Revenir à l'accueil
       
  Accueil > Etudes 2005    
 

Rapport du Conseil National de la Consommation sur la sécurité des installations électriques intérieures des particuliers

 

L’avis propose de suivre un plan, composé de 11 actions, pour mieux lutter contre les accidents liés aux installations électriques.
Il s’agit de définir juridiquement la mise en sécurité des installations électriques anciennes, de mettre en œuvre progressivement les mesures suivant les types de logement, de fiabiliser le système de diagnostic et de développer l’information et l’incitation du public pour la mise en sécurité des installations électriques anciennes (dispositifs de financement).

Action n°1 - Une définition juridique de la mise en sécurité d’une installation électrique ancienne fondée sur les cinq exigences minimales suivantes :

  1. Présence d’un appareil général de commande et de protection de l’installation, facilement accessible,

  2. Présence, à l’origine de l’installation, d’au moins un dispositif de protection différentiel, de sensibilité appropriée aux conditions de mise à la terre,

  3. Présence, sur chaque circuit, d’un dispositif de protection contre les surintensités, adapté à la section des conducteurs,

  4. Présence d’une liaison équipotentielle et respect des règles liées aux volumes dans chaque local contenant une baignoire ou une douche,

  5. Absence de matériels proscrits ou de matériels présentant des risques de contacts directs avec des éléments sous tension. Les conducteurs doivent être protégés par des conduits, moulures ou plinthes.

Action n°2 - L’intégration dans la loi du 6 juillet 1989 de l’obligation pour les bailleurs de se conformer à ces exigences minimales, dont la définition ci-dessus sera intégrée au décret du 30 janvier 2002 sur les caractéristiques du logement décent.

Action n° 3 – Pour tout logement dont l’installation électrique date de plus de 15 ans, une obligation de présentation par le propriétaire d’un rapport de diagnostic lors de la vente à un acquéreur non professionnel. Le diagnostic devra nécessairement vérifier la conformité de l’installation aux exigences minimales de mise en sécurité figurant dans le décret susmentionné.

Action n° 4 - Pour tout logement de plus de 15 ans, le bailleur doit justifier par la production d’un document, au moment de l’entrée dans les lieux du locataire, que l’installation électrique répond aux 5 exigences de mise en sécurité figurant au décret susmentionné.
Cette obligation est réputée accomplie dès lors que le bailleur peut attester la mise en sécurité dans les conditions définies à l’action n° 1 par tous les moyens découlant de la réglementation en vigueur.

Le bailleur doit également remettre une fiche d’usage de l’installation au locataire.
Ces obligations pourront prendre effet progressivement, à commencer par les immeubles les plus anciens (a priori les plus dégradés) soit par les immeubles construits avant 1960.

Action n°5 - La vérification dans les parties communes des immeubles collectifs d’habitation de la présence d’une installation de mise à la terre (vérification physique ou par présentation d’une attestation) et l’obligation en cas d’absence d’y remédier ; ceci se fera à la charge de la copropriété dans des conditions qu’il appartiendra aux textes législatifs et réglementaires de préciser.

Action n°6 - L’amélioration et l’adaptation des dispositifs de financement de l’habitat afin d’inciter les propriétaires à procéder aux travaux de mise en sécurité électrique et de les solvabiliser en tant que de besoin. En particulier, les aides de l’Agence Nationale pour l’Amélioration de l’habitat (A.N.A.H.) devraient intégrer systématiquement les travaux de mise en sécurité électrique.

Action n°7 – Dans la suite logique de l’action n°2, l’intégration dans un texte réglementaire d’une méthodologie et d’un référentiel sur lesquels tout diagnostic sur les exigences minimales de mise en sécurité doit être fondé.

Action n°8 - La mise en place d’une procédure de reconnaissance des organismes autorisés à pratiquer les diagnostics selon cette méthodologie et ce référentiel.

Action n°9 - L’obligation faite à tout professionnel d’établir par écrit une déclaration de mise en sécurité quand il exécute des travaux suite à un diagnostic incluant la vérification des exigences minimales de sécurité électrique.

Action n°10 - L’intervention de l’État pour permettre une information et une sensibilisation efficaces des publics, notamment par le biais d’une coordination des actions et missions confiées à des organismes déjà impliqués sur ce thème.

