Le marché
immobilier en Ile-de-France aura connu un niveau élevé d’activité en 2005.
Le volume des ventes, qui a atteint 244 366 biens immobiliers en 2005, a, en
effet, progressé de 1% par rapport à 2004, année qui
avait, elle-même, enregistré une augmentation du nombre
des transactions de 3% par rapport à 2003. 2005 a même été
la meilleure année depuis le début de la décennie. Autant dire que la
tendance à moyen terme n'a, en dépit d'évolutions
erratiques qui ont été observées sur certains segments de
marché, jamais cessé de témoigner de la fermeté de l’activité immobilière.
La bonne tenue du
marché francilien au cours de l’année écoulée a concerné la quasi
totalité
des départements de la région.
Une
activité soutenue du marché immobilier en 2005
À l’exception de
Paris et du Val-d’Oise, lesquels ont accusé une baisse respective des
volumes de -1,5% et de -3,4%, la vitalité des transactions a été la règle
en Petite Couronne comme en Grande Couronne ; les palmes
de la croissance revenant à trois départements : la
Seine-et-Marne (+3,9%), les Yvelines (+3,2%) et la Seine-Saint-Denis (+3,2%).
Ces bons
résultats globaux, enregistrés en 2005, méritent d’être affinés à la lumière des
mouvements observés segment de marché par segment de marché.
Ainsi, les
appartements (154 179 transactions), qui représentent 63% du nombre de
biens immobiliers vendus l’an dernier en Ile-de-France, ont fait l’objet
d’une demande soutenue tant à Paris (+0,4%), en Petite
Couronne (+3,9%) qu’en Grande Couronne (+5,9%). Les
appartements anciens, avec 116 841 transactions, ont tiré les ventes : +1,7%
à Paris, +2,9% en Petite Couronne, +3,0% en Grande Couronne. Les
appartements neufs (22 040 transactions dans la
région) n’ont pas été en reste, puisque le volume des ventes
a crû de 12,9% en Petite Couronne et de 20,1% en Grande Couronne. Seule
la capitale a connu un reflux significatif (-24,2%) qu’il
convient néanmoins de relativiser, puisque Paris
représente désormais moins de 3% de ce segment de marché en Ile-de-France.
Les maisons individuelles, dont l’importance de la demande n’est plus à
souligner, ont connu, en 2005, une relative stabilité des
transactions (-0,2% avec 56 216 transactions). Dominé par
la Grande Couronne, qui capte près de 75% des ventes réalisées
dans la région, le marché francilien de la maison individuelle a marqué le pas
dans le secteur de l’ancien (-0,3% à 50 169 unités) et accusé une chute des
ventes dans celui du neuf (-10,5% à 3 966 unités).
Quant au marché foncier, son activité de 2005 augure mal d'une reprise
des mises en chantier de logements neufs à moyen terme. En baisse de 2,4%, avec
11 015 parcelles vendues en Ile-de-France il n'a cessé de se dégrader en 2005,
du fait d’un recul des transactions en Petite Couronne (-4,5%) comme en Grande
Couronne (-2,2%), excepté le cas de Paris, où la négociation foncière est
structurellement marginale (74 terrains vendus contre 47 en 2004).
L'activité soutenue dont a bénéficié le marché immobilier francilien en 2005, a
été dopée par les résultats du 4e trimestre, lesquels font état d'une
progression de 3,7% des ventes, tous biens confondus, en Ile-de-France. À
commencer par la Petite Couronne (+7,9%), suivie de Paris (+1,4%) et de la
Grande Couronne (+1,4%).
Si le nombre des ventes a continué de croître en fin d'année et, singulièrement,
en décembre, le rythme de la progression des prix a, en revanche, fortement
ralenti au 4e trimestre.
Une forte progression des prix en 2005, freinée au 4e trimestre
Ainsi, les variations de prix des appartements anciens ont amorcé, au 4e
trimestre, une phase de décrue par rapport au trimestre précédent, comme en
témoignent les Indices Notaires-INSEE de Paris (+1,7% au 4e trimestre, contre +
5,3% au 3e trimestre) de la Petite Couronne (+1,2% contre +5,8%) et de la Grande
Couronne (+2,2% contre +5,2%). Aucun département de la région Ile-de-France
n’échappe à ce mouvement de fond, puisque les hausses constatées sont de 2 à 3
fois moins élevées d’un trimestre à l’autre, voire davantage si l’on prend
l'exemple des Hauts-de-Seine, où les prix n'ont progressé que de 0,4% au 4e
trimestre, contre +5,6% trois mois plus tôt.
Sans compter les baisses de prix enregistrées dans six arrondissements
parisiens, dont la plupart avaient, il est vrai, connu des hausses supérieures à
7% au cours du trimestre précédent : -1,2% dans le 10e arrondissement, -1,5%
dans le 1er, -2% dans le 4e, -3,4% dans le 3e, -4,5% dans le 6e et -4,6% dans le
2e.
Ce constat vaut également pour les maisons anciennes, dont les Indices
Notaires-INSEE font état d'une décélération de la hausse des prix au 4e
trimestre : +0,3% contre +4,8% au 3e trimestre en Petite Couronne, +0,4% contre
+5,3% en Grande Couronne. Un ralentissement qui, là encore, se vérifie sur
l’ensemble des départements.
Pour autant, les variations annuelles des prix des appartements anciens
continuent, sous l'effet des progressions significatives enregistrées sur les
trois premiers trimestres de 2005, d’évoluer à un rythme à deux chiffres pour
atteindre +14% à Paris (5 250 €/m2), +13,3% dans les Hauts-de-Seine (3 905
€/m2), +21,4% en Seine-Saint-Denis (2 395 €/m2), +17,8% dans le Val-de-Marne (3
242 €/m2), +17,7% en Seine-et-Marne (2 246 €/m2), +15,4% dans les Yvelines (3
201 €/m2), +18,5% dans l’Essonne (2 310 €/m2) et +17,1% dans le Val-d’Oise (2
255 €/m2).
Le haut niveau d'activité conjugué à cette nouvelle décélération des prix, qui
devra se confirmer au cours des 1er et 2e trimestres 2006 pour être tenue comme
acquise, constitue un signal fort du marché indiquant que la demande est
toujours prête à s'exprimer dès lors que l'offre fait preuve de sagesse dans les
prix affichés.
Car la satisfaction des importants besoins en logements aujourd'hui recensés en
Ile-de- France passe, coûte que coûte, par le maintien de la solvabilité des
acquéreurs, laquelle a été mise à mal par plusieurs années de hausses
ininterrompues des prix. Il est désormais évident que les prix ont atteint des
plafonds au-delà desquels les délais de commercialisation des biens immobiliers
ne manqueraient pas de s'allonger déraisonnablement et, ce faisant, les volumes
de transactions de baisser inéluctablement.
Un marché dynamique qui ne doit pas masquer les difficultés de nombreux
franciliens à se loger
Au total, les performances du marché immobilier en Ile-de-France comme celles de
la construction neuve sur le plan national témoignent, avec plus de 400 000
logements mis en chantier en 2005, de la vitalité de ce secteur d’activité en
France.
Et pourtant, notre pays en général et la région Ile-de-France en particulier
sont confrontés aujourd'hui à une crise du logement, qui affecte non seulement
les personnes les plus démunies mais aussi, de plus en plus, les classes
moyennes.
Cette situation paradoxale est l'expression d'un déséquilibre entre l'offre et
la demande, né de l'accumulation de besoins en logements non satisfaits depuis
une décennie.
Un déséquilibre qui est aggravé par un rythme de la construction neuve inégal
selon les régions. Certaines d’entre elles ont engrangé un surplus de produits
locatifs défiscalisés par rapport à la demande du marché. D'autres continuent à
subir une pénurie de logements qui se vérifie aussi bien dans le secteur du
locatif que dans celui de l'accession à la propriété. Telle est la situation de
la région Ile-de-France.
C'est pourquoi, il faut espérer que le ralentissement de la hausse des prix de
l'immobilier, constaté en fin d’année 2005, se poursuive en 2006, tant les
besoins en logements sont criants dans la plupart des départements franciliens.
Comment pourrait-il en être autrement, quand la croissance moyenne annuelle de
la population double, selon une récente étude de l’INSEE, entre 1999 et 2005
(+0,62%) par rapport à la période précédente (+0,31% entre 1990 et 1999), alors
que la production annuelle de logements neufs, elle, a été divisé par deux en
dix ans. Sans compter la baisse constatée du nombre de personnes par foyer qui
accroît d'autant les besoins en logements.
Davantage d'habitants à loger pour à peine plus de logements à occuper, tels
sont les termes de l'équation à l'origine de la hausse ininterrompue des prix
depuis plusieurs années.
Avec les conséquences que l'on sait sur les migrations de la demande, condamnée
à rechercher dans la périphérie ce qu'elle ne trouve plus au centre,
c’est-à-dire des logements à des prix abordables, lesquels ne le sont plus pour
des pans entiers de la population.
Ceux qui sont "trop riches" pour prétendre occuper un logement social, ne le
sont pas suffisamment pour se loger ailleurs que dans du locatif intermédiaire,
puisque les loyers du privé sont, pour nombre d'entre eux, devenus également
inaccessibles. Il y encore peu de temps, ces mêmes ménages pariaient sur
l'avenir, en sautant le pas de l'accession à la propriété au prix d'un niveau
d'endettement supportable et d'un montant de mensualités raisonnable. Et ce,
pour y habiter, économiser un loyer le jour venu de la retraite et laisser un
bien à leurs enfants. Ces ménages rencontrent désormais de plus en plus de
difficultés à se loger.
Comment dès lors restaurer l'offre de logements locatifs ? Comment mettre sur le
marché des logements proposés à des prix compatibles avec les capacités
financières des ménages ?
À ces questions, la logique économique et financière ne peut apporter de
réponses pertinentes. En effet, le revenu disponible des ménages stagne, le taux
d'épargne s'érode, le niveau d'endettement s'accroît, et le coût de l'argent
cesse de baisser. Mais, le prix des logements continue de grimper, même si le
rythme de la hausse est plus faible.
Les pouvoirs publics doivent, en donnant une nouvelle impulsion à sa politique
du logement, apporter des réponses adéquates. C’est le sens des mesures prises
récemment par le gouvernement, visant notamment à améliorer le profil financier
et fiscal de l'investissement locatif intermédiaire, à inciter les propriétaires
à remettre en location leurs logements vacants et à ouvrir le prêt à 0% à
l'accession dans l'ancien sans condition de travaux.
Autant de mesures qui vont dans le bon sens, mais dont l'efficacité dépend de la
capacité des opérateurs franciliens de construire des logements. Car la
restauration de l'offre passe autant par l'accroissement des flux, c’est-à-dire
par l'alimentation du marché en logements neufs, qu'elle repose sur les
gisements recélés dans les stocks, lesquels sont constitués des logements
anciens et vacants. D'autant que le taux de la vacance n'a jamais été aussi
faible en France depuis 40 ans (6,1% du parc).
La relance des mises en chantier de logements neufs en Ile-de-France, préalable
à l'indispensable reconstitution de l'offre, à la nécessaire détente des prix
et, au bout du compte, à la satisfaction de la demande, est largement
subordonnée à la volonté des maires de produire des terrains à bâtir et à celle
des pouvoirs publics de libérer pour la construction tout ou partie des terrains
domaniaux.
C’est dans un accroissement significatif de l'offre foncière que le logement
trouvera un nouveau souffle.
Pour Consulter l'ensemble de l'étude
:
http://www.paris.notaires.fr/art.php?cID=321&nID=877
Source :
www.paris.notaires.fr
- 4 avril 2006