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Observatoire de la sécurité - Les Français et l'insécurité : vécu et craintes

 

L'Observatoire de la Sécurité réalisé pour Assa Abloy est un dispositif d'étude qui, depuis six ans, dresse de manière régulière l'état des lieux du rapport des Français à la sécurité. L'édition 2006 s'attache à faire le point sur la représentation de l'insécurité ; l'inquiétude des Français face aux différents types de violence ; leur confiance à l'égard des acteurs de la sécurité.

La notion d'insécurité s'est révélée de façon prépondérante lors des élections présidentielles de 2002 et reste depuis très prégnante dans le discours politique et l'attention de l'opinion publique. Mais l'insécurité est une notion faussement homogène qui qualifie des représentations distinctes et complexes.

Les infractions classées comme crimes et délits ne participent pas seules à la construction du sentiment d'insécurité. Celui-ci est également lié au sens que les personnes enquêtées attribuent aux termes qui servent à catégoriser et nommer les faits dont elles ont pu être victimes ou témoins, ainsi qu'à la façon dont elles interprètent les événements qui leur sont relatés et les combinent avec leur perception plus globale du tissu social. Ainsi peut-on faire une distinction entre l'insécurité telle que certains de nos répondants déclarent l'avoir vécue et le sentiment d'insécurité que d'autres disent ressentir. L'un et l'autre ne sont pas, nous allons le voir, nécessairement corrélés.


L'insécurité : une perception contrastée

Interrogés sur leur perception de l'insécurité et placés devant une dichotomie très tranchée, près de trois Français sur cinq (57%) considèrent qu'elle est un phénomène qui ne cesse de s'aggraver, quand 39% estiment que c'est plutôt le sentiment d'insécurité qui s'accroît.

L'opinion selon laquelle l'insécurité est un phénomène qui ne cesse de s'aggraver est diversement partagée selon les catégories de population : largement majoritaire chez les plus de 50 ans (64% des 50/64 ans et 61% des plus de 65 ans), elle divise les moins de 35 ans : respectivement 49% et 50% des 18/24 ans et 25/34 ans partagent cet avis pour, en revanche 47% et 45% d'entre eux qui jugent que c'est plutôt le sentiment d'insécurité qui s'accroît.

La préférence partisane se révèle très clivante : 51% des sympathisants de gauche considérant l'insécurité comme un phénomène qui s'aggrave pour 68% des sympathisants de droite (+17 points).

La profession de l'interviewé est également discriminante et inverse carrément la tendance : les cadres, professions intellectuelles et professions intermédiaires estiment majoritairement (54% et 57%) que c'est plutôt le sentiment d'insécurité qui progresse. Au contraire, plus de trois ouvriers et employés sur cinq pensent qu'il s'agit d'un phénomène objectif.

A noter que le fait d'avoir été victime de violences ces cinq dernières années n'accroît pas significativement la proportion de répondants pour lesquels l'insécurité est un phénomène qui ne cesse de s'aggraver (+ 3 points par rapport à l'ensemble des Français).

40% des Français se déclarent sérieusement inquiets pour leur sécurité

Si 60% des Français déclarent être rarement ou jamais sérieusement inquiets pour leur sécurité physique ou celle de leurs biens, 40% affirment le contraire (dont plus d'un sur dix se dit même souvent inquiet).

S'il demeure nettement plus féminin que masculin (46% pour 34%), le sentiment d'insécurité traverse cependant toutes les classes d'âge et toutes les catégories sociales. On repère en cela une certaine diffusion au sein de la société française de craintes qui étaient « classiquement » l'apanage des populations les plus fragiles, marquées par une précarisation des conditions de vie, liée à la situation professionnelle, à l'environnement physique et social, territorial, ou aux trajectoires personnelles et familiales.

Des Français surtout inquiets des violences contre les personnes

Interrogés sur ce qu'ils craignent le plus pour leur sécurité, près d'un Français sur deux cite l'agression physique dans la rue (47% des citations), un tiers mentionne l'intrusion et l'agression à leur domicile et le vandalisme sur leurs biens personnels (voiture, maison,...), 30% citent le cambriolage.

Viennent ensuite à des niveaux de citations moindres le vol de voiture avec violence (car jacking) (20% de citations), l'agression à caractère sexuel (19%), le vol à l'arraché dans la rue (16%), un chantage ou un racket (6%).

On constate que les violences qui totalisent le plus de citations sont donc, à l'exception du cambriolage, des violences qui, selon toute vraisemblance, sont jugées d'autant plus imprévisibles et déroutantes qu'elles ne sont pas motivées par l'appât du gain mais par la seule volonté de nuire arbitrairement, faisant de chacun et de chaque situation une cible potentielle ou une situation « à risque ».

Cette hiérarchie met en outre en évidence une cristallisation des craintes sur les violences contre les personnes, violences physiques et violences symboliques frappant le domicile des personnes, le « chez soi » étant considéré comme un prolongement de sa propre personne. Manifestement, le domicile des particuliers est un enjeu matériel et symbolique de sécurité considérable, la perception d'un risque participant à la construction du sentiment d'insécurité.

