Opinions sur
le logement social en France - Synthèse de l'Institut CSA
Le
logement est devenu une préoccupation forte aujourd’hui
pour l’ensemble des Français : crainted’une hausse des coûts, crainte de devoir quitter
son lieu de vie pour s’éloigner vers un lieu moinscher… A cette préoccupation est associé un
sentiment de défection de la part des pouvoirs publics.
Dans ce contexte, les organismes de HLM sont en première
ligne. Loin d’être mal perçus pour desraisons esthétiques ou sécuritaires, les
logements sociaux sont avant tout appréciés pour lapossibilité qu’ils offrent à des ménages modestes
de se loger à moindre coût. Le logement socialapparaît d’ailleurs aujourd’hui à tous, même aux
catégories aisées, comme une solution rassurantepour soi ou pour ses enfants en cas de
difficultés futures. Reste la question de savoir si on y
a droitou pas.
I) La place du
logement dans les préoccupations
Le logement une
priorité des Français…
Le logement fait partie des préoccupations prioritaires
des Français : première priorité pour les habitants deParis et de la petite couronne (44%1), il arrive
en troisième position pour l’ensemble de la populationmétropolitaine après l’emploi et la sécurité.
Le logement est un sujet d’autant plus préoccupant que
l’on vit dans une grande agglomération (cité commeune priorité par 36% des habitants des
agglomérations de 300 000 habitants et plus), contre 19%
deshabitants des communes
rurales.
Si le logement est préoccupant, c’est parce qu’il grève
une part importante du budget des familles.
D’ailleurs, les
personnes interrogées anticipent une augmentation du
prix des logements dans les cinqannées à venir (73% des Français). Cette
augmentation est en particulier pressentie par les
jeunes (82% des moins de 30 ans) et par les catégories
populaires (81% des CSP-).
Conséquence de cette augmentation anticipée, les jeunes
gens craignent de devoir être contraints de s’éloigner
du lieu dans lequel ils vivent en raison de la hausse du
coût du logement (63% des moins de 30 ans, contre 31% de
l’ensemble de la population et 77% des moins de 30 ans
résidant dans une agglomération de plus de 300 000
habitants.)
… mal prise en compte par les pouvoirs publics
Face à la priorité de la question du logement, les
pouvoirs publics sont interpellés : la majorité de la
population (51%) et plus encore de celle qui réside dans
des agglomérations de plus de 300 000 habitants (61%)
considère que les responsables politiques ne s’occupent
pas suffisamment des problèmes de logements dans leur
commune. Ce sentiment d’une priorité délaissée est
encore plus aigu pour les habitants de Paris et de la
petit couronne (81%).
Cette insatisfaction est exprimée par les habitants des
grandes villes mais pas par ceux des communes rurales
(62% des ruraux estiment que les responsables politiques
s’occupent suffisamment des problèmes de logement dans
leur commune).
Pour autant, les habitants des communes rurales ne nient
pas l’existence de difficultés à se loger pour leurs
compatriotes. Ainsi, ils partagent avec l’ensemble des
Français le sentiment qu’au niveau national, les
pouvoirs publics ne s’occupent pas suffisamment de ces
problèmes (84% des Français estiment que les
responsables politiques ne s’occupent pas suffisamment
des problèmes de logement en France, comme 85% des
habitants des grandes agglomérations et 81% des ruraux.)
Dans ce domaine, les pouvoirs publics sont attendus pour
réguler le marché (77% des personnes
interrogées). Cette attente est d’ailleurs partagées par
les personnes interrogées de gauche comme de droite.
II)
Regard sur le logement social
L’image du logement social : une image très positive
Dans ce contexte de forte préoccupation pour le sujet du
logement et de forte attente à l’égard des pouvoirs
publics, le logement social jouit d’une image très
positive auprès de l’ensemble de la population : des
propriétaires comme des locataires, des catégories
aisées comme des catégories populaires.
Le logement social est avant tout décrit comme « une
possibilité de se loger à un prix accessible » (59%),
comme « un lieu de rencontre et de mélange social »
(29%), comme « un lieu où il y a une solidarité entre
voisin » (25%). Les éléments négatifs ne sont cités
qu’ensuite : ce sont « des lieux où l’on ne se sent pas
en sécurité » (19%), « des ghettos » (17%), « des barres
d’immeubles » (14%).
Cette description positive du logement social fait
consensus auprès de toutes les catégories sociales.
Pas assez de logement sociaux
66% des personnes interrogées estiment d’ailleurs qu’il
n’y a d’ailleurs pas assez de logements sociaux dans
leur commune et ce, quelle que soit la taille de la
commune et quel que soit le type d’habitat qu’ils
occupent ; même les habitants de pavillon (62%)
considèrent qu’il n’y pas assez de logements sociaux
dans leur commune. Les catégories favorisées sont
également d’accord avec ce constat (72% pour les cadres
et profession libérales).
Le logement social : une perspective rassurante en
cas de difficultés futures
Très concrètement le logement social apparaît pour un
grand nombre de personnes interrogées comme une solution
vers laquelle ils pourraient se tourner en cas de
difficultés. La crainte d’un avenir difficile pour soi
ou plus encore pour ses enfants inquiète et le logement
social apparaît comme une perceptive tout à fait
envisageable voire rassurante.
Près de quatre Français sur dix estiment qu’ils
pourraient un jour avoir besoin d’un logement social
(38%).
C’est le cas en particulier des moins de 30 ans : 60% se
sentent concernés par cette perspective et des
catégories populaires (49%). Mais force est de constater
que personne ne se sent à l’abri de difficultés et que
le logement apparaît comme une solution à près d’un
cadre sur quatre (24%).
Le logement une inquiétude pour les parents
Si les personnes interrogées ne se sentent pas à l’abri
de difficultés futures, elles s’inquiètent davantage
pour l’avenir de leurs enfants. A la crainte de
difficultés pour soi s’ajoute celle de difficultés qui
seraient vécues par les enfants. 64% des parents
estiment que leurs enfants peuvent un jour avoir besoin
d’accéder à un logement social. Cette perspective est
envisagée aussi bien par les catégories aisées (59%) que
par les catégories populaires (71%). Elle est d’ailleurs
envisagée par les habitants des petites communes comme
des grandes.
En réalité dès aujourd’hui, très concrètement, une
personne interrogée sur cinq souhaiterait pouvoir avoir
accès à un logement social. Cette demande est plus
fréquente de la part des jeunes moins de 30 ans (25%),
des locataires (43%), des employés ou ouvriers (23%),
des habitants de l’Ile de France et du Sud Est (23%).
Le souhait d’une ouverture des logements sociaux à de
plus larges catégories
Face à ce besoin éventuel, les personnes interrogées
aimeraient que les logements sociaux soient attribués à
de plus larges catégories. S’ils ne sont pas perçus
comme destinés exclusivement aux plus démunis, ils ne
sont pas non plus destinés à de larges catégories
sociales : ce sont des logements avant tout attribués
aux personnes aux revenus modestes (47%). Cette vision
est partagée par tous, y compris par les habitants des
HLM. Or, dans l’idéal, ils devraient être attribués à
des catégories sociales plus larges selon 42% des
personnes interrogées. Ce souhait est partagé de concert
par les catégories favorisées et les catégories
populaires. Cette demande est également très présente
chez les jeunes (49% des 18-24 ans aimeraient cet
élargissement).
Les organismes de HLM sont attendus notamment sur la
question de l’accession à la propriété Dans le cadre du
débat actuel sur l’accession à la propriété des
locataires de HLM, l’Union Sociale pour l’Habitat a
souhaité poser des questions sur le sujet. La
possibilité offerte à certains locataires de HLM
d’acheter leur logement est vue de façon nuancée : ces
logements seront maintenus en bon état grâce à cette
accession à la propriété (82%). Même les locataires sont
d’accord sur ce point y compris les locataires de HLM.
Mais cela réduira le nombre de logement sociaux
disponibles (61%) et risque d’entraîner des conflits
entre propriétaires et locataires au sein de la
copropriété (50%). Ce sont les locataires de HLM qui
sont les premiers à craindre ces conflits (64%).
En
revanche, l’activité des organismes HLM de construction
et de vente de logement neuf à des ménages modestes à
des conditions intéressantes est perçue de façon très
positive puisqu’elle permet à des ménages modestes de
devenir propriétaires (85%). Toutes les catégories se
félicitent d’ailleurs de cette activité.
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CSA a réalisé
un sondage exclusif pour l’UNION SOCIALE POUR L’HABITAT
par téléphone les 29 et 30
novembre 2006. Il a été réalisé auprès d’un échantillon
national de 1264 personnes âgées de 18 ans et plusdont :
- Un échantillon national représentatif de 962 personnes
âgées de 18 ans, constitué d'après laméthode des quotas (sexe, âge, profession du chef
de ménage), après stratification par région etcatégorie d’agglomération.
- Un sur-échantillon national de 302 personnes âgées de
18 ans et plus représentatif de lapopulation résidant dans les agglomérations de
300 000 habitants et plus, constitué d'après laméthode des quotas (sexe, âge, profession du chef
de ménage), après stratification par région. Cesur-échantillon cumulé aux personnes résidant
dans ces agglomérations 300 000 habitants et plusissues d’un échantillon national, constitue un
échantillon national représentatif de 630 personnesâgées de 18 ans et plus résidant dans des
agglomérations de 300 000 habitants et plus.