Premier état
de la qualité de l'air dans les logements français
L’Observatoire de
la Qualité de l’Air Intérieur (OQAI), créé par les
ministères en charge de la
Construction, de la Santé et de l’Ecologie, L’ADEME1, le
CSTB2 et l’ANAH3, présente les résultats de lapremière campagne nationale sur la qualité de
l’air dans les logements en France. Cet état de laqualité de l’air ciblé sur une trentaine de
polluants chimiques, physiques et microbiologiques est
lapremière référence disponible
sur la pollution dans le parc de logements français.
La qualité de l’air que nous respirons dans les
différents lieux intérieurs que nous fréquentons tous
les jours22 heures sur 24 -
logements, bureaux, écoles, transports, espaces de
loisirs…- est reconnue aujourd’huicomme un enjeu de santé publique tant au niveau
international qu’en France. La pollution de l’air
intérieur estsuspectée de jouer
un rôle significatif dans l’accroissement de diverses
pathologies chroniques et les
allergies respiratoires.
Produits de construction et de décoration,
d’ameublement, d’entretien, de bricolage, équipements dechauffage et de production d’eau chaude, présence
humaine et activités liées aux besoins essentiels(cuisine, hygiène, lavage) ou autres (tabagisme,
utilisation de bougies, d’encens, cosmétiques, présence
deplantes et d’animaux
domestiques), air extérieur..., sont autant de sources
et vecteurs des pollutions
observés.
Après une phase pilote portant sur 90 logements, la
campagne nationale dans les logements conduite parl’Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur
(OQAI) sur la période 2003-2005 autorise aujourd’hui à
dresserun premier état de la
qualité de l’air intérieur représentatif de la situation
des 24 millions de résidences
principales en France métropolitaine continentale.
Les paramètres ont
été choisis en fonction de leur impact sur la qualité de
l’air ou sur le confort, de leur
dangerosité et de leur fréquence d’apparition : monoxyde
de carbone, composés organiques volatils,particules, radon, allergènes de chien, de chat,
d’acariens, rayonnement gamma, dioxyde de carbone,température, humidité relative, débit d’air… Pour
la plupart, ce sont des paramètres différents de ceuxretenus habituellement pour caractériser la
qualité de l’air extérieur, car ils sont le reflet de la
présence demultiples sources de
pollution intérieures : matériaux, équipements,
mobilier, produits ménagers, activitéhumaine, environnement extérieur, etc.
Des informations
détaillées ont également été collectées sur les
caractéristiques techniques des logements etleur environnement ainsi que sur les ménages,
leurs activités et le temps passé au contact de la
pollution.
Ces données seront exploitées ultérieurement. Les
données ont été recueillies dans 567 résidencesprincipales (1612 individus enquêtés) réparties
sur 55 départements et 74 communes de la Francecontinentale métropolitaine, sur une durée d’une
semaine, à l’intérieur des logements, dans les garagesattenants lorsqu’ils existaient et à l’extérieur.
L’état de la
qualité de l’air intérieur des logements s’exprime sous
la forme de distributions statistiquesmontrant, pour chaque polluant ou paramètre de
confort, la répartition des logements en fonction desconcentrations ou niveaux mesurés. Cet état de la
pollution sera complété, début 2007, par les niveaux decontamination fongique et la présence d’humidité
(données actuellement en cours de validation).
Cet état constitue
la première référence disponible sur la qualité de l’air
intérieur du parc de logements en
France et ne peut être comparé à une situation
antérieure du fait de sa primeur. Il montre néanmoins
desniveaux similaires à ceux
déjà mis en évidence par des études ponctuelles en
France et dans des enquêtes
internationales de grande envergure.
Il existe une spécificité de la pollution à l’intérieur
des logements par rapport à l’extérieur qui s’exprime enparticulier par la présence de certaines
substances non observées à l’extérieur ou par des
concentrationsnettement plus
importantes à l’intérieur.
Les polluants
visés sont présents à des niveaux quantifiables dans lamajorité des logements du parc. La répartition de
la pollution chimique organique n’est pas homogène dans
leparc. Seule une minorité de
logement (9%) présente des concentrations très élevées
pour plusieurs polluants
simultanément ; à l’inverse 45% des logements présentent
des niveaux de concentrations très faibles pourl’ensemble des polluants mesurés. Selon le
polluant, de 5 à 30% des logements présentent des
valeursnettement plus élevées
que les concentrations trouvées en moyenne dans le parc.
Hormis pour le radon et l’amiante (non mesuré dans cette
étude), il n’existe pas encore de valeurs guidesétablies en France, auxquelles comparer les
concentrations retrouvées dans les logements. Les raresrecommandations comparables sur le même pas de
temps de mesurage, disponible à l’échelon internationalou à l’étranger peuvent parfois être dépassées
dans des proportions variables de logements, en
particulier :
quelques % pour le monoxyde de carbone, de quelques % à
jusqu’à près d’un quart pour le formaldéhyde4, lamoitié pour les allergènes d’acariens.
Les résultats de
cette campagne sont actuellement exploités par les
agences sanitaires et seront utilisées parles autorités pour mieux établir les risques
sanitaires associés à la pollution de l’air intérieur et
définir leséventuelles mesures à
prendre pour la protection de la population.
L’Observatoire
de la Qualité de l’Air Intérieur (OQAI) est placé sous
la tutelle des Ministères en
charge de la Construction, de la Santé, de l’Ecologie
avec le concours du CSTB (opérateur technique),de l’ADEME, de l’AFSSET et de l’ANAH. Il produit
et rassemble des connaissances sur les polluantsprésents dans les atmosphères intérieures des
différents lieux de vie (logements, écoles, bureaux,lieux de loisirs…) dans le but de fournir aux
gestionnaires de risques les éléments directement utiles
àl’élaboration de politiques
publiques permettant de prévenir ou limiter les risques
liés à la pollution del’air dans
les espaces clos. Ses résultats sont également mis à
disposition du public et des
professionnels concernés (www.air-interieur.org) pour
aider à une meilleure compréhension de cetteproblématique et aider, par l’implication de
tous, à l’amélioration la qualité de l’air intérieur.