Île-de-France : un marché
immobilier qui s’assagit
Après avoir connu
une forte progression des ventes au 1er trimestre
(+6,3%), le marché immobilier francilien a enregistré un
fléchissement de son activité au 2ème trimestre 2006. Ce
reflux des transactions s’est inscrit sur fond de
décélération de la hausse des prix des logements,
laquelle marque un processus de stabilisation des prix
sur le marché immobilier d’Île-de-France.
Un tassement du
volume des transactions
Avec 61 428 ventes,
tous biens immobiliers confondus, contre 63 177 un an
plus tôt, le volume global des transactions conclues au
2ème trimestre 2006 a reculé de 2,8%.
Ce recul est variable
d’une zone géographique à l’autre : significatif à Paris
(-6,6%) et sensible en Grande Couronne (-2,5%), il est
ténu en Petite Couronne (-0,5%).
Ce mouvement affecte
la plupart des grands segments du marché du logement,
comme en témoigne la baisse de :
- 2,4% des ventes
d’appartements anciens en Île-de-France, dont -3,5% à
Paris et -6,2% en Grande Couronne, laquelle épargne
toutefois la Petite Couronne (+1,6%) ;
- 13,3% des
appartements neufs, dont -21% en Petite Couronne et
-5,9% en Grande Couronne ; la progression enregistrée
sur Paris (+9,4%) étant peu significative avec 180
ventes conclues au 2ème trimestre ;
Le marché des maisons
anciennes fait exception à la règle, puisqu’il croît de
12% en Petite Couronne et fait preuve d’une bonne
résistance en Grande Couronne (+2,1%).
Vers une
progression annuelle des prix à un seul chiffre
Les notaires
franciliens constatent que les prix des appartements
anciens continuent, selon les Indices Notaires INSEE, à
enregistrer de fortes hausses annuelles :
+ 12,5 % à Paris,
+11,9% dans les Hauts-de-Seine, +18,5% en
Seine-Saint-Denis, +14,2% dans le Val-de-Marne, sans
compter les départements de la Grande Couronne, dont les
progressions vont de 10% dans les Yvelines à 22,4% dans
l’Essonne.
Néanmoins, l’ensemble
des trois grandes zones géographiques considérées ont
connu un ralentissement de la hausse des prix d’un
trimestre à l’autre, lequel est moins marqué à Paris
(+2,2% au 2ème trimestre 2006, contre +2,8% au 1er
trimestre) que dans les départements de la Petite
Couronne, (+1,6%, contre +4%) et de la Grande Couronne
(+2,8%, contre +4,1%), à l’exclusion toutefois du
département des Yvelines (+1,9%, contre +1,2%).
S’agissant de Paris,
les prix des appartements anciens ont, au 2ème
trimestre, évolué dans une fourchette extrêmement large,
allant de –1,2% dans le 2ème arrondissement à +6,9% dans
le 7ème arrondissement. Les variations annuelles
restant, quant à elles, à deux chiffres, sauf dans les
6ème, 8ème et 16ème arrondissements de la capitale.
Cette situation est
également contrastée sur le marché des maisons
anciennes, comme le montre l’évolution des prix d’un
département à l’autre. Trois départements ont connu un
ralentissement de la hausse des prix : la
Seine-Saint-Denis qui passe de +3,7% au 1er trimestre à
+3% au 2ème, le Val de Marne (de +3,6% à +1,2%) et les
Yvelines (de +2,7% à -0,7%). Dans les quatre autres
départements, les prix ont en revanche progressé plus
vite : les Hauts-de-Seine (+5,3% au 2ème trimestre,
contre +2,8% au trimestre précédent), la Seine-et-Marne
(+3,8%, contre +2,6%), l’Essonne (+3%, contre +2,6%) et
le Val d’Oise (+4,7%, contre +2,4%).
Aujourd’hui plus
modérée, l’évolution des prix est donc loin de connaître
la baisse annoncée par certains observateurs : en rythme
annuel, au 30 juin dernier, elle s’établissait à +12,5%
à Paris (contre +13,7% un trimestre plus tôt), à +13,6%
en Petite Couronne pour les appartements anciens (contre
+16,4%), +14,2% pour les maisons anciennes (contre
+16,9%), et respectivement sur ces deux segments de
marché à +15,9% (contre +18,2%) et +12,6% (contre
+15,4%) en Grande Couronne.
La progression des
prix des logements anciens se nourrit, depuis plusieurs
années déjà, de la pénurie de logements neufs qui sévit
dans la région capitale avec plus d’acuité que dans
toute autre région française.
Le déséquilibre entre
l’offre et la demande, loin d’être résorbé, se creuse
chaque année davantage en Île-de-France. Le retour à un
marché équilibré exigerait, selon les études préalables
au Schéma Directeur de la Région d’Île-de-France, la
construction annuelle de 60 000 logements neufs sur une
longue période.
Est-il, en effet,
besoin de rappeler qu’en 2005, 43 000 permis de
construire ont été autorisés en Bretagne, qui ne
regroupe que 3 millions d’habitants, contre seulement 46
000 en Île-de-France qui en compte 12 millions ?
Laquelle, représentant 20% de la population française,
n’accueille toujours que 10% de la construction neuve !
Cette décélération de
l’augmentation des prix annonce "l’atterrissage en
douceur" que le notariat francilien appelle de ses voeux
depuis plusieurs années. Aussi est-il permis de penser
que l’on s’achemine vers une progression annuelle des
prix à un seul chiffre sur l’ensemble de l’année 2006
et, à terme, vers une évolution des prix plus
compatibles avec l’évolution des revenus des ménages,
dont les besoins en logements restent considérables.
Tout indique, par
ailleurs, que le bas niveau des taux d’intérêt, ainsi
que la souplesse dont continuent à faire preuve les
banques en matière d’octroi de crédits immobiliers,
contribuent à maintenir la solvabilité de nombreux
ménages soucieux d’accéder à la propriété.
Une aspiration plus
que jamais plébiscitée par les Français, et
singulièrement par les jeunes ménages, dont la part sur
le marché de l’accession en Île-de-France ne cesse de
croître depuis 10 ans.