Action n°11 - La création d’un Observatoire permettant de coordonner et compléter les données statistiques sur le sujet afin d’ajuster les mesures prises par rapport aux progrès réalisés.

Le C.N.C. souhaite qu’à l’issue de ses travaux, soit approfondie, en complément du mandat actuel, la réflexion sur les thèmes suivants :

  1. identification et qualification des professionnels concernés par la sécurité électrique ; il s’agit, d’une part, de contribuer au renforcement des compétences des experts en diagnostic et des installateurs, d’autre part, de faciliter les choix des consommateurs en matière de diagnostic et de travaux ;

  2. sécurité électrique des parties communes des immeubles collectifs d’habitation ;

  3. pour les propriétaires occupants, en dehors du cadre des mutations, sensibilisation à la mise en sécurité ou obligation de procéder à celle-ci ;

  4. étude des implications de la mise en oeuvre des règles du droit du travail relatives à la sécurité des travailleurs intervenant dans les logements individuels et les parties communes des immeubles d’habitation collectifs.

La stratégie nationale de lutte contre les accidents électriques domestiques proposée par l’avis du CNC forme un tout cohérent, chaque action étant complémentaire.
Les propositions du groupe ont été construites afin de respecter au mieux les préoccupations et caractéristiques de chaque partenaire par exemple de l’Union Sociale pour l’Habitat qui s’inquiétait notamment de l’impact de l’éventuelle adoption de mesures contraignantes sur les budgets des bailleurs sociaux et donc d’un risque d’augmentation des loyers, cet impact étant aggravé par la quasi disparition des crédits « Palulos », en dehors des dossiers de l’Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine.
Plus généralement, au-delà des frontières de la France, il semble que s’opère une prise de conscience de la nécessité de sécuriser les installations électriques domestiques européennes. A cet égard, l’étude du Forum pour la sécurité domestique électrique en Europe (FEEDS) réalisée en juin 2004 sous l’égide de la Fédération Internationale pour la Sécurité des Usagers de l’Électricité (FISUEL) est du plus grand intérêt.
Cette étude souligne que notre continent adopte de plus en plus une « culture de sécurité », qui requiert une bonne éducation des usagers. Elle préconise un contrôle périodique intervenant tous les dix ans sur les installations électriques domestiques. Elle envisage un coût total de contrôle et de rénovation de 96 milliards d’euros, soit environ 10 milliards d’euros chaque année pendant 10 ans à l’échelle des 25 pays de l’Union Européenne.
Mais point essentiel, l’étude considère que cette mesure permettrait d’économiser 14 milliards d’euros par an du fait de la réduction des dommages matériels, des blessures des victimes et de la lutte contre les incendies. Enfin, cette démarche conduirait à la création de 140 000 nouveaux emplois d’électriciens et de 13 000 nouveaux contrôleurs aux missions et compétences comparables à celles des inspecteurs français de CONSUEL.
Les membres du groupe de travail du CNC, représentatifs de la société civile, ont l’espoir que, devant l’importance du problème soulevé et l’ampleur du consensus sur les propositions émises, les pouvoirs publics prennent sans attendre les dispositions qui s’imposent et que l’actualité récente appelle, pour réduire les accidents domestiques d’origine électrique. C’est à ces conditions que notre pays pourra prendre toute sa place dans une politique européenne de réduction des risques électriques déterminée et constructive.

Télécharger le rapport (.doc)
 

Source : http://www.conseilconsommation.minefi.gouv.fr
27 septembre 2005
Rapporteurs : Mme Françoise THIEBAULT, pour le collège des consommateurs et usagers.
M. Bernard PLANQUE, pour le collège des professionnels.

 
 

Chercher dans le site

Imprimer l'article

Conserver l'article

Envoyer à un ami

 
       
 

info@mon-immeuble.com

Copyright © 2005 MON-IMMEUBLE,
Dernière modification : 15/06/2007
réalisé par  Sitexpert

Partenaires : | Immobilier | Épargne Logement | Annuaire maison | Marrakech riad | Rachat credit proprietaire | Logement étudiant | Economie & Société