La conjoncture immobilière à Paris et en Ile-de-France
1er trimestre 2004

Une nouvelle fois, le marché immobilier francilien a déjoué tous les pronostics.

Le volume des transactions immobilières a continué de croître au cours du 1er trimestre 2004, alors qu'un tassement des ventes était attendu à la lumière de la légère contraction enregistrée sur l'année 2003. De même, les prix ont poursuivi leur ascension à l'heure où une pause paraissait inéluctable, au regard de l'effritement, voire de la baisse des valeurs observées dans les zones géographiques les plus chères, au cours du second semestre 2003.

C'est ainsi, que le marché immobilier à Paris et dans les départements des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne a enregistré, au 1er trimestre 2004, une progression de 5,4% du volume des transactions, représentant 33 210 ventes immobilières, tous biens confondus (appartements, maisons individuelles, parkings, immeubles, locaux d'activités, terrains, etc.), contre 31 499 pour la même période de l'année précédente.

Cette progression est d'autant plus remarquable, que l'activité immobilière du premier trimestre était en retrait au 1er trimestre de 2001 (-8,5%), de 2002 (-1,4%) et de 2003 (-2%).

Cette progression globale des transactions masque toutefois des disparités entre le marché des appartements, qui affiche des hausses dans le neuf (+10,9%), comme dans l'ancien (+7,5%), et celui des maisons individuelles, qui accuse au contraire des baisses dans le neuf (-22,8%) et dans l'ancien (-7,8%).

En revanche, l'unanimité est de rigueur sur le front des prix puisque, au 1er trimestre 2004, ceux des appartements anciens ont, selon les Indices Notaires-INSEE, augmenté de 3,1% à 3,8% en fonction des départements. Cette hausse trimestrielle a contribué à tirer plus encore vers le haut la variation annuelle des prix, qui atteignent en moyenne 4 139 euros/m² à Paris (+12,3%), 3 108 euros/m² dans les Hauts-de-Seine (+13,9%), 1 708 euros/m² en Seine-Saint-Denis (+15,9%) et 2 439 euros/m² dans le Val-de-Marne (+16,6%).

La vitalité du marché immobilier, qui s'accompagne d'une nouvelle reprise de la hausse des prix des logements à Paris et en Petite Couronne, peut trouver une explication dans la conjonction de trois facteurs :

une forte pression de la demande émanant des ménages franciliens qui, en cherchant à satisfaire des besoins en logements encore importants, ont anticipé une hausse prévisible mais modérée des taux des crédits immobiliers,
une situation économique incertaine, qui incite désormais de nombreux épargnants, en quête de sécurité, à se détourner tout à la fois des placements peu rémunérateurs et des valeurs mobilières particulièrement volatiles, pour trouver refuge dans l'investissement immobilier,
l'évolution préoccupante des pensions de retraite, sujet récurrent placé sous les feux de l'actualité, qui pousse toujours plus de ménages à accéder à la propriété et à se constituer un patrimoine immobilier s'assurant ainsi, l'âge de la retraite venant, le produit d'un loyer économisé et la détention d'un capital régulièrement revalorisé.
Le dynamisme des transactions constaté au début de l'année ne semble pas devoir fléchir au 2ème trimestre. Les tendances relevées dans les études notariales font état d'une progression du nombre des ventes, qui est d'ailleurs, plus forte en mai (+13,1%) qu'en avril (+2,4%).

Tout laisse donc à penser que l'activité demeurera soutenue au 1er semestre, sachant qu'il serait hasardeux de tenter une prévision au-delà de cette période.

Reste que la plus grande menace susceptible de casser le ressort de la croissance du marché immobilier réside dans la poursuite de la hausse des prix, doublée d'une augmentation des taux d'intérêt, qui ne manquerait pas de désolvabiliser des pans entiers d'accédants à la propriété.

Arlésienne souvent annoncée et toujours attendue, la pause des prix, sera-t-elle enfin au rendez-vous dans les prochains mois ? On ne peut que l'espérer. Il en va de la fluidité du marché immobilier francilien et, ce faisant, du dynamisme de ce secteur d'activité.

Conférence de presse du 1er juillet 2004


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Source : Chambre des Notaires de Paris
http://www.paris.notaires.fr