un coté, et celle du Nord et de l'Est de l'autre. 20 départements (dont celui de Paris) enregistreront une baisse de leur population. Les 39 départements les plus dynamiques expliqueront ainsi près de 90% de la variation démographique nationale.
Le solde migratoire de l'Ile-de-France (qui est passé de -307 000 entre 1982 et 1990 à -569 000 entre 1990 et 1999). pourrait accuser une diminution d'un million de personnes, en raison d'une proportion croissante de jeunes actifs désireux de quitter la région parisienne, et de l'arrivée à l'âge de la retraite de la vague des « papy-boumeurs » soucieux d'avoir un cadre de vie plus agréable.
En 2010, l'Ile-de-France sera la région la plus jeune ; l'Auvergne, le Limousin et le Poitou-Charentes seront les plus « vieilles ».
Sous l'influence conjuguée des tendances démographiques naturelles (pyramide des âges actuelle, natalité, mortalité) et des migrations inter-régionales, la carte de France selon l'âge va également connaître de profonds bouleversements : l'Ile-de-France et le Nord-Pas-de-Calais seront les régions les plus jeunes ; l'Auvergne, le Limousin et le Poitou-Charentes seront au contraire les régions les plus « vieilles ».
Une nouvelle carte des besoins de logements : en 2010, les deux-tiers de la demande sur moins de la moitié du territoire.
La taille moyenne des ménages français continuera de diminuer et on assistera sur la période à une « bizarrerie » démographique, puisque l'accroissement annuel du nombre de ménages sera presque aussi élevé que celui de la population. Par ailleurs, les onze régions les plus dynamiques expliqueront 70% de la variation totale du nombre de ménages. L'estimation de la demande potentielle de logements qui en découle conduit à dessiner une nouvelle carte des besoins : les deux-tiers de la demande potentielle s'exprimeront sur une zone représentant moins de la moitié du territoire national en termes de population.
Le déplacement du pouvoir d'achat : en 2010, les plus riches seront au sud.
Plusieurs effets vont se conjuguer pour redessiner la carte des revenus des ménages. Le plus grand dynamisme économique de certaines régions et le déplacement des populations seniors, plus riches, vont avantager les régions du Sud. Ce phénomène pourrait avoir des conséquences importantes sur l'organisation des réseaux bancaires et sur celle de la grande distribution (supermarchés, hypermarchés, hard discount).
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Méthodologie de l'étude |
Pour plus d'informations sur cette étude
Source : BIPE : Bureau
d’Informations et de Prévisions Economiques
www.bipe.com