Les comptes financiers de la Nation en 2002
Taux d’endettement en baisse pour les entreprises, en hausse pour les ménages
Dominique Durant, Banque de France

Alors que les incertitudes sont très fortes sur les marchés boursiers, les émissions d’actions se contractent, de même que les prises de participations transfrontières. Néanmoins, les flux nets de participations entre entreprises résidentes non cotées se maintiennent à leur niveau de l’année précédente, contribuant à la recomposition de leur capital. Les sociétés non financières diminuent très fortement leurs émissions nettes d’obligations et de titres de créances négociables. L’État, en revanche, accroît nettement ses émissions d’obligations et surtout de bons du Trésor.

Tous bénéficiaires confondus, le crédit bancaire augmente au même rythme que l’année précédente. Les flux de crédits aux ménages, notamment immobiliers, sont plus importants qu’en 2001. Ils baissent par contre pour les sociétés non financières, qui réduisant leurs investissements productifs et leurs stocks, amorcent la décrue de leur taux d’endettement. Les placements des ménages restent substantiels et continuent à se porter pour leur plus grande part vers les produits d’assurance-vie les moins risqués, et dans une moindre mesure vers les comptes sur livrets.

Les prêts immobiliers soutiennent la croissance du crédit bancaire

La croissance du crédit bancaire se poursuit au même rythme que l’année précédente (+ 3,1 % en glissement annuel après + 3,0 % en 2001), inférieur de moitié à celui de 2000 (+ 6,4 %). Les évolutions sont très contrastées par secteurs et par échéances. Si l’encours de crédit à court terme aux ménages augmente plus modérément qu’en 2001 (+ 3,5 % après + 4,8 %), le crédit à long terme, essentiellement les prêts à l’habitat, constitue le véritable moteur de la croissance des crédits. La hausse du pouvoir d’achat du revenu disponible (+ 1,9 %) et la baisse des taux d’intérêt (- 1,41 point depuis décembre 2000 pour les prêts immobiliers à taux variable), favorisent les acquisitions de logements, neufs ou anciens. La hausse continue des prix de l’immobilier contrastant avec les fortes incertitudes pesant sur les marchés boursiers en fait un investissement attractif ; elle augmente en outre les montants empruntés. Les encours de crédit s’accroissant plus rapidement que le revenu disponible brut, le taux d’endettement des ménages augmente plus significativement qu’au cours des deux années précédentes. Il passe de 54,7 % à 56,2 % . L’épargne brute des sociétés non financières se situe sensiblement au même montant qu’en 2001, mais, comme elles réduisent leur formation brute de capital fixe et leurs stocks, leur demande de crédit bancaire s’affaiblit.

Source :  INSEE (mai 2003) : INSEE première n°899 de mai 2003
« Les comptes de la Nation en 2002 », Insee première n° 894, avril 2003.
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