La qualité des logements - L’humidité
est le défaut le plus fréquent
Chesnel Hélène, Insee Nord - Pas-de-Calais
Quand ils sont interrogés sur les défauts de leur logement, les ménages signalent le plus souvent l’humidité et les infiltrations d’eau. Les équipements sanitaires ou électriques défaillants et les problèmes structurels sont plus rares. Quant aux défauts occasionnels, 8 % des ménages en subissent un au cours d’une année. En moyenne, les ménages signalent davantage de difficultés dans les logements en location du secteur privé. Les plus jeunes ménages sont dans une situation nettement plus défavorable que leurs aînés. Les ménages les plus modestes déclarent également plus de défauts dans leur logement.
L’enquête Logement fournit des données détaillées sur les conditions de logement des ménages. Ceux-ci sont interviewés sur des incidents ponctuels, comme les pannes de chauffage, mais aussi sur des difficultés plus structurelles comme l’absence d’équipement sanitaire. Le décret du 30 janvier 2002 de la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains a, par ailleurs, dégagé un certain nombre de critères permettant de définir un logement décent. Ces critères peuvent être, dans une large mesure, rapprochés des questions posées lors de l’enquête Logement. Une nouvelle approche de la qualité des logements peut ainsi être proposée.
Un quart des
ménages ont déclaré que des signes d’humidité
apparaissaient sur certains murs de leur logement. Ce
souci vient très nettement en tête. Toutefois, dans
plus de la moitié des cas, il ne se cumule pas
avec d’autres problèmes. Même si la fréquence de cet
indicateur provient dans une certaine mesure de sa
définition assez large, l’humidité constitue un type de
difficulté à part entière. Si la
qualité d’une habitation devait être remise en cause dès
que l’un des critères issus de l’enquête n’est pas
vérifié, il faudrait en conclure que quatre logements
français sur dix se trouvent dans cette situation.
Cependant, parmi eux, nombreux sont ceux qui n’ont
finalement que peu de défauts : dans 65% des logements
ayant des défauts, seul un problème apparaît et 12%
seulement présentent au moins trois difficultés. L’inconfort peut
ainsi être considéré comme une accumulation de problèmes, plus rare, mais sans
doute révélatrice d’une dégradation plus importante du logement. Défauts
structurels, manques d’équipement, défauts occasionnels.
En dehors des signes d’humidité, les autres défauts ont été répartis en trois catégories : défauts structurels, manques d’équipement, défauts occasionnels. Parmi les défauts structurels, sol fissuré et façade dégradée caractérisent un bâti défectueux ; des infiltrations d’eau peuvent en être une conséquence. L’absence de chauffage est un autre exemple important de ce type de difficultés. L’absence d’alimentation en eau courante et celle d’un « coin cuisine » apparaissent aussi comme deux autres défauts structurels, mais ils sont rares, avec moins de 1% des logements concernés.
Le problème des infiltrations d’eau vient nettement en tête : 6,3% des logements sont concernés. Ce défaut est d’ailleurs, après les signes d’humidité, celui que les ménages indiquent le plus souvent. Cela confirme que l’humidité est un défaut majeur de qualité d’une fraction importante des logements en France, conclusion que l’on retrouve dans d’autres études. Les manques d’équipement sont une autre forme de défaut de qualité. Ainsi, 7% des ménages signalent une installation électrique mal protégée ou l’absence d’installation sanitaire. Cette catégorie regroupe, tout en étant plus large, presque tous les logements considérés comme inconfortables au regard de la notion de confort sanitaire habituellement utilisée par l’Insee (présence de toilettes et d’une salle d’eau ou d’une salle de bains). Les difficultés structurelles et les manques d’équipement se recouvrent parfois, mais le plus souvent ne concernent pas les mêmes logements.
Le dernier type de défauts correspond à des difficultés occasionnelles : importantes fuites d’eau provenant de la plomberie, problème d’évacuation de W.-C., panne de chauffage. Ils sont assez communs, puisque 8% des ménages signalent un incident de ce type au cours des douze mois précédant l’enquête. Si ces problèmes ponctuels sont souvent indépendants des problèmes structurels ou des manques d’équipement, ils sont néanmoins plus nombreux lorsque ces derniers sont également présents.
Source : INSEE première n°971
juin 2004
Chesnel Hélène, Insee Nord - Pas-de-Calais
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