Sur ce sujet, la mesure statistique de la délinquance indique une diminution des cambriolages pour l'année 2005 (cf chiffres du ministère de l'Intérieur). Et de fait, même si plus de deux tiers des Français (71%) ont encore le sentiment en 2006 que les infractions au domicile des particuliers sont fréquentes (dont 1 sur 5 estime qu'elles sont même très fréquentes), ce sentiment connaît un recul de 13 points en trois ans. Pour autant, il traverse l'ensemble de la société française et, surtout, s'accroît encore dans certaines catégories de la population : il croît dans les zones rurales (de 63% dans l'agglomération parisienne, à 78% dans les agglomérations de moins de 2000 habitants), s'accentue parmi les sympathisants de droite (79% pour 67% chez les sympathisants de gauche) et augmente considérablement parmi ceux qui ont déjà subi un cambriolage (88%).

Le cambriolage se positionne en outre en tête des violences subies par les Français : 18% d'entre eux déclarant qu'eux-mêmes ou leur entourage proche en ont été victimes au cours ces cinq dernières années.

Des situations quotidiennes anxiogènes

Dans ce contexte, un nombre important de situations de la vie quotidienne continuent également de nourrir des inquiétudes, même si l'on constate, là aussi, une diminution sensible de la proportion de répondants inquiets. Toutefois, et malgré cette évolution positive, 45% des Français déclarent qu'ils éprouveraient de l'inquiétude s'ils se trouvaient seuls dans une maison isolée, cette peur concernant 62% des femmes interrogées. 45% admettent également leur inquiétude à l'idée de laisser leur maison ou leur appartement pour partir en vacances ou en week-end. Près de quatre Français sur dix et une femme sur deux considèrent le fait de rentrer chez eux tard le soir comme une situation anxiogène. Enfin, 30% des Français et près de deux femmes sur cinq s'inquièteraient lorsqu'on frappe à leur porte alors qu'ils n'attendent personne.

En dehors du domicile, la rue, lorsqu'elle est mal éclairée et peu fréquentée, est la situation la plus inquiétante pour 65% des Français, 72% des victimes de violences ces cinq dernières années et 82% des femmes interrogées. La peur est plus forte chez les moins de 35 ans et diminue avec l'âge (de 24% pour les 18/24 ans à 17% parmi les plus de 65%), la probabilité de la situation diminuant également. On notera cependant que, par rapport aux cambriolages, l'agression dans le rue concerne une proportion plus limitée de répondants (11%).

Les 4 France de l'insécurité

Finalement, il nous est apparu intéressant de comparer les Français déclarant être inquiets pour leur sécurité physique ou celle de leurs biens avec ceux qui disent avoir été victimes d'une agression ces cinq dernières années. Et si leur proportion est quelque peu semblable (respectivement 40% et 43%), on constate qu'il ne s'agit pas des mêmes personnes, corroborant le fait que l'opinion n'indexe pas forcément ses craintes sur les violences réellement subies.

Le recours à une typologie statistique simplifiée nous a permis d'identifier quatre Frances de l'insécurité :

- la France protégée, qui n'a pas été victime et ne s'inquiète pas, reste majoritaire dans notre pays et représente 39% de la population.

- la France agressée, qui a été victime d'une violence et est inquiète pour sa sécurité physique ou celle de ses biens : 22% de la population.

- la France rassurée, qui a été victime d'une violence mais ne ressent pas d'inquiétude : 21% de la population.

- la France menacée, qui n'a pas subi d'agression mais éprouve un sentiment d'inquiétude : 18% de la population.

Face à l'insécurité : la responsabilité individuelle et le rôle à jouer des professionnels de la sécurité du domicile

Face à cette inquiétude ce sont la responsabilité individuelle des personnes, accompagnées par les professionnels de la protection du domicile, qui recueillent le plus de suffrages. Plus de sept Français sur dix privilégient ainsi leur vigilance et les systèmes de protection de leur domicile à la surveillance de la police dans leur quartier pour limiter les risques de cambriolage. Ce score est stable par rapport à 2004 (75%).

Fort logiquement, 41% des Français (contre 56%) estiment dès lors qu'un meilleur équipement de leur domicile en termes de sécurité serait de nature à les rassurer par rapport au risque de cambriolage ou de dommages divers. Une proportion en baisse de 13 points par rapport à 2004 qui reste cependant majoritaire (50% contre 48%) chez ceux qui se disent inquiets.

Pour consulter l'étude complète

Source : http://www.tns-sofres.com
*Enquête Assa Abloy/TMA réalisé par TNS Sofrès les 26 et 27 avril 2006 sur un échantillon national de1000 personnes représentatif de l’ensemble de la population âgée de 18 ans et plus, interrogées en face-à-face à leur domicile.
Mis en ligne le 10 juillet 2006

 
   
 
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Dernière modification : 04/01/2008
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