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La nouvelle
augmentation du volume des ventes à laquelle on a assisté en
Ile-de-France au 1er trimestre 2006 illustre une nouvelle fois la
vigueur de la demande et l'ampleur des besoins qui continuent à
s'exprimer en Ile-de-France, tandis que la poursuite de la hausse des
prix, laquelle progresse à un rythme annuel plus modéré, traduit la
pénurie de produits qui sévit dans la région capitale. Faut-il rappeler
que celle-ci produit largement moins de 10% des logements neufs lancés
chaque année en France, alors qu'elle représente pourtant 30% du PIB
national et 20% de la population.
Une nouvelle
progression du volume des ventes
Le nombre des ventes de biens
immobiliers s'est élevé, en Ile-de-France à 56.137 au 1er trimestre,
soit une augmentation de 6,3% par rapport à la même période de l'année
précédente. La croissance des volumes intéresse les trois zones
d'observations : Paris (+9,5%), la petite Couronne (+2,8%), la Grande
Couronne (+7,6%).
Marché phare de la région, celui des
appartements anciens affiche une progression globale de 2,3%. La petite
Couronne s'est montrée la plus active (+5,2% avec 10.977 ventes), suivie
de la Grande Couronne (+1,2% à 7.716 ventes), la capitale faisant preuve
de stabilité (-0,2%), avec 9.051 appartements anciens vendus au cours de
la période.
Même tendance pour le marché des
appartements neufs, dont la forte progression des ventes (+8,8%), masque
des amplitudes non moins importantes : +20,3% en Grande Couronne (2.167
appartements), +2% en Petite Couronne (2.266 unités), mais -18,5% à
Paris (165 appartements).
Second marché de l'Ile-de-France en
termes de transactions, les maisons anciennes font, elles aussi, preuve
d'un relatif dynamisme (+1,5%) pour 10.581 ventes). Un dynamisme
cependant contrasté selon que l'on se trouve en petite Couronne, où les
volumes ont progressé de 6,4% (2.886 ventes contre 2.712 un an plus tôt)
ou en Grande Couronne (-0,2% à 7.641 contre 7.658).
faute de terrains à
bâtir mis en nombre suffisant sur le marché francilien pour lancer de
nouveaux programmes, les stocks de maisons neuves s'amenuisent,
entraînant les ventes dans un inexorable reflux : 128 ventes en Petite
Couronne (-29,9%) au 1er trimestre, contre 183 pour la même période de
2005, 630 ventes en Grande Couronne (-14,4%), contre 736 un an plus tôt.
Une décélération
de la hausse des prix
La relative accalmie des prix de
l’immobilier, qui s’était manifestée à la fin de 2005, s’est globalement
poursuivie au début de 2006. Certes, la hausse a été un peu supérieure
en ce début d’année, exception faite des Yvelines (+1,6% contre +1,7%)
et du Val-d’Oise (+3,4% contre +4,8%), les variations trimestrielles des
Indices Notaires-INSEE des appartements anciens ont, au 1er trimestre,
affiché, en Ile-de-France, des augmentations supérieures à celles qui
étaient enregistrées au trimestre précédent : + 1,9% à Paris (contre +
1,7%,) + 2,2% dans les Hauts-de-Seine (contre + 1,2%), +4,9% en
Seine-Saint-Denis (contre +2,3%), +3,6% dans le Val-de-Marne (contre
+2,0%), +4,5% en Seine-et-Marne (contre +3,2%), +4,2% dans l’Essonne
(contre +3,1%)
Mais cette observation doit être
pondérée à la lumière des évolutions trimestrielles des prix observées
depuis octobre à Paris et dans les départements de la Petite Couronne,
lesquels progressent à un rythme moins soutenu que lors des quatre
trimestres précédents.
