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Une enquête réalisée en mai 2006 par IPSOS pour
le compte de la Fédération des promoteurs
constructeurs de France (FPC) a permis de mieux connaître la situation,
la perception, les aspirations et les prévisions
des jeunes des quartiers sensibles en matière de logement.
Les jeunes des quartiers sensibles sont presque
tous locataires. Malgré des appréciations positives sur
leur situation, ils aspirent néanmoins à des conditions de
logement exactement inverses à celles qu’ils
vivent. Ainsi, 91 % des jeunes des quartiers sensibles souhaiteraient
accéder à la propriété, 80 % préfèreraient un
logement neuf et 91 % quitteraient volontiers le quartier qu’ils
habitent.
En effet, 85 % des jeunes interrogés pensent que le statut de
propriétaire permet d’être plus serein face à
l’avenir, 80 % estiment qu’on est plus attentif que les autres à son
environnement et plus de la moitié y voient un
engagement plus fort dans la vie du quartier. Ces résultats sont
d’autant plus significatifs de la part de jeunes
très majoritairement locataires qui pourraient percevoir l’aspiration à
la propriété comme l’aveu d’un déficit
d’engagement de leur part.
Quant aux prévisions que ces jeunes forment pour leur logement futur,
elles sont en retrait par rapport à leurs
souhaits puisque 64 % seulement pensent qu’ils pourront accéder à la
propriété quand 91 % d’entre eux y aspirent.
Pourquoi l'accession à la
propriété dans le quota des logements sociaux ?
Préalable
Cette mesure doit s’adresser aux familles qui disposent des mêmes
revenus que ceux qui donnent accès au logement
locatif social.
Arguments
1. L’accession est un profond souhait des
Français
2. La mixité des statuts d’occupation doit être
la pierre angulaire de la stratégie de reconquête
des quartiers en difficulté.
L’accession à la propriété est un atout pour favoriser la mixité et,
partant, la cohésion sociale : l’accédant à la
propriété est plus attaché à son bien, mieux
impliqué dans la vie de la résidence, voire dans celle du quartier. La
mixité des statuts d’occupation,
propriétaires/locataires, favorise une meilleure durabilité des
résidences et une bonne tenue des quartiers. Il est en effet
constaté qu’il y a moins de dégradations quand
les propriétaires veillent sur leur bien.
Favoriser l’accession à la propriété, c’est aussi le moyen de répondre
aux attentes des élus locaux de restructurer les
centres urbains, ou de reconquérir les zones
urbaines sensibles, justement par la mixité des statuts d’occupation.
3. L’accession peut être un rempart contre la
précarité.
Le statut de locataire au moment de
la retraite est une forme de précarité.
Le statut de propriétaire est plus rassurant à l’heure de l’incertitude
du financement des retraites. Certaines familles
sont disposées à faire des efforts plus
importants pendant leur période d’activité pour sécuriser leur retraite.
L’accession à la propriété permet alors la
constitution d’un patrimoine pour la retraite.
4. L’accession à la propriété facilite
l’insertion
En effet, l’accession à la propriété est aussi un projet de vie, une
ambition, voire le moyen d’acquérir un statut
social, même si dans une époque où les valeurs de
référence se diluent, ce peut être un propos obsolète.
L’accession est un des moyens les plus efficaces pour réduire les
inégalités.
5. Une politique d’accession sociale en
agglomération est cohérente avec une politique de
développement durable
La primo-accession résidentielle permettrait de réduire les
développements en périphérie et en diffus, qui
coûtent fort cher à la collectivité en termes
environnementaux et en équipements publics. Et il existera toujours un
terrain bon marché, loin de tout….
6. L’accession peut aider au financement de la
politique du logement social
- Encourager l’accession, c’est s’astreindre à maîtriser la dépense
publique : l’aide à l’accession est toujours
moins coûteuse que celle tournée vers le locatif.
Il convient de préférer les HPM (habitations à
prix modéré) aux HLM (habitations à loyer
modéré), ce qui signifie que l’accession, comme la location, peuvent
apporter ensemble la réponse au logement social.
Notre proposition d’encadrer les plafonds de ressources, mais aussi les
plafonds de prix de vente, constitue une réponse
adéquate.
Certes, il peut nous être opposé que l’accession sociale n’est pas
destinée à loger les plus démunis ou les
personnes en situation de détresse. Mais les logements locatifs sociaux
n’y prétendent guère plus. En effet, ils sont
destinés à des personnes modestes, mais qui disposent
de revenus suffisants pour payer un loyer, même inférieur au
marché. En outre, les organismes d’HLM doivent
respecter des équilibres financiers. Le logement des plus démunis
exige des traitements spécifiques adaptés.
Et, dans tous les cas, favoriser l’accession sociale des familles à
revenus modestes permettra de libérer des
logements sociaux pour d’autres … Ainsi va la vie, en perpétuel
mouvement !
En conclusion,
inclure dans le quota de logements sociaux (art.55 de la loi SRU)
l’accession, avec plafonds de ressources dans les
zones urbaines sensibles et dans un périmètre de 500 à
700 mètres, serait une mesure souhaitable :
- une telle mesure correspondrait en effet à
l’esprit de la loi SRU qui encourage la
mixité sociale, la densité de l’habitat et, plus généralement, une
meilleure cohérence dans les politiques
urbaines ;
- cette mesure permettrait justement à
l’accession sociale d’être plus accessible, car
l’habitat social peut bénéficier d’assises foncières moins
onéreuses, de subventions de la part des
collectivités locales, d’une fiscalité plus favorable, voire même de
dispositions constructives moins contraignantes ;
- enfin, l’inclusion de l’accession sociale
dans le quota constituerait un encouragement à
respecter ce quota pour les maires qui ne souhaiteraient pas
imposer le « tout locatif » à leurs
administrés.
Ainsi, l’accession sociale ne va pas contre le
locatif social. Ce n’est pas une opposition, ni une
confusion des deux secteurs qui est souhaitée, mais une certaine
porosité de leurs frontières tant leur
complémentarité est évidente. C’est servir la cause de l’habitat des
personnes modestes, sans les stigmatiser par un
statut d’occupation résidentiel attaché à jamais à leur
condition, que d’inclure l’accession dans le quota de logement
sociaux, quitte à en augmenter le pourcentage ou
en aménager les modalités d’application actuelles. |