L’Observatoire National des Charges de Copropriété de la CNAB -
L’enquête sur les charges de copropriété en 2005
En 2005,
l’Observatoire National des Charges de Copropriété de la
CNAB a concerné 4.609 immeublesreprésentant 126.500
logements (1.9 % de l’ensemble des logements en
copropriété dans des immeubles
collectifs) et pour lesquels les comptes de charges ont
été analysés en détail.
1. L’enquête
réalisée par la CNAB permet d’observer que France
entière, 44.0 % des immeubles en
copropriété sont dotés d’un chauffage collectif, 55.0 %
d’ascenseur (s) et 45.1 % bénéficient depersonnel permanent.
Le recours aux sociétés extérieures concerne alors 50.9
% des immeubles en copropriété : le plussouvent pour le nettoyage (41.4 %) ou l’entretien
des espaces verts (22.0 %) ; et dans seulement 13.0% des cas pour assurer ou compléter le
gardiennage de l’immeuble. Notons, enfin, que 43.6 % des
immeubles en copropriété bénéficient d’espaces
verts, 0.3 % de tennis et 0.5 %
de piscine, avectoujours de
grandes disparités d’une région à l’autre.
2. Le niveau de
l’ensemble des charges (hors travaux exceptionnels)
s’est établi à 19.8 €/m² en 2005.
Le niveau des charges varie très fortement entre villes,
tant en raison des spécificités climatiques
(niveau des dépenses de chauffage) ou des formes
architecturales (hauteur des immeubles etdépenses d’ascenseur(s)), que des pratiques de
l’amélioration et de l’entretien par exemple :
• 16.1 €/m² sur Strasbourg, 16.6 €/m² sur Marseille,
16.9 €/m² sur Orléans, 17.1 €/m² sur Bourg-en-Bresse,
17.5 €/m² sur Limoges … voire 15.0 €/m² sur Montpellier,
15.2 €/m² sur Saint Etienne, 15.3
€/m² sur Bordeaux, 15.4 €/m² sur Rouen, ces villes et
les régions auxquelles elles appartiennent seressemblent assez fortement ;
• si le niveau des charges est plus faible à Perpignan,
à Rodez ou à Saint-Lô (respectivement 7.8€/m², 8.0 €/m² et 9.3 €/m²), mais aussi à
Clermont-Ferrand ou à Toulon (respectivement 10.6 €/m²
et 11.0 €/m²), c’est en raison de dépenses de chauffage
et de frais de personnel plus faiblesqu’ailleurs ;s’il est
plus élevé en Ile-de-France, c’est à cause de trois
postes principaux : “eau froide“, “frais depersonnel“ et “sociétés extérieures“ dont les
niveaux sont près de deux fois plus élevés qu’ailleurs,
maisaussi d’une diffusion du
chauffage collectif assez large parmi les immeubles en
copropriété. Le niveaudes
charges est alors de 21.6 €/m² sur Paris, de 22.0 €/m²
dans le Val d’Oise et de 27.2 €/m² dans lesHauts de Seine. Et pour des raisons similaires,
les charges sont de 20.3 €/m² sur Pau, de 20.7 €/m² surTroyes, de 22.8 €/m² sur Chambéry et de 23.1 €/m²
sur Lille.
3. Le niveau
des charges de copropriété a progressé de 4.8 % en 2005
(contre + 4.1 % en moyennedepuis
2002 mais toutes les composantes
de dépenses n’ont pas évolué à un rythmecomparable en 2005 :
• certaines composantes, dont le poids est faible dans
l’ensemble des charges (“impôts
locaux“, “fournitures/entretien“, “consommation
électrique“, “espaces verts“) participent peu à ladétermination des changements intervenus dans le
niveau des charges ;
• d’autres, en revanche, en raison de leur poids
important (“eau froide“, “chauffage/ECS (fluides)“,“honoraires du syndic“) et/ou de leur forte
variation (“chauffage/ECS (entretien)“, “sociétésextérieures“, “ascenseurs“ et “assurances
générales“) déterminent plus fortement les mouvements
du niveau des charges.
Ainsi en 2005, et
surtout depuis 2002 avec la remontée du niveau des
charges de copropriété, la
progression constatée s’explique par les évolutions de
cinq composantes représentant 59.4 % du
total des dépenses : “chauffage/ECS (fluides)“, “frais
de personnel“, “sociétés extérieures“,“honoraires du syndic“ et “travaux d’entretien“.
Pour 2005, ces cinq composantes portent plus des
deux tiers de l’évolution observée (68.8 % plus
précisément). Et sur la période 2002-2005, ces postesexpliquent plus de 4/5ème de la montée des
charges (82.9 % plus précisément).