Une telle tendance se traduit par une
décélération de la hausse des prix en rythme annuel selon les Indices
Notaires INSEE : +12,7% (contre +14,6% un an plus tôt) mettant, à Paris,
le prix du m2 des appartements anciens à 5 352 euros/m2, +15,3% (contre
16,2% au 1er trimestre 2005) à 3 363 euros/m2 en Petite Couronne, +16,8%
(contre +17,4%) à 2 652 euros/m2 en Grande Couronne. Avec, cependant
dans cette dernière zone géographique, les deux exceptions notables de
la Seine-et-Marne et de l’Essonne, dont les variations annuelles des
prix continuent de progresser, d’un trimestre à l’autre, respectivement
de 21,6% (contre +19,0%) à 2 380 euros/m2 et de 20% (contre +19,1%) à 2
420 euros/m2.
S’agissant des maisons anciennes, les
Indices Notaires-INSEE ont progressé, en variations trimestrielle et
annuelle, respectivement de 2,4% et de 15,8% en Petite Couronne, de 1,8%
et de 14,5 % en Grande Couronne.
Au total, si la pression de la
demande interdit aux prix de baisser, le niveau aujourd’hui atteint et
le début de la hausse des taux d'intérêt interdisent tout autant qu'ils
s'envolent. C'est pourquoi, il est permis de penser que la décélération
de la hausse des prix, enregistrée ces six derniers mois à Paris et en
Petite Couronne, se poursuivra au cours des prochains trimestres. Aussi
est-il raisonnable d’envisager que l’augmentation des prix dans la
capitale passe, d’ici à la fin de l’année, sous la barre des 10% en
rythme annuel.
Une évolution des comportements de la
demande
Phénomène remarquable, la hausse des
prix n’a pas freiné quantitativement l'accession à la propriété des
jeunes générations, puisque les moins de 30 ans représentent aujourd’hui
25% des acquéreurs en Ile-de-France contre 22% il y a cinq ans.
Confrontés à des
problèmes de logements, les jeunes ménages qui en ont les moyens
financiers agissent avec pragmatisme en faisant preuve de réalisme et
d’une rare capacité d’adaptation au marché.
Rassurés par la
présence de mensualités de remboursement, dans la plupart des cas,
constantes pendant toute la durée du prêt souscrit, alors que les loyers
versés à fonds perdus ne cessent, eux, d’augmenter, ils ont une approche
plus financière que patrimoniale dans leur investissement immobilier,
quitte à acheter des logements moins grands qu’ils ne le souhaiteraient
compte tenu de leurs niveaux de ressources.
Un déséquilibre
structurel entre une demande insatisfaite et une offre insuffisante
En conclusion, le
marché immobilier francilien aura connu, au 1er trimestre 2006, un très
fort niveau d’activité.
Les besoins en logements non
satisfaits demeurent considérables en Ile-de-France. Pour autant, la
production de terrains à bâtir dans la région n’augmente pas ou si peu !
Confronté à une pénurie de logements neufs, le marché demeure largement
soutenu par le secteur de l’ancien. Un tel déséquilibre est
préjudiciable à la fluidité du marché et contribue à créer des tensions
sur les prix, même si une relative détente est désormais perceptible à
Paris et en Petite Couronne.
La pénurie de logements conjuguée à
la hausse des prix ne manque pas de pénaliser des pans entiers de
candidats à l’accession à la propriété, qui se voient exclus du marché.
Ne sont épargnés que les ménages bénéficiant d'un aide familiale et ceux
disposant d'une capacité d’endettement suffisante ou d'un apport
personnel important constitué la plupart du temps par la revente d'un
bien immobilier.
Lesquels ménages sont également aidés
par des crédits immobiliers qu’ils sollicitent pour des durées de plus
en plus longues et à des taux qui restent situés à des niveaux bas.
L’euro et la relative maîtrise de l’inflation permettent de maintenir
les taux des prêts à long terme autour de 4%, voire même en deçà, même
si ces derniers sont orientés à la hausse.
Quand la tendance
affichée par la Banque Centrale est à la poursuite de l’augmentation du
coût du crédit, les ménages conservent le réflexe d’emprunter et
d'acheter, estimant que les prix et les taux sont aujourd'hui plus bas
qu'ils ne le seront demain.
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