Les dépenses de
chauffage (« chauffage/ECS (fluides) ») enregistrent,
sans surprise, lesconséquences
du renchérissement du coût de l’énergie :
• l’hiver 2005 a été plus rigoureux que les précédents,
induisant une consommation d’énergiesupplémentaire, bien sûr ;
• mais surtout, le prix de l’énergie consommée par les
ménages pour se chauffer s’est
considérablement renchéri : + 6.5 % en 2005 contre + 1.7
% en 2004 et + 2.4 % en 2003. L’année2005 a en effet été marquée par une forte hausse
du cours du pétrole, et à sa suite du prix dufioul domestique (+ 29.7 % en 2005 contre + 14.7
% en 2004), du GPL (+ 9.6 % en 2005 contre + 4.5% en 2004) et du gaz (+ 6.8 % en 2005 contre –
5.3 % en 2004 !) ;
• il convient cependant de remarquer que dans le même
temps le prix de l’électricité est restéstable (contre + 1.4 % en 2004). Le prix du
chauffage urbain ne variant pas depuis deux ans.
•Mais il faut remarquer qu’en
dépit des évolutions récentes, les prix des diverses
énergies sont restésglobalement
stables depuis près de vingt années. Ainsi, comme en
général les logements sont
nettement mieux isolés aujourd’hui que par le passé … et
que dans l’ensemble les hivers sont moinsrigoureux depuis un dizaine d’années, globalement
les dépenses de chauffage n’ont pas cru aussirapidement que cela pouvait être escompté.
La progression
des « honoraires du syndic » confirme le mouvement de
leur remise à niveau, même si
celui-ci paraît avoir marqué le pas en 2005 : le
développement d’une concurrence souhaitable pouramplifier l’amélioration de la qualité des
services rendus aux copropriétaires ne doit en effet pas
sefaire par la dénaturation de
la qualité de la prestation de service associée ni par
l’affichage d’unprix de service
sans rapport avec le niveau de la prestation. Le
mouvement de remise à niveau des
« honoraires du syndic » ne peut donc, de ce point de
vue, qu’être salutaire pour la profession.
L’augmentation
des « frais de personnel » est remarquable. Elle
s’inscrit a priori dans une double
dynamique impulsée d’une part par l’alourdissement du
coût du travail (remplacements imposés parla mise en oeuvre des 35 heures, convention
collective de plus en plus contraignante …) et d’autrepart par les exigences accrues de la demande en
matière de qualité de service (gardiennage,entretien, …). Dans l’ensemble, l’impact que
l’évolution de ce poste aurait dû avoir sur l’évolutiongénérale des charges a sans aucun doute été
allégé par la stratégie des syndics professionnels quiont choisi d’externaliser l’exécution d’une
grande partie des tâches de gardiennage et d’entretien :le poste « sociétés extérieures » connaissant
donc une croissance soutenue, comme cela est le casdans certaines villes depuis quelques années déjà
(Marseille, par exemple).
Alors que
l’augmentation des dépenses d’entretien (« chauffage/ECS
(entretien) », « ascenseurs » et
« travaux d’entretien ») est tout aussi sensible.
Plusieurs raisons sont à l’origine de cela et méritentd’être soulignées : l’alourdissement des
contrôles imposés par les nouvelles réglementation
(amiante,saturnisme, ascenseurs
…), mais aussi les exigences des copropriétaires à
l’égard du renforcementdes
équipements de sécurité (digicodes, interphones mais
aussi fermeture des espaces extérieurs descopropriétés) et la montée progressive de l’usage
de la domotique et des préoccupations enmatière d’ergonomie.
Si les charges
ont augmenté de 4.8 % en 2005 pour la France entière,
compte tenu des différencesqui
se sont observées entre les catégories d’immeubles, il
est évident que les évolutions n’ont pas étécomparables d’une ville à l’autre :
• la hausse a été plus rapide qu’ailleurs à Toulon (+
11.1 %), à Nantes (+ 9.4 %), à Clermont Ferrand(+ 9.3 %), à Bourg en Bresse (+ 8.9 %), à Laval
(+ 8.8 %) ou à Orléans (+ 8.3 %) ;
• elle s’est située dans la moyenne à Marseille (+ 5.1
%), à Pau (+ 5.2 %), à Perpignan (+ 5.3 %), àBordeaux (+ 5.5 %) voire à Limoges (+ 6.1 %) ;
• elle a été plus lente à Paris (+ 1.9 %), à Valence (+
3.0 %), à Lyon (+ 3.1 %), à Saint Denis (+ 3.2 %),à Rennes (+ 3.8 %) et dans les Hauts de Seine (+
3.8 %) ou à Saint Lô (+ 4.5 %).
Bien souvent, le rythme de hausse du niveau des charges
constaté dans un ville ne fait alors querefléter la structure du parc des copropriétés et
leur répartition entre chacune des catégoriesd’immeubles.
Source :
http://www.immocnab.com
L’Observatoire National des Charges de Copropriété de la CNAB
L’enquête sur les charges de copropriété en 2005
par Michel Mouillart, Professeur d’Economie à
l’Université de Paris X – Nanterre
Octobre